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Néguaïm, chapitre 5, michna 2 : tout safek dans les néguaïm est tahor, sauf deux cas

Néguaïm, chapitre 5, michna 2. Cette michna pose un principe très large concernant les cas douteux en matière de néguaïm, puis délimite aussitôt les exceptions. Elle commence par une affirmation générale : « Kol safek néguaïm tahor », tout safek en matière de néguaïm est tahor. Partout où l'on ne parvient pas à établir les faits, l'homme n'est pas déclaré métsora.

« 'Houts mizé véod a'her » : sauf ce cas-ci, et un autre encore. La première exception est le cas enseigné juste avant le nôtre : une bahéret d'un demi-gris à laquelle s'était jointe une seconde moitié de gris où deux poils avaient blanchi, et la michna a tranché que même un safek sur l'ordre des choses, à savoir si la bahéret a précédé le séar lavan ou si le poil blanc a précédé la bahéret, laisse l'homme tamé. Notre michna ajoute maintenant la seconde exception et l'explicite.

Le cas

« Véézé zé ? » Et quel est ce cas ? « Mi chéhaya bo bahéret kegris véhisguira » : une bahéret de la taille d'un gris est apparue sur un homme, le plus petit chiour qui compte comme néga, et elle ne comportait aucun siman toum'a ; le kohen l'a donc enfermé pour une semaine de hesguer, de quarantaine. « Ouvesof chavoua vaharéi hi kessela » : au terme de la semaine, quand le kohen revient l'examiner, la tache blanche mesure désormais un sela.

Pour saisir le problème, il faut garder les mesures en tête. Un gris est une fève coupée en deux, environ la surface de dix lentilles, une tache encore assez petite, de la taille d'une petite pièce de dix ou vingt centimes. Un sela est nettement plus grand, plutôt de la taille d'une pièce de deux euros. Il est inhabituel qu'un néga s'étende à ce point en l'espace d'une seule semaine.

Deux possibilités

Deux explications seulement rendent compte de ce que le kohen a maintenant sous les yeux, et aucune des deux n'est tout à fait banale. Peut-être la bahéret de la semaine dernière est-elle toujours là et s'est-elle agrandie : c'est un pisyon, une extension, qui est un siman toum'a, et le kohen déclarerait alors l'homme mou'hlat. Ou peut-être la première bahéret a-t-elle disparu et un néga tout neuf est-il apparu à sa place, car une tache aussi large qu'un sela surgit normalement d'emblée à sa pleine mesure plutôt que d'y parvenir en s'étendant. Selon cette lecture, rien de la semaine précédente ne s'y rattache : aucun siman toum'a n'y a jamais été observé, et l'homme serait donc de nouveau enfermé comme mousgar, sans être déclaré mou'hlat.

Dans les termes de la michna : « Safek chéhi hi, safek chéa'héret baa ta'htéha, tamé. » Il y a un doute : est-ce la même bahéret qui s'est maintenant étendue, auquel cas il est assurément tamé et mou'hlat, ou bien un autre néga est-il venu à sa place, auquel cas il ne serait que mousgar ? Et la michna tranche que dans ce safek aussi, il est tamé.

Voilà donc la seconde des deux exceptions à la règle par laquelle la michna a débuté. En principe, tout cas douteux en matière de néguaïm se règle avec indulgence et l'homme est tahor ; mais dans ces deux cas, le safek sur ce qui est venu en premier, la bahéret ou le poil blanc, et le safek ici sur la question de savoir si la tache devant le kohen est l'ancien néga qui s'est étendu ou bien un néga entièrement nouveau, la halakha tranche tamé.