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Negaïm, chapitre 7, Michna 1 : les endroits non susceptibles de béhérès

Negaïm, chapitre 7, Michna 1. Jusqu'à présent nous nous sommes occupés de la béhérès elle-même, de ses dimensions et de ses simanei toumah. Cette Michna soulève une question différente : quelles parties du corps humain se trouvent entièrement hors de la parcha de la béhérès, de sorte que même une tache blanche de taille pleine qui y apparaîtrait ne porterait aucune toumah.

Les premiers mots annoncent le programme : "Eilou mekomos ba'adam ché'einam mitam'in babéhérès", voici les endroits du corps humain sur lesquels une béhérès n'a aucun pouvoir d'amener la toumah.

Les surfaces intérieures

"Toch ha'ayin, toch ha'ozen, toch hakhotem, toch hapé", l'intérieur de l'oeil, l'intérieur de l'oreille, l'intérieur du nez, l'intérieur de la bouche. L'intérieur de l'oeil désigne la peau que l'on voit lorsqu'une personne abaisse la paupière inférieure ou soulève la paupière supérieure, comme quand quelque chose lui est entré dans l'oeil ; cette peau est exempte de béhérès. Il en va de même pour les surfaces intérieures du conduit de l'oreille, des narines et de la bouche.

Et les lèvres ? Le Tosfos Yom Tov renvoie à une décision explicite de la Tossefta, citée également par le Roch, selon laquelle odem sfassayim, la chair rougeâtre des lèvres, reçoit le même traitement que toch hapé. Il en donne la raison au nom du Kessef Michné, au chapitre Vov des Hilkhos Toumas Tzoraas, qui cite le Mahari Korkos : la Torah répète sans cesse l'expression "or bessaro", la peau de sa chair, et cette même déduction écarte aussi kaf hareguel, la plante du pied, de la parcha. Il s'agit dans les deux cas d'endroits qui ne s'offrent pas ordinairement au regard, puisque dans le cours normal des choses une personne garde les lèvres fermées.

Les plis, et les zones cachées par la posture

"Hakmatim vehakmatim chébatzavor", les plis du corps et les plis du cou. Le Tosfos Yom Tov explique que le Tanna a précisé le cou dans la seconde expression justement pour éclairer la première : il ne faut pas croire que seuls les plis du cou sont exclus, sous prétexte qu'ils seraient dissimulés d'une manière dont les autres plis ne le sont pas. Les plis situés n'importe où sur le corps sont visés, y compris, comme le note le Tosfos Yom Tov, les bourrelets d'une personne très corpulente dont la chair se replie sur elle-même. On aurait pu soutenir qu'une telle personne est hors du commun et qu'il n'y a pas à en tenir compte ; la Michna enseigne le contraire, et tous ces replis sont hors de la toumah de la béhérès.

"Takhas hadad ouveis hachekhi", sous le sein et à l'intérieur de l'aisselle. Rappelons-nous la Michna du chapitre Beis, qui décrivait les positions dans lesquelles le kohen fait examiner une personne : une femme se tient comme si elle allaitait un enfant et comme si elle travaillait au métier à tisser, et un homme comme s'il cueillait des olives sur un arbre. Ces positions déterminent quelle part de la région du sein et du dessous du bras est considérée comme visible ; ici la Michna enseigne que tout ce qui reste dissimulé sous le sein (dad désigne ici le sein dans son ensemble) et au creux profond de l'aisselle ne peut aucunement contracter cette toumah.

"Kaf hareguel vehatziporen", la plante du pied et l'ongle. Au sujet de l'ongle, le Rav explique simplement qu'il n'est pas or bassar : la béhérès est une toumah de la peau de la chair, et un ongle n'est ni l'un ni l'autre.

Les zones régies par d'autres parchiyos

"Haroch vehazakon", le crâne et la barbe. Le Rav explique qu'une béhérès n'a aucun effet en ces endroits parce que la Torah leur a donné une toumah propre : le nessek, qui régit les parties de la tête et du visage où poussent des cheveux ou des poils. Et si les cheveux viennent à tomber, ces zones passent sous une autre parcha encore, celle de korakhas et gabakhas.

