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Nidda, chapitre 9, Michna 3 : du sang trouvé dans un récipient commun

Nidda, chapitre 9, michna 3. Ce chapitre traite des kessamim, ces taches de sang qui apparaissent quelque part et laissent une femme dans le doute quant à savoir si le sang provient bien de son propre corps. La question qui revient sans cesse est celle-ci : peut-elle désigner une autre source possible et rester tehora ? Notre michna présente un tel cas, où un homme et une femme se sont tous deux servis du même récipient.

La michna décrit « ich vé-icha », un homme et une femme, qui « assou tsorkheihem » (ont fait leurs besoins) dans un seul « séfel », un bassin qui a recueilli ce qui est sorti de chacun d'eux. Ensuite, « vénimtsa dam al ha-mayim » : du sang est apparu dans l'eau qui s'y était accumulée. Puisque tous deux ont utilisé ce même bassin, l'origine du sang ne peut être établie ; il peut provenir de l'un comme de l'autre corps.

Sur ce point, les Tannaïm divergent. « Rabbi Yossé métaher » : Rabbi Yossé tranche que la femme reste tehora. « Vé-Rabbi Chimon métamé » : Rabbi Chimon tranche qu'elle est temé'a.

Le raisonnement de Rabbi Yossé s'appuie sur la seconde personne qui s'est servie du bassin. Il est possible que le sang soit venu de l'homme, et là où une telle possibilité existe, nous avons le droit de nous y fier. Puisque la femme n'est pas tenue de supposer que le sang est le sien, elle est tehora.

Rabbi Chimon refuse de se fier à cela : « ché-ein dérekh ha-ich léhotsi dam ». Il est tout à fait inhabituel que le corps d'un homme émette du sang, alors que le corps d'une femme en émet régulièrement. C'est pourquoi il dit : « éla ché-hézkas damim min ha-icha » : la présomption, concernant le sang, est qu'il vient de la femme. Dès lors que telle est la présomption, le simple fait qu'un homme se soit lui aussi servi du récipient ne suffit pas à la soustraire au soupçon, et elle doit se considérer comme temé'a.