Nidda, chapitre 3, michna 2. Ce pérek aborde les lois de la femme qui accouche, et plus précisément la question de ce qui se passe lorsqu'une grossesse s'achève par une fausse couche. Ce qui est sorti lui donne-t-il le statut halakhique de yolédès, une femme qui a accouché, ou non ?
Pour saisir l'enjeu, il faut rappeler les grandes lignes des lois de la yolédès. Lorsqu'une mère met au monde un garçon, elle est temé'a pendant sept jours. Viennent ensuite trente-trois jours durant lesquels tout sang qu'elle voit est dam tohar, du sang pur, qui la laisse tehora. Au terme de ces quarante jours, elle apporte ses deux korbanos, et à partir de là son statut n'est plus différent de celui de n'importe quelle autre femme. Si l'enfant est une fille, chacune de ces périodes est deux fois plus longue : quatorze jours de touma, puis soixante-six jours durant lesquels son sang est dam tohar.
Notre michna traite d'une femme qui a perdu quelque chose qui n'est pas un enfant. « Hamapeles 'hati'ha » : elle a expulsé un morceau de chair. Un tel morceau n'est pas considéré comme une naissance ; elle ne reçoit donc certainement pas le statut de yolédès, avec ses jours de touma et ses jours de dam tohar.
Mais une seconde question se pose : est-elle nidda ? Sur ce point, la michna tranche : « im yèch ima dam, temé'a ». Si du sang est sorti en même temps que ce morceau de chair, elle est temé'a, non pas à cause du morceau lui-même, mais simplement parce que du sang est sorti de son corps. « Ve'im lav, tehora » : et si aucun sang ne l'a accompagné, elle reste tehora.
« Rabbi Yehouda omèr : bein kakh ouvein kakh temé'a. » Rabbi Yehouda n'est pas d'accord. Que du sang ait été vu avec le morceau de chair ou qu'aucun sang n'ait été vu du tout, elle est temé'a dans les deux cas.
Son raisonnement repose sur un principe énoncé dans la michna elle-même : « i efchar lifsi'has haré'hem belo dam », il est impossible que la matrice s'ouvre sans sang. Pour qu'un morceau de chair sorte de l'utérus, le col doit s'ouvrir, et selon Rabbi Yehouda une telle ouverture ne se produit jamais sans un certain saignement. Que du sang ait été effectivement constaté ou non n'a donc aucune importance. Nous devons supposer que du sang est sorti, et elle porte le statut de temé'a dans tous les cas.