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Nidda, chapitre 10, Michna 2 : le dam bessoulim et les nuits accordées à la jeune mariée

Nidda, chapitre 10, michna 2. Cette michna traite de la jeune mariée et de la question suivante : quand le sang qu'elle voit est-il attribué à la plaie de ses bessoulim (son hymen) plutôt qu'à la nidda ? Beis Chamaï et Beis Hillel s'opposent dans trois cas distincts, chacun dépendant du degré de maturité physique de la jeune fille au moment de son mariage.

Une jeune mariée dont le temps de voir n'est pas encore arrivé

Premier cas : "Tinokes chelo higuia zemanah liros venisseis", une jeune fille qui n'a pas encore atteint le stade de maturité physique auquel on s'attend à ce qu'une femme ait ses règles, et qui se marie.

Beis Chamaï disent "nosnin lah arba leilos" : on lui accorde quatre nuits. Tout sang qu'elle voit durant ces quatre premières nuits de mariage est attribué à la déchirure de l'hymen, c'est-à-dire à une plaie, et il n'est pas considéré comme du sang de nidda.

Beis Hillel disent "ad chetichyeh hamaka" : jusqu'à ce que la plaie guérisse. Aussi longtemps que la plaie reste ouverte, on continue de supposer que le sang en provient, et non de la nidda.

Une jeune mariée qui a atteint la maturité

Deuxième cas : "higuia zemanah liros venisseis", elle a déjà atteint le stade où le corps d'une jeune fille est suffisamment développé pour que l'on s'attende à ce qu'elle ait ses règles, bien qu'en pratique elle n'ait jamais encore vu de sang, et c'est dans cet état qu'elle se marie.

Beis Chamaï disent "nosnin lah laïla richon" : on lui accorde la première nuit tout entière. Tout ce qu'elle trouve au cours de cette nuit est mis au compte de la plaie des bessoulim, et elle n'en devient pas nidda.

Beis Hillel ne sont pas d'accord : "ad motsaé Chabbos, arba leilos", on lui accorde jusqu'à Motsaé Chabbos, la sortie de Chabbos, ce qui revient à quatre nuits. Le calcul suppose qu'elle s'est mariée le mercredi, jour que la michna de Kessouvos fixe pour le mariage d'une bessoula. En comptant depuis la nuit de mercredi jusqu'à Motsaé Chabbos, on obtient quatre nuits, et durant toutes ces nuits, tout sang qu'elle voit est attribué à ses bessoulim et non à la nidda.

Une jeune mariée qui avait déjà commencé à voir du sang

Troisième cas : "Ra'assa ve'odah beveis aviha", ses règles avaient déjà commencé avant le mariage, à l'époque où elle était encore une jeune fille dans la maison de son père.

Beis Chamaï disent "nosnin lah beïlas mitsva" : seul le tout premier rapport conjugal est couvert. Le sang qui en résulte est attribué à la plaie des bessoulim.

Beis Hillel disent "kol halaïla chelah" : l'autorisation ne se limite pas à ce seul rapport, la nuit entière est à elle. Le sang qui apparaît à n'importe quel moment avant le matin est encore mis au compte de la plaie des bessoulim, et elle n'est pas nidda de ce fait.

Dans les trois cas, le débat est donc le même : combien de temps peut-on continuer d'attribuer à la plaie le sang que l'on trouve, avant de devoir le traiter comme du sang de nidda ? Beis Chamaï mesurent par des quotas fixes (quatre nuits, une nuit, un seul rapport), tandis que Beis Hillel mesurent plus largement dans chaque cas (jusqu'à la guérison de la plaie, quatre nuits, la nuit entière).