Middot, chapitre 3, mishna 8. Notre chapitre nous a fait faire le tour de la azara et de ses aménagements, et voici que la mishna nous amène devant le bâtiment du Sanctuaire lui-même : les poutres qui soutenaient le Oulam, les chaînes d'or suspendues à son plafond, et la célèbre vigne d'or qui se dressait à l'entrée du Heikhal.
Les poutres de cèdre
La mishna parle de « kelonassot chel érèz », des poutres de cèdre, qui étaient « kevouin », solidement encastrées. Elles partaient « mi-kotlo chel heikhal », du mur oriental du Heikhal, « le-kotlo chel oulam », pour rejoindre le mur correspondant du côté est du Oulam, reliant ainsi ces deux parties voisines du Beit Hamikdach. La mishna précise leur rôle : « kedei chelo yiv'atou », empêcher que le mur du Oulam ne se bombe vers l'extérieur et ne s'effondre.
Pourquoi ce mur avait-il besoin d'un tel soutien ? Le Heikhal comme le Oulam s'élevaient à cent amot de hauteur. Mais le Heikhal, lui, était couvert d'un toit, et ce plafond solidarisait la structure et la maintenait stable. Le Oulam n'avait aucun plafond pour l'épauler, de sorte que son mur si haut restait fragile. Les poutres de cèdre furent donc posées au-dessus de l'entrée, rattachant le Oulam au Heikhal et lui apportant la stabilité qui lui manquait.
Les chaînes d'or et les couronnes
Ensuite : « charcherot chel zahav », des chaînes d'or, elles aussi « kevouin », fixées, dans le plafond du Oulam, d'où elles descendaient presque jusqu'au sol. C'est là, dit la mishna, que « pirhei kehouna olim », les jeunes kohanim grimpaient, « ve-roin », pour aller regarder « èt ha-atarot », les couronnes, que l'on rangeait dans les fenêtres du Heikhal donnant sur le Oulam. Leur mission était de vérifier si l'une des couronnes s'était abîmée et nécessitait une réparation.
La mishna rattache ces couronnes à un verset de Zekharia. Le prophète annonce que les couronnes appartiendraient à Hélem, à Tovia, à Yedaya et à Hen ben Tsefania, « le-zikaron », comme souvenir durable pour eux, car ce sont eux qui avaient offert l'or et l'argent dont les couronnes furent faites. Le verset se conclut par les mots « be-heikhal Hachem », dans le Sanctuaire de Hachem, et c'est de cette expression que nous apprenons où les couronnes étaient conservées.
Des arbres d'or à une vigne d'or
Un élément de contexte éclaire la suite de la mishna. À l'époque du premier Beit Hamikdach, il y avait des arbres, plantés par Chelomo Hamélekh, qui portaient des fruits en or massif. Les kohanim vendaient ces fruits, et ce revenu les faisait vivre. Dans le second Beit Hamikdach, ce verger n'existait plus. À sa place se trouvait la reproduction d'une vigne faite d'or, dont l'or était utilisé progressivement, morceau par morceau. La différence tenait à la destination des sommes : elles n'allaient pas aux besoins personnels des kohanim, mais à l'entretien et aux réparations du bâtiment du Mikdach.
La vigne de l'entrée
Voici maintenant les termes de la mishna : « guéfèn chel zahav », une vigne faite d'or, se dressait « al pitho chel heikhal », à l'entrée qui menait dans le Heikhal. Elle était « medoula al gabei kelonassot », déployée et suspendue sur une armature de poteaux de bois, si bien qu'elle avait l'aspect d'une véritable vigne grimpant sur ses tuteurs.
La mishna poursuit : « kol mi che-hou mitnadèv », quiconque souhaitait faire don d'or pour les réparations du Heikhal faisait façonner son offrande en « alè », une feuille, « o gargir », ou un unique grain de raisin, « o èchkol », ou une grappe entière. Un tel donateur est « mevi ve-tolè » : il montait son or au Mikdach et l'accrochait à la vigne. Ensuite, lorsque les Hakhamim avaient besoin d'or pour une réparation, ils en détachaient un morceau et l'employaient pour l'entretien du Heikhal.
Trois cents kohanim
« Amar Rabbi Eliézer », dit Rabbi Eliézer, fils de Rabbi Tsadok, rapportant un « maassé che-haya », un fait qui s'est réellement produit : il fallut un jour déplacer la vigne d'or, et « nimnou aléha », on désigna pour cette tâche « cheloch meot kohanim », trois cents kohanim, tel était le poids qu'elle avait atteint.
Le Bartenoura fait remarquer que ce chiffre n'est pas à prendre au sens littéral. Soulever la vigne ne réclamait pas véritablement trois cents paires de bras : le nombre est une gouzma, l'une de ces exagérations volontaires dont les Hakhamim font usage. Ce qu'il veut dire, c'est que déplacer la vigne d'or exigeait une équipe très nombreuse.