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Negaïm chapitre 8, Michna 8 : celui qui se présente entièrement blanc

Negaïm, chapitre 8, michna 8. Ce chapitre traite de la pricha, cette blancheur qui s'étend jusqu'à recouvrir tout le corps d'un homme : lorsqu'elle sort d'un nega déjà mouchlat et tamé, elle rend tahor, et lorsqu'elle sort d'un nega qui était resté tahor, elle rend tamé. Jusqu'ici, les michnayos parlaient d'un homme qui avait déjà une histoire avec le kohen, soit une hachlata, soit une tahara survenue après le noircissement des poils blancs ou la disparition de la mich'ya. Notre michna aborde une situation tout autre : un homme qui se présente devant le kohen pour la toute première fois, avant tout hesguer et avant toute hachlata, et qui est déjà couvert de blanc de la tête aux pieds.

La décision initiale

« Haba koulo lavan yaskir » : celui qui vient devant le kohen déjà entièrement blanc est placé en hesguer. On ne le renvoie pas, et on ne le déclare pas non plus immédiatement mouchlat.

« Nolad lo sé'ar lavan, yachlit » : si, durant cette période, deux poils blancs apparaissent dans la zone blanche, le kohen le déclare mouchlat. Bien qu'il s'agisse ici d'une baheress guedola qui recouvre le corps entier, et non de la petite baheress des chapitres précédents, le siman du sé'ar lavan y fonctionne exactement comme là-bas.

Ce qui annule le sé'ar lavan

La michna énumère à présent les évolutions qui dissolvent la hachlata, dans une liste presque identique à celle que nous avons apprise au premier perek au sujet de ce qui sépare entre les poils blancs et la baheress :

  • « Hich'chirou chteihen o a'has meihen » : les deux poils sont redevenus noirs, ou même un seul d'entre eux.
  • « Hitztzarou chteihen o a'has meihen » : les deux ont été raccourcis, ou même un seul, en dessous de la longueur à laquelle un poil peut être saisi et coupé par des ciseaux.
  • « Nisma'h lahen hach'hin » : un ch'hin, un furoncle, qui constitue une catégorie de touma à part et ne peut pas porter de baheress, s'est formé à côté des poils et s'interpose entre eux et le blanc, que ce soit près des deux poils ou près d'un seul.
  • « Hikif hach'hin ess chteihen o ess a'has meihen » : le ch'hin a encerclé les deux poils ou l'un d'eux.
  • « 'Hilkan hach'hin » : le ch'hin a séparé entre eux.
  • Il en va de même pour la « mich'yass hach'hin », pour la mich'va, une brûlure, pour la « mich'yass hamich'va », et pour le bohak.

Le ch'hin et la mich'va sont des affections très proches ; elles ne diffèrent que par leur cause, la mich'va étant produite par une chaleur véritable et le ch'hin par une blessure, une infection ou quelque chose de semblable. Chacune d'elles, ainsi que la chair vive qui s'y trouve et le bohak, s'interpose entre les poils et le blanc, et ôte par là même le siman touma.

La mich'ya et le sé'ar lavan par la suite

La mich'ya et le sé'ar lavan par la suite

Que peut-il se produire durant ce hesguer ? Deux choses seulement. Si une plaque de chair vive apparaît quelque part dans ce vaste champ blanc, ou si des poils blancs y poussent, le verdict est « tamé ». Et si la semaine s'écoule sans qu'aucun de ces deux simanim ne se manifeste, le verdict est « tahor ». Remarquez ce qui manque à cette liste : le pisyon. L'extension n'a aucune place dans son cas, puisqu'il est arrivé chez le kohen avec le blanc s'étendant déjà de la tête aux pieds, ne laissant au nega aucun endroit où progresser. La mich'ya et le sé'ar lavan sont donc les seuls simanim par lesquels il peut être déclaré tamé.

Les rachei evarim qui réapparaissent

Les rachei evarim qui réapparaissent

La michna passe ensuite à une évolution supplémentaire qui peut survenir dans chacune des situations décrites, « ve'houlan » : supposons que les rachei evarim, les extrémités des membres, émergent plus tard de sous la blancheur. Le statut de l'homme n'en est pas affecté ; il reste « kemo chehayou », exactement dans l'état qui était le sien avant qu'elles ne soient découvertes.

