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Nidda, chapitre 2, michna 2 : les femmes qui ne peuvent pas s'examiner, et les deux linges

Nidda, chapitre 2, michna 2. Le thème de ce chapitre est celui des bedikos, les examens internes par lesquels une femme détermine si elle se trouve dans un état de tahara ou de touma. La première règle du chapitre énonce un principe très large au sujet de ces vérifications : "Kol hayad hamarbé livdok", une main qui s'occupe à examiner encore et encore, est "banachim mechoubaḥas" mais "ouva'anachim tikatsets" (chez les femmes cela mérite des éloges, chez les hommes cela mérite d'être coupé). Pourquoi cette différence ? Chaque examen supplémentaire qu'une femme effectue lui est un pur bénéfice : elle établit à nouveau que les tahoros qu'elle manipule n'ont pas été compromises, et cette diligence est appelée mechoubaḥas. Un homme qui s'inspecterait sans cesse pour y déceler du chiḥvas zéra n'y gagne rien de tel. La manipulation elle-même l'excite, et la michna parle donc d'un tel comportement dans les termes les plus sévères. De ce principe, notre michna passe à deux questions concrètes liées à la bedika : les femmes qui sont incapables de s'examiner elles-mêmes, et les linges qui accompagnent les relations conjugales.

"Haḥarechess, vehachota, vehassouma, vechenitrefa da'atah." Quatre catégories de femmes apparaissent ici, et toutes manquent de la capacité de mener seules un examen digne de confiance. La première ne peut ni entendre ni parler. La deuxième n'a pas de jugement sain. La troisième n'a pas la vue, de sorte que même si le linge est correctement introduit, elle n'a aucun moyen de l'inspecter ensuite. Et la quatrième est une femme dont les facultés se sont dérangées. Puisque la deuxième et la quatrième décrivent toutes deux une atteinte de l'esprit, la Guemara demande quelle est exactement la différence entre elles.

"Im yech lahen pikḥos, maskinos osan vehen oḥlos bitrouma." Si ces femmes ont auprès d'elles d'autres femmes lucides et compétentes, ces dernières s'occupent d'elles et accomplissent la bedika en leur nom. Dès qu'un tel examen a été effectué pour elles, elles sont considérées comme vérifiées, et elles peuvent manger de la trouma. Autrement dit, l'incapacité de s'examiner soi-même ne laisse pas automatiquement une femme dans un état de doute ; la bedika peut être faite pour elle par quelqu'un capable de la réaliser correctement.

La michna poursuit ensuite avec une halakha qui découle directement de l'enseignement de la fin du chapitre précédent, selon lequel une femme qui manipule des tahoros effectue une bedika avant les relations avec son mari. "Dérekh bnos Yisraël mechamssos bichné édim, eḥad lo ve'eḥad la." L'usage des femmes juives est d'utiliser deux linges, appelés édim, témoins, en lien avec les relations conjugales. L'un est pour le mari, afin qu'il s'essuie ensuite, et l'autre pour l'épouse, afin qu'elle s'essuie ensuite. Chaque linge est ainsi disponible comme preuve si du sang y est trouvé.

"Hatsnouos maskinos lahen chlichi lessaken es habayis." Les femmes d'une pudeur et d'un soin exceptionnels préparent un troisième linge en plus des deux autres, et avec celui-ci elles s'examinent intérieurement avant les relations. Que vient accomplir ce troisième linge ? Son utilité apparaît lorsque le mari et l'épouse sont ensemble plus d'une fois au cours d'une même nuit : une telle femme renouvelle sa bedika avant chaque fois. La conduite habituelle appelée dérekh bnos Yisraël prévoit déjà une vérification après, à côté de l'examen préalable qui nous a été enseigné. Le surcroît de soin des tsnouos consiste à intercaler un nouvel examen entre les deux, de sorte qu'elle ne se repose pas sur une seule vérification au début de la nuit et une autre à la fin, mais confirme à nouveau son statut avant chaque acte.

Cette michna nous enseigne donc les deux faces d'une même valeur. Une femme qui ne peut pas s'examiner elle-même n'est pas simplement laissée dans le doute, car une femme compétente vérifie en son nom et elle peut alors manger de la trouma. Et une femme qui peut s'examiner est encouragée à le faire largement, les femmes pudiques ajoutant un linge au-delà de ce que l'usage exige, parce que dans le domaine de la tahara chaque bedika supplémentaire est un pas vers la clarté.