Middot, chapitre 1, michna 4. Jusqu'ici, la michna a décrit les murs qui entouraient la azara, la cour du Beit Hamikdach, sur ses quatre côtés. Elle se tourne maintenant vers les ouvertures pratiquées dans ces murs : les portes par lesquelles on entrait dans la cour. Cette michna et la suivante leur sont consacrées.
« Chiv'a che'arim hayou ba'azara » : la cour était pourvue de sept portes. « Chelocha batsafon, ouchelocha badarom, ve'e'had bamizra'h » : trois de ces ouvertures étaient percées dans le mur nord, trois dans le mur sud, et une seule porte se dressait du côté est.
Les trois portes du sud
« Chebadarom, Cha'ar HaDélek. » En comptant depuis l'ouest, la première porte du côté sud était la Porte de l'Embrasement. Le bois destiné au mizbéa'h était acheminé dans la cour par cette entrée, et c'est de là que la porte tire son nom.
« Cheni lo, Cha'ar HaBekhorot. » La porte suivante était la Porte des Premiers-nés. Le premier-né mâle d'une vache, d'un mouton ou d'une chèvre doit être amené au Beit Hamikdach et remis à un kohen, qui l'offre comme korban. Le be'hor a le statut de kodachim kalim, des offrandes d'un degré de sainteté plus léger, par opposition aