Nidda, chapitre 4, michna 3. Avant de pouvoir comprendre cette michna, une halakha doit être bien claire. Tout sang qui provient de la matrice d'une femme la rend nidda, et son âge n'entre pas en ligne de compte : même une petite fille encore couchée dans son berceau est concernée, et tout ce qu'elle touche ou sur quoi elle s'assoit devient tamé michoum nidda. Tant que le Beis Hamikdach était debout, les foyers juifs prenaient cela au sérieux, veillant sur leurs petites filles et considérant tout sang qui apparaissait comme du dam nidda. Mais il existait des milieux qui ne maintenaient pas ce niveau de vigilance, et les filles qui y naissaient doivent donc être considérées mi'safek comme nidos dès leur plus jeune âge. La michna qui précède la nôtre appliquait cette règle aux filles des Koussim ; ici, la michna traite des filles des Tsedoukim.
Marcher sur les traces de leurs pères
La michna énonce : « Bnos Tsedoukim, bizman chenahagou laleches be'darkhei avoseihen, harei hein ke'Koussiyos. » Les Tsedoukim étaient des Juifs, non des convertis, mais ils n'étaient pas rigoureux dans la Torah et les mitsvos. Ils avaient élaboré tout un système de lectures indulgentes de la Torah Chebikhsav, et ils rejetaient la Torah Chebe'al Pé. Aussi longtemps que les filles des Tsedoukim se conduisent selon les voies de leurs ancêtres, c'est-à-dire qu'elles ne sont pas rigoureuses dans la Torah et les mitsvos, leur statut halakhique est identique à celui des filles des Koussim, avec tous les dinim d'une toum'a mi'safek que cela implique.
La michna ajoute ensuite : « Peirchou laleches be'darkhei Yisroel, harei hein ke'Yisroel. » Si elles se sont détachées de cette voie et ont commencé à se conduire comme le font les femmes juives, elles sont traitées comme des femmes juives à tous égards. Selon le Tanna Kamma, la charge de la preuve repose donc sur ces femmes : elles doivent montrer qu'elles ont adopté les darkhei Yisroel.
L'avis de Rabbi Yossé
Rabbi Yossé soutient le contraire : « Le'olam hein ke'Yisroel, ad cheyifrechou laleches be'darkhei avoseihen. » À son avis, notre point de départ est qu'elles sont des femmes juives en tout point, et cette appréciation ne change que lorsque quelque chose indique qu'elles ont adopté les pratiques déviantes de leurs pères. Rabbi Yossé n'exige donc rien de ces femmes ; nous les jugeons favorablement comme des femmes qui vivent en Juives et observent la Torah et les mitsvos, tant que rien de ce que nous voyons n'indique le contraire.
La halakha
La halakha suit le Tanna Kamma. On présume qu'une fille des Tsedoukim marche encore dans les pratiques de sa famille, et on ne présume pas qu'elle a adopté la conduite du Klal Yisroel. C'est seulement lorsqu'elle montre qu'elle est passée aux darkhei Yisroel qu'on lui accorde le statut d'une femme juive dans ces halakhos.