Negaïm, chapitre 1, michna 6. La michna précédente nous a enseigné la décision de Rabi Akiva : lorsqu'un jour d'examen tombe un Chabbos, la visite du kohen est reportée à l'issue du Chabbos, et elle se concluait en signalant que ce report peut tourner soit à l'indulgence, soit à la rigueur. Notre michna reprend la première moitié de cette affirmation : « Keitzad lehakeil », de quelle manière le report peut-il être une indulgence ? Elle énumère ensuite cas après cas où, si le kohen avait regardé le Chabbos, la personne aurait été déclarée tamei, mais où, le kohen n'étant venu que le dimanche et quelque chose ayant changé entre-temps, elle ressort tahor.
Ce que la michna suppose acquis
La michna part du principe que le lecteur a étudié les parachiyos du 'Houmach et connaît les simanei tumah d'un nega : un poil noir à l'intérieur du nega qui a blanchi (se'ar lavan), une plage de chair saine à l'intérieur du nega (mi'hya), et l'extension du nega (pisyon). Chacun de ces signes, lorsque le kohen le constate, peut faire de la personne un metzora à part entière.
Elle suppose en outre que le lecteur identifie un ensemble d'affections de la peau qui ne sont pas elles-mêmes de la tzara'as, mais qui empêchent les signes de tzara'as de prendre effet. Un che'hin est un endroit où la peau a été abîmée par n'importe quel agent autre que le feu, que ce soit par une blessure ou par une maladie. Une mi'hva est exactement cette même peau abîmée, à cela près qu'ici la cause était le feu, ou un objet chauffé par le feu. Mi'hyas hache'hin et mi'hyas hami'hva désignent la peau qui a depuis guéri à l'intérieur d'une telle plaie ou d'une telle brûlure. Enfin il y a le bohek, terme qui apparaît ici pour la première fois : un blanc plus pâle encore que la plus pâle des quatre nuances énumérées plus haut, plus pâle que krum beitza. Ce n'est rien de plus qu'une coloration de la peau, et cela ne possède aucun statut de nega.
Les cas du poil blanc
« Haya bo se'ar lavan » : à l'arrivée du Chabbos, le nega comportait un poil qui avait blanchi, et un kohen examinant à cet instant l'aurait déclaré mou'hlat immédiatement. Mais « veh'ala'h lo » : le poil n'était plus là le dimanche, peut-être est-il tombé, peut-être sa couleur est-elle redevenue noire. Dans un cas comme dans l'autre, il ressort tahor.
« Hayou levanos vehich'hirou » : il y avait deux poils blancs le Chabbos et, le dimanche, ils étaient redevenus noirs. « O a'has levana ve'a'has che'hora vehich'hirou chneihen » : ou bien l'un était blanc et l'autre noir, et le dimanche tous les deux étaient noirs.
« Arou'hos vehiktzirou » : les poils avaient atteint la longueur requise, puis ils ont rétréci. Il existe en effet une mesure pour la longueur qu'un tel poil doit avoir. Selon une approche : il doit être assez long pour être rabattu jusqu'à ce que sa pointe touche la racine dont il pousse. Le Rambam mesure la chose autrement : des ciseaux pourraient-ils le saisir et le couper ? Car un poil trop ras ne laisse rien à agripper aux lames. Par conséquent, des poils qui satisfaisaient à la mesure alors que c'était encore Chabbos, mais qui, pour une raison quelconque, ne l'atteignaient plus le dimanche, ne constituent plus un siman. « A'has arou'ha ve'a'has ketzara vehiktzirou chneihen » : ou bien la paire se composait d'un poil de longueur suffisante et d'un poil trop court, et le dimanche les deux étaient en dessous de la mesure.
Ces poils blancs doivent se trouver à l'intérieur du blanc du nega lui-même. Dès qu'un che'hin s'y insinue, si bien que les poils ne sont plus entièrement encerclés par la tzara'as d'origine, aucune tumah n'en résulte. D'où les cas de la michna : « o 'hilkan », le che'hin a coupé le nega, de sorte que ce qui entoure encore les poils fait moins d'un gris ; « nisma'h hache'hin lichteihen o le'a'has mehen », le che'hin est venu s'appuyer contre les deux poils, ou contre un seul ; « hikif hache'hin lichteihen o le'a'has mehen », le che'hin a formé un anneau autour des deux, ou autour d'un seul.
