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Nidda, chapitre 5, Michna 1 : un enfant né à travers la paroi du corps

Nidda, chapitre 5, Michna 1. La Michna ouvre ce nouveau chapitre par un cas d'accouchement inhabituel et demande s'il entraîne, ou non, les conséquences halakhiques d'une naissance ordinaire.

Quelques éléments de contexte : une femme qui accouche entre dans une période de yemei touma, des jours durant lesquels elle est temea à cause de l'accouchement, puis dans une période de yemei tahara, des jours durant lesquels le sang qu'elle voit ne la rend pas temea. Une fois ces périodes achevées, elle apporte son korban leida. La question de notre Michna est de savoir si tout cela s'applique à une naissance qui n'a pas eu lieu de la manière habituelle.

Yotsei dofen

Le cas est celui de "yotsei dofen", littéralement un enfant sorti par la paroi du corps, c'est-à-dire un accouchement par césarienne et non par la voie ordinaire. Une telle mère est-elle une yolédet au regard de la halakha ?

Le premier Tanna énonce sa position en deux temps. D'abord, "ein yochvin alav yemei touma vi-yemei tahara" : on ne compte, pour un tel accouchement, ni jours de touma ni jours de tahara. Puis il ajoute, "ve-ein 'hayavin alav korban" : il n'y a pas davantage d'obligation d'apporter un korban pour cela. Rien de ce qu'une naissance déclenche normalement ne se produit ici : ni la touma qu'une naissance entraîne, ni la série de jours purs qui la suit, ni le korban à son terme. Pour le Tanna Kama, une femme qui accouche de cette façon n'entre tout simplement pas dans la catégorie de yolédet.

La source de cette règle

Selon cette opinion, la règle est une guezérat hakatouv, un décret déduit de la formulation du passouk. La Torah écrit "icha ki tazria ve-yalda", une femme qui conçoit et enfante. La Torah rattache ainsi la naissance à la même voie par laquelle la conception a eu lieu, ce qui signifie que l'enfant doit sortir par le passage ordinaire. Lorsque l'enfant n'est pas sorti par là, le décret du verset l'exclut des halakhot de la yolédet.

L'avis de Rabbi Chimon

Rabbi Chimon n'est pas d'accord : "harei zé ke-yaloud", cet enfant est considéré comme étant né, et la mère a pleinement le statut de yolédet. Elle a des yemei touma, elle a des yemei tahara, et elle est tenue au korban, exactement comme si elle avait accouché de manière conventionnelle.

Notre Michna nous laisse donc avec une ma'hlokèt Tannaïm portant sur une seule question : l'accouchement se définit-il par le fait qu'un enfant est venu au monde, comme le soutient Rabbi Chimon, ou par la manière dont la Torah décrit le déroulement d'une naissance, comme le soutient le Tanna Kama ?