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Midot, chapitre 1, Mishna 7 : les deux portes du Beit Hamoked

Midot, chapitre 1, Mishna 7. Jusqu'ici, notre chapitre nous a conduits le long des pourtours du Har Habayit et de la Azara, en nommant les portes et en décrivant les salles qui se tenaient à côté d'elles. Dans la Mishna 5, nous avions rencontré le Beit Hamoked, la chambre qui tire son nom du feu qui y brûlait. La Mishna revient maintenant à cette chambre afin de décrire comment on y entrait et comment on en sortait.

Sa situation est la clé de tout ce qui suit. Le Beit Hamoked était bâti exactement sur la ligne de partage entre la Azara et le Har Habayit, n'appartenant entièrement ni à l'un ni à l'autre domaine. Une partie du bâtiment se trouvait à l'intérieur du parvis sacré, et une autre partie à l'extérieur, sur le Har Habayit. Toute construction posée à cheval sur une telle ligne exige un accès des deux côtés, et c'est précisément ce que notre mishna vient nous enseigner.

Deux portes

« Chenayim chearim hayou leVeit Hamoked » : la chambre était pourvue de deux entrées, une pour chacun des deux domaines qu'elle enjambait. « Ehad patoua'h laHel » : la première donnait vers l'extérieur, sur le Hel, du côté du Har Habayit. « Ve'ehad patoua'h laAzara » : la seconde s'ouvrait vers l'intérieur, dans le parvis.

La porte qui faisait face au Hel se trouvait du côté nord. Le Hel est cette bande de terrain de dix amot de largeur qui entourait le parvis par l'extérieur, juste à la limite du Beit Hamikdach proprement dit, sur le Har Habayit. La seconde porte se trouvait du côté sud du bâtiment, et elle ouvrait directement sur la Azara.

Les deux ouvertures se faisaient exactement face. Un homme se tenant dans le Hel pouvait entrer par l'ouverture nord, traverser la salle sur toute sa longueur, et ressortir par l'ouverture sud dans la Azara elle-même. En pratique, la chambre servait donc de couloir menant du Har Habayit jusqu'au parvis sacré.

Rabbi Yehouda et la petite porte

« Amar Rabbi Yehouda » : Rabbi Yehouda ajoute un détail concernant l'entrée intérieure. « Zé chehaya patoua'h laAzara », celle qui donnait sur le parvis, n'était pas une simple porte. « Pichpach katan haya lo » : dans le grand battant était aménagé un pichpach, une petite porte, une ouverture en miniature construite à l'intérieur de la grande.

Son but ? « Chebo nikhnassin livloch et haAzara » : par son intermédiaire, ils entraient pour inspecter la Azara. La mishna suivante nous apprendra que des kohanim passaient la nuit dans cette salle. Chaque jour, avant que la avoda ne puisse commencer, ils entraient dans la Azara et vérifiaient que chacun des kelim, les ustensiles sacrés du service, se trouvait bien à sa place.

Pourquoi avaient-ils besoin d'une petite porte, plutôt que d'ouvrir simplement la grande ? Parce que les portes principales de la Azara ne s'ouvraient pas avant que le service n'ait déjà commencé. L'inspection, elle, avait lieu plus tôt, dans l'obscurité du matin, avant la avoda. Le pichpach permettait aux kohanim de se glisser à l'intérieur et de mener leur vérification sans ouvrir la grande porte avant son heure.