"Hachekhin vehamikhva vehakédakh", celles-ci aussi ont leurs propres parchiyos. Chekhin désigne une peau abîmée ressemblant aux suites d'une brûlure mais produite autrement : par un coup, par une maladie, par une infection et autres causes semblables. Mikhva est produite par une brûlure véritable, par le contact direct avec quelque chose de chaud. Kédakh est en réalité une forme de mikhva ; certains expliquent la distinction en disant qu'il s'agit de brûlures causées par des toldos éch, un objet chauffé par le feu comme du métal brûlant, tandis que la mikhva est causée par le feu lui-même, les braises et autres.

Tant que la plaie est encore ouverte

"Hamordim", tant que ces plaies sont encore à vif. Le Rav explique que cela signifie tant qu'elles ne se sont pas refermées et n'ont pas formé de keroum, une membrane de peau nouvelle par-dessus ; elles sont encore humides et suintantes. Dans cet état : "einam mitam'in banegaïm", elles ne deviennent pas tamé en tant que negaïm ; "ve'einam mitztarfin banegaïm", et elles ne se joignent pas à un néga (nous avons déjà appris que chekhin et mikhva, si semblables soient-elles, ne se joignent même pas l'une à l'autre) ; "ve'ein hanéga possé lessokham", un néga qui s'étend en elles n'est pas compté comme pissyon ; "ve'einam mitam'in michoum mikhya", de la chair saine qui y apparaît ne rend pas tamé au titre de mikhya ; "ve'ein me'akvin es hahofekh koulo lovon", et elles ne font pas obstacle à la halakha selon laquelle celui dont tout le corps est devenu blanc est tahor. Nous avons appris qu'une béhérès qui s'étend rend la personne tamé, mais que si elle s'étend jusqu'à couvrir tout son corps il devient tahor ; une chekhin ou une mikhva non refermée que la blancheur n'a pas recouverte n'est pas considérée comme une interruption.

Une fois qu'elles sont guéries

La Michna poursuit : "Khozer haroch vehazakon chénikrekhou, vehachekhin vehamikhva vehakédakh chéna'assou tzarèvess, harei eilou mitam'in banegaïm", si la tête et la barbe sont devenues chauves, et si la chekhin, la mikhva et le kédakh se sont refermés et ont formé du tzarèvess, du tissu cicatriciel, ils deviennent désormais tamé par les negaïm, c'est-à-dire par une béhérès des quatre mar'os.

Néanmoins : "ve'einam mitztarfin banegaïm". Le Rav explique que la tête et la barbe ne se joignent pas l'une à l'autre, et qu'aucune de ces zones ne se joint à la peau ordinaire. S'il y avait un demi-gris de nessek sur la tête et un demi-gris de nessek dans la barbe, ou un demi-gris de nessek et un demi-gris de néga sur la peau de la chair, ils ne se combinent pas ; de même un demi-gris de chekhin avec un demi-gris de mikhva ne se combinent pas pour former un gris entier.

"Ve'ein hanéga possé lessokham", une béhérès qui s'étend de la peau ordinaire vers le crâne, la barbe, une chekhin ou une mikhva n'est pas comptée comme pissyon. "Ve'einam mitam'in michoum mikhya", de la chair saine qui se trouve à l'intérieur d'un néga dans ces zones ne rend pas tamé au titre de mikhya.

"Aval me'akvin es hahofekh koulo lovon", mais ici elles font bien obstacle à ce que la personne devienne tahor par le fait que tout son corps est devenu blanc. Le Rav explique : si la tzoraas a éclaté sur tout son corps, mais que la tête et la barbe devenues chauves sont restées à l'écart et que la tzoraas ne s'y est pas étendue, ou que la chekhin, la mikhva et le kédakh refermés en tissu cicatriciel sont restés à l'écart, il demeure tamé jusqu'à ce que la blancheur s'étende aussi sur ces zones.

Là où les zones pileuses sont jugées comme de la peau ordinaire

La dernière expression de la Michna revient à "haroch vehazakon" dans un état particulier : "ad chélo hé'élou sé'ar", avant qu'aucun poil n'y ait poussé, comme chez un nourrisson dont le crâne est encore lisse ou un jeune homme dont la barbe n'est pas encore apparue. La même expression inclut "hadidoulin chébaroch ouchébazakon", de petites excroissances de peau nue qui font saillie sur le crâne ou dans la région de la barbe et qui ne produisent aucun poil. Tout cela, tranche la Michna, est "nidonin ke'or habassar", traité exactement comme de la peau de la chair ordinaire, et ces endroits sont donc pleinement exposés à la toumah d'une béhérès.