Nidda, chapitre 5, michna 2. Cette michna établit un contraste net entre la toum'a de la femme et celle de l'homme : à quel moment l'écoulement rend-il la personne temé'a, alors qu'il se trouve encore à l'intérieur du corps, ou seulement une fois qu'il en est sorti ?
La femme : la chambre extérieure
La michna déclare : "kol hanachim mitam'os bevés hakhitson", toutes les femmes deviennent temé'os dans la chambre extérieure. Comme cela a été expliqué au premier perek de notre massékhta, la femme devient temé'a dès l'instant où le sang quitte l'utérus, alors même qu'il n'a pas encore quitté son corps. Dès qu'il est entré dans le canal vaginal, elle est déjà nidda, bien que rien ne soit apparu à l'extérieur.
La michna appuie cela sur un passouk : "dam yiyé zova bivsara", son flux de sang sera dans sa chair. La Torah parle d'un sang qui se trouve encore dans sa chair, et c'est précisément là le point : l'écoulement engendre la toum'a alors qu'il est encore en elle.
L'homme : seulement après la sortie
Chez l'homme, la halakha va dans le sens inverse. La michna déclare : "aval hazav ouvaal kéri énan mitam'in ad chetétsé toum'assan lakhouts", ce qui signifie qu'un zav et celui qui a eu une émission de kéri ne deviennent pas temé'in avant que l'écoulement ne soit passé à l'extérieur. Deux formes de toum'a masculine sont traitées ici : l'écoulement de ziva et l'émission de semence. Dans aucun des deux cas la toum'a ne prend effet tant que le liquide est encore contenu en lui ; même s'il a bougé et cheminé sans être encore entièrement sorti de son corps, son statut ne change pas et il demeure tahor. Ce qui déclenche la toum'a, c'est la sortie elle-même, le moment où l'écoulement atteint l'extérieur.
La michna place ainsi côte à côte deux normes différentes : pour la femme, les mots mêmes de la Torah situent le début de la toum'a alors que le sang est encore dans sa chair, tandis que pour le zav et le baal kéri rien ne prend effet avant que la toum'a n'ait réellement quitté le corps.