Mikvaos, chapitre 2, Mishnah 4. Nos Sages ont établi que les mayim che'ouvim, l'eau qui a été recueillie dans un récipient, gâtent un mikvé pendant qu'il est encore en train de se constituer. Si trois lugin d'eau puisée y tombent alors que la fosse n'a pas encore atteint les quarante se'ah de pluie requises, le mikvé est inutilisable. La question posée ici est de savoir si la mesure de trois lugin vaut dans tous les cas, ou bien si une quantité moindre suffit lorsque l'eau puisée arrive dans la fosse dès le départ, alors qu'elle est entièrement vide d'eau de pluie, à la différence du cas où elle y tombe une fois qu'un peu d'eau de pluie a déjà commencé à s'accumuler, sans que les quarante se'ah soient complètes.
"Rebbi Eliezer omeir : revi'is mayim che'ouvim batkhilah posselin es hamikvé." Rebbi Eliezer soutient que lorsque la fosse est vide et ne contient absolument aucune eau de pluie, la mesure qui rend le mikvé invalide est bien inférieure à trois lugin. Un simple revi'is d'eau puisée, un quart de log, qui tombe dans cette fosse vide avant qu'aucune eau de pluie n'y ait été recueillie, suffit à gâter l'eau qui s'y trouve.
"Ou'chelochah lugin al pné hamayim" : la mesure habituelle de trois lugin, selon Rebbi Eliezer, ne s'applique que lorsque l'eau puisée tombe sur de l'eau qui est déjà présente. Autrement dit, dès lors que de l'eau de pluie cachère a commencé à s'accumuler dans la fosse, même si elle n'a pas encore atteint quarante se'ah, seuls trois lugin d'eau puisée créent un problème. Mais dans une fosse totalement sèche, tout au début, même un revi'is suffit à la rendre invalide.
"Vahakhamim omrim : bein batkhilah bein bassof, chi'ouran chelochah lugin." Les 'hakhamim ne sont pas d'accord et estiment que la mesure est la même partout. Que l'eau puisée pénètre dès le départ, avant l'arrivée de toute eau de pluie, ou plus tard, une fois qu'un peu d'eau de pluie s'est déjà rassemblée dans la fosse, la mesure est identique dans les deux situations : seuls trois lugin d'eau puisée rendent le mikvé invalide.
Dans la pratique aujourd'hui, avant qu'un mikvé ne soit rempli, on veille à ce que la fosse soit parfaitement sèche, sans même la plus petite trace d'eau puisée à l'intérieur, afin qu'elle ne se remplisse que d'eau de pluie jusqu'à ce qu'elle atteigne ses quarante se'ah.