Le Rav l'expose clairement. Celui qui se présente entièrement blanc dès le départ peut se retrouver dans l'une de trois positions : il peut nécessiter un hesguer, ou une hachlata (lorsque des poils blancs ou une mich'ya ont été trouvés), ou un petour, lorsque deux semaines se sont écoulées sans aucun changement et sans aucun siman de touma, puisque le pisyon lui est impossible. Dans chacun de ces cas, si par la suite les rachei evarim sont découverts et apparaissent comme de la chair, « harei hein kemo chehayou, tehorim », car la chair aux extrémités des membres n'est pas comptée comme mich'ya.

Les trois illustrations du Rav :

  • Il est venu entièrement blanc, a été maintenu en hesguer deux semaines, aucun siman de touma n'est apparu, et le kohen l'a déclaré tahor. Ensuite, les rachei evarim ont été découverts. Ce sont des rachei evarim qui reviennent « mitoch hapetour », et il est tahor.
  • Le kohen l'a déclaré mouchlat en raison du sé'ar lavan, les poils sont ensuite devenus noirs, puis les rachei evarim ont été découverts. Ce sont des rachei evarim qui reviennent « mitoch hech'leito », et il est tahor.
  • À la fin de la première semaine ou à la fin de la seconde, sans qu'aucune hachlata n'ait eu lieu, les rachei evarim ont été découverts. Ce sont des rachei evarim qui reviennent « mitoch hesguer », et là aussi il est tahor.

Après avoir présenté ces trois cas, le Rav note que c'est ainsi que la michna se présente lorsqu'on la lit à la lumière du Toras Kohanim, puis il ajoute que le Rambam a compris la michna autrement : « lo peirach kein ». Apparemment, selon le Rambam, des rachei evarim qui se dévoilent dans le cas d'un hesguer sont susceptibles de rendre l'homme tamé, point qui demande à être étudié dans les propres termes du Rambam.

L'extension sur les membres découverts

« Par'ha bemiktzato, tamé. » Après que les rachei evarim ont été découverts comme chair saine, le blanc s'est étendu sur une partie d'eux. Il est tamé, « chaharei passa hanega », car il s'agit là d'un véritable pisyon.

« Par'ha be'houlo, harei hou tahor. » Si la blancheur a ensuite continué jusqu'à le recouvrir complètement, il est tahor. Le Rav explique l'enchaînement : la première extension partielle l'a rendu tamé, de sorte que le recouvrement ultérieur du corps entier est une pricha qui sort d'un état de touma, « dehava lei porei'ah min hatamé », et qui rend tahor.

Tout ici dépend de cet enchaînement des événements. Si les choses s'étaient déroulées autrement, à savoir que les rachei evarim aient été découverts et que la blancheur ait ensuite englouti son corps entier d'un seul coup, « bevass a'has », il serait tamé, et tamé au titre du pisyon. La raison repose sur un principe qui nous est déjà familier : des rachei evarim découverts sont me'akev la pricha. Aussi longtemps que ces extrémités restent visibles, le blanc qui s'étend sur elles ne peut absolument pas constituer un recouvrement valable du corps ; ce n'est rien de plus que le nega qui s'agrandit. Le Rav conclut donc que la règle de la reicha, où une extension sur une partie des membres découverts le rend tamé, s'applique avec la même force lorsque l'extension le recouvre tout entier : dans ce cas aussi, il est tamé.

La distinction est donc une question de chronologie. Des rachei evarim visibles dès le départ font obstacle à la pricha et laissent l'homme tamé ; des rachei evarim qui n'émergent qu'après que la pricha a déjà recouvert le corps entier ne l'annulent pas. Et la tahara de la clause finale de notre michna n'est atteinte que par le chemin décrit : une extension partielle qui le rend tamé et de fait mouchlat, suivie d'un recouvrement complet du corps, qui est une pricha mitoch touma, et qui rend tahor.