« O mi'hyas hache'hin vehami'hva oumi'hyas hami'hva vehabohek. » Tous ces éléments jouent le même rôle que le che'hin : la peau guérie à l'intérieur d'un che'hin, une mi'hva, la peau guérie à l'intérieur d'une mi'hva, et un bohek, chacun d'eux s'interpose entre les poils et la blancheur du se'eis ou du baheres et de leurs toldos. Et dans chacun de ces cas, le changement s'est produit le dimanche, quand le kohen est enfin venu.
Les cas de la mi'hya
Un poil à l'intérieur du nega qui était foncé et qui a blanchi, à condition que le blanc du nega soit de la nuance requise, fonctionne à lui seul comme siman tumah. La mi'hya opère de la même façon : une plage de chair saine à l'intérieur du nega suffit en elle-même à rendre la personne metzora à part entière sur-le-champ.
« Haysa bo mi'hya veh'al'ha la. » Une mi'hya était présente alors que c'était encore Chabbos, et le temps que le dimanche arrive elle avait disparu.
La mi'hya a ses propres halachos. Elle doit être carrée, elle doit se situer au milieu du nega, entourée par lui, et elle doit avoir la taille d'une adacha, une lentille. D'où l'énumération de la michna : « Haysa merouba'as venes'as agoula o arou'ha », elle était carrée et est devenue ronde ou allongée ; elle était au milieu et s'est déplacée sur le côté ; « me'houneses venispazra », elle était rassemblée en un seul bloc et s'est éparpillée, si bien que, même si elle se trouve toujours à l'intérieur du nega, elle forme désormais une série de points plutôt qu'une plage continue.
« Ouva hache'hin veni'hnas leso'ha, hikifa, 'hilka o mi'ata. » Le che'hin, qui s'interpose entre les poils blancs et le nega, s'interpose de la même manière pour la mi'hya : il est entré dans la mi'hya, ou il l'a encerclée, ou il l'a divisée, ou il l'a réduite en dessous de la taille d'une adacha. Et ici aussi, il en va de même de la mi'hyas hache'hin, de la mi'hva, de la mi'hyas hami'hva, et du bohek, cette nuance de blanc qui ne fait pas partie des quatre et qui est plus pâle encore que krum beitza.
Dans tous ces cas, si le changement s'est produit d'ici au dimanche, la personne est tahor, car la mi'hya n'est plus une mi'hya en règle, entière, au milieu du nega, entourée des nuances de blanc énumérées au début du chapitre ou de leurs mélanges rougeâtres.
Les cas du pisyon
« Haya bo pisyon, hala'h lo hapisyon. » Supposons qu'il s'agissait de l'examen de la fin de la deuxième semaine. Le Chabbos, le nega s'était déjà étendu, et un kohen regardant à ce moment-là l'aurait déclaré metzora certain. Le dimanche, l'extension avait disparu.
« O chehal'ha la ha'om » : ou bien le om, le corps principal du nega, a disparu, ne laissant que la zone vers laquelle il s'était étendu. « O cheanisma'ata, ve'ein baze ouvaze kegris » : ou bien il a rétréci, si bien que ni le corps ni l'extension ne contient la taille d'un gris.
La michna énumère ensuite cinq choses : « hache'hin oumi'hyas hache'hin vehami'hva oumi'hyas hami'hva vehabohek », une plaie, la peau guérie à l'intérieur d'une plaie, une brûlure, la peau guérie à l'intérieur d'une brûlure, et un bohek. Aucune d'entre elles n'a le statut de nega, et pourtant toutes, selon les mots de la michna, sont « 'holkin bein ha'om lapisyon » : elles séparent le corps d'origine du nega de la zone vers laquelle il s'est étendu. Ainsi, même si l'extension était encore rattachée à la plage principale au début du Chabbos, si l'une de ces choses s'est glissée entre les deux d'ici au dimanche, l'homme y a gagné : le report lui a servi d'indulgence, et il est tahor.
« Harei eilou lehakeil. » Tels sont donc les cas d'indulgence. Dans chacun d'eux, un examen le Chabbos aurait signifié la tumah, mais parce que le kohen n'est venu qu'après le Chabbos, et qu'entre-temps le nega a diminué, ou s'est fragmenté, ou s'est modifié autrement, ce qu'il voit n'est plus un nega qui rend la personne tamei.