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Middot, chapitre 3, Michna 4 : Les pierres du Mizbéa'h et de la rampe

Middot, chapitre 3, michna 4. Notre chapitre nous a fait parcourir le mizbéa'h, ses mesures et ses particularités. La Michna quitte à présent les dimensions pour parler de la matière : le type de pierre dont l'autel et sa rampe étaient faits, les interdits liés à la manipulation de cette pierre, et l'entretien régulier de l'édifice.

D'où venaient les pierres

« E'had avné hakévech » et « e'had avné hamizbéa'h » : les pierres de la rampe (kévech) et celles du mizbéa'h lui-même provenaient d'une seule et même source, « mibik'at Beit Kérem », la vallée de Beit Kérem, aux alentours de Yérouchalayim. Une seule carrière fournissait les deux, car la roche que l'on y trouvait était d'une lissité remarquable, et c'est précisément cette lissité qu'exigeait la avoda.

« Ve'hofrin lemata méhabetoula. » On recherchait une terre vierge, un sol que la main de l'homme n'avait jamais travaillé, jamais cultivé, où l'on n'avait jamais bâti, et l'on creusait sous cette couche intacte. « Oumevi'im micham avanim chelémot » : de là, on extrayait des pierres entières, lisses et exemptes de la moindre fêlure ou fissure.

Cette exigence prend sa source dans un passouk : « Avanim chelémot », poursuit le verset, « tivné èt mizba'h Hachem Elokékha », c'est avec des pierres intactes que doit être érigé l'autel de Hachem ton Dieu. Le terme « chelémot », entières ou complètes, enseigne que toute pierre portant une fissure ou un éclat est inapte à cet usage.

Le fer ne doit jamais les toucher

« Chelo hounaf aléhen barzel, chéhabarzel possèl bénegui'a. » Jamais aucun fer n'a été levé au-dessus de ces pierres. Le fer disqualifie par le simple contact : dès qu'un outil de fer a touché une pierre, celle-ci ne peut plus servir à la construction du mizbéa'h ni de la rampe.

Ici encore, un passouk fonde la halakha : « Ouvanita cham mizbéa'h l'Hachem Elokékha », tu érigeras là un autel pour Hachem ton Dieu, et ce doit être un « mizba'h avanim », un autel de pierre, au sujet duquel la Torah avertit : « lo tanif aléhem barzel », ne lève pas de fer sur elles.

« Ouféguima békhol davar. » Quant à la disqualification par un éclat, elle ne se limite pas au fer. Une pierre qui a été ébréchée ou fêlée par quoi que ce soit, fer ou tout autre matériau, est inapte au mizbéa'h.

Lorsqu'une seule pierre est abîmée

« Nifguéma a'hat méhen » : si l'une des pierres s'ébrèche alors qu'elle est déjà en place, « hi pessoula », cette pierre-là, et elle seule, perd son aptitude et doit être retirée et remplacée, tandis que « vékhoulan kechérot », toutes les autres demeurent valides. L'autel, en tant que structure, n'est pas perdu. Dès que la pierre abîmée est ôtée et qu'une pierre intacte est installée à sa place, le mizbéa'h peut de nouveau servir.

Le blanchiment du mizbéa'h

« Oumélabnin otan pa'amayim bachana. » Les parois et la surface supérieure du mizbéa'h étaient recouvertes d'un enduit blanc, et ce revêtement était refait deux fois par an afin que l'autel soit beau. « A'hat baPéssa'h vé'a'hat ba'Hag » : une fois avant Péssa'h et une fois avant Souccot.

« Véhahékhal pa'am a'hat baPéssa'h. » L'extérieur du bâtiment du Hékhal, en revanche, n'était blanchi qu'une seule fois par an, avant Péssa'h. La différence tient à l'usure. Le mizbéa'h était sollicité en permanence : on y jetait le sang, les kohanim marchaient dessus et le manipulaient tout au long de la journée. Les murs du Hékhal ne subissaient rien de comparable, un enduit annuel suffisait donc.

Rebbi : également chaque vendredi

« Rabbi Méir omèr, Rebbi omèr » : selon Rebbi, l'entretien ne se limitait pas à ces deux enduits annuels. « Kol érev Chabbat », chaque vendredi, en préparation de Chabbat, « mélabnin oto bémapa », on le ravivait à l'aide d'un chiffon, « mipné hadamim », à cause du sang qui avait été jeté contre lui durant toute la semaine.

« Lo hayou sadin otan » : on ne lissait jamais l'enduit « békapis chel barzel », avec un instrument de fer, « chéma yiga véyifssol », de crainte que le métal n'entre en contact avec une pierre restée découverte et ne la rende ainsi inapte. Les outils de fer étaient totalement écartés de ce travail.

Pourquoi le fer est exclu

« Chéhabarzel nivra » : la Michna conclut en expliquant la logique de tout cet interdit. Le fer a été introduit dans le monde « lékhatsèr yamav chel adam », de manière à abréger la vie de l'homme, car c'est du fer que l'on forge les armes. L'autel, lui, est tout l'inverse : « véhamizbéa'h nivra léha'arikh yamav chel adam », il existe pour prolonger les années de l'homme, puisque par lui l'homme reçoit la kappara, l'expiation de ses avérot.

« Éno din » : il n'y a là aucune justice, « chéyounaf hamékatsèr al hama'arikh », que ce qui raccourcit la vie soit brandi au-dessus de ce qui la prolonge.