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Negaïm, chapitre 7, Michna 3 : quand la teinte du néga change

Negaïm, chapitre 7, Michna 3. Ce pérèk traite des behèros qui échappent à la toum'a, et notre Michna soulève une question simple mais lourde de conséquences : que se passe-t-il si la couleur du néga ne reste pas la même et se modifie alors que la procédure est encore en cours ? La Michna commence ainsi : « Nichtanou maréhèn bein lehakel bein lehach'mir » : leurs aspects ont changé, soit dans le sens de l'indulgence, soit dans le sens de la rigueur.

Les quatre teintes

Dès la première Michna du premier pérèk, on nous a enseigné que les maros nego'im forment une échelle de blancheur. Au sommet se trouve kacheleg, le blanc de la neige. En dessous vient kesid haheikhal, la teinte de l'enduit du Heikhal. Puis ketsèmer lavan, la couleur de la laine blanche, c'est-à-dire la toison d'un agneau nouveau-né après rinçage. La plus pâle des quatre est ouvekhroum beitsa, la teinte de la fine membrane qui se trouve à l'intérieur de la coquille d'un œuf. La question posée ici est de savoir ce qu'il advient d'un néga qui se présentait sous l'une de ces teintes et qui se présente à présent sous une autre : soit il est descendu vers une teinte plus pâle, ce qui constitue un changement lehakel, soit il est monté vers une teinte plus forte, ce qui constitue un changement lehach'mir.

Keitsad lehakel

« Hayesa kacheleg vena'assis kesid haheikhal, ketsèmer lavan, ouvekhroum beitsa » : la tache a commencé au sommet de l'échelle, blanche comme la neige, puis elle est apparue comme l'enduit du Heikhal, ou comme la laine blanche, ou comme la membrane de l'œuf. Les mots mêmes de la Michna, « na'assis mispa'has se'ès o mispa'has aza », décrivent la même réalité : une se'ès qui se présente maintenant comme la tolda qui lui correspond, un cran plus bas, ou la bahèrès forte qui se présente maintenant comme sa tolda. Dans chacun de ces cas, la blancheur s'est affaiblie, et c'est cela que la Michna appelle lehakel.

Keitsad lehach'mir

Le cas inverse est décrit ensuite : « Hayesa kekhroum beitsa vena'assis ketsèmer lavan, kesid haheikhal o kacheleg » : la tache a débuté à l'extrémité la plus pâle de l'échelle, comme la membrane d'un œuf, puis elle s'est intensifiée, se présentant comme la laine blanche, ou comme l'enduit du Heikhal, ou comme la neige elle-même.

Les trois avis

Reb Elozor ben Azarya metaher. Selon lui, dès l'instant où la teinte s'est modifiée, la behèrès que l'on examine n'est plus celle dont on était parti, et ce changement même rend la personne tahor.

Reb Elozor 'Hisma distingue entre les cas. Là où le changement s'est fait lehakel et où le néga a pâli, la décision est tahor. Mais là où le changement s'est fait lehach'mir et où le néga s'est renforcé, teira'é bat'hila : on regarde la tache comme si elle venait tout juste d'apparaître.

Reb Akiva omer : bein lehakel bein lehach'mir, teira'é bat'hila. Que la behèrès soit passée d'un blanc plus fort à un blanc plus faible parmi les quatre maros, ou qu'elle soit montée d'un blanc plus faible à un blanc plus fort, les deux directions sont traitées de la même manière : comme un néga qui commence son parcours maintenant.

La halakha

La halakha suit Reb Akiva. Puisqu'une behèrès est maintenue sous observation pendant deux semaines de hèsguèr au maximum, un changement de teinte dans l'intervalle n'a rien d'exceptionnel. Peu importe que le changement soit allé lehakel, le blanc s'affaiblissant, ou lehach'mir, le blanc se renforçant : ce changement ne rend pas le néga tamé, mais il ne nous permet pas non plus de reprendre simplement le décompte déjà entamé. Le néga est traité comme un néga entièrement nouveau, teira'é bat'hila, tout recommence depuis le début. Le kohen impose un nouveau hèsguèr, et au terme de cette première semaine on vérifie si un pisyon est apparu ou si un autre siman toum'a s'est manifesté.