Nidda, chapitre 1, michna 2. L'ouverture de notre massekhta a établi qu'une femme devient temeïa (impure) comme nidda dès l'instant où le sang quitte son utérus, et elle a traité la question de la toum'a rétroactive : puisque le sang a pu être en chemin depuis un certain temps avant qu'elle ne le remarque, les Hakhamim ont statué qu'elle est considérée comme temeïa de façon rétroactive pendant un mé'èt lé'èt, une période de vingt-quatre heures, et que cette période est raccourcie si elle a effectué une bedika propre, un examen interne, à un moment quelconque à l'intérieur de celle-ci. Notre michna ajoute maintenant deux précisions importantes à cette règle.
Une femme qui possède un veses
La première décision concerne une femme dont on peut dire « yech la veses », qu'elle possède un veses : un calendrier régulier, de sorte que ses règles arrivent au même moment chaque mois et que son corps se comporte d'une manière que l'on peut anticiper. À son sujet, la michna tranche « daya cha'ata » : l'heure où elle voit lui suffit. Pour tout ce qui touche aux questions de toum'a et de tahara, rien n'est repoussé en arrière dans son cas. Sa toum'a commence au moment de la vue effective et pas un instant plus tôt, car une femme dont le cycle suit un calendrier connu n'est pas soupçonnée d'avoir commencé à saigner plus tôt sans s'en rendre compte.
Une bedika effectuée au moment du tachmich
La seconde décision de la michna parle de « hamechamechet be'édim » : une femme qui, à l'occasion du tachmich, introduit des tissus d'examen aussi bien avant qu'après. On aurait pu penser qu'une telle vérification, faite pour les besoins du moment plutôt que comme une inspection en règle, aurait un poids halakhique moindre. La michna enseigne le contraire : « haré zo kipekida ». Son examen a le statut de la pekida dont parlent les lois de la toum'a rétroactive, ni moins ni plus qu'une bedika accomplie délibérément dans ce but.
La conséquence pratique se vérifie dans les deux sens. Cela limite le mé'èt lé'èt : si cet examen était propre et a eu lieu dans les vingt-quatre heures qui ont précédé sa vue, la toum'a rétroactive ne remonte que jusqu'à cet examen et pas au-delà. Et cela limite aussi le calcul de mipekida lifekida, puisque cet examen sert désormais de dernier examen propre à partir duquel on compte.
Notre michna allège donc le poids de la toum'a rétroactive de deux manières : pour la femme dont le cycle est fixe, il n'y a aucun calcul en arrière, et pour toute femme, un examen fait au moment du tachmich compte comme une véritable bedika qui raccourcit le calcul, quel qu'il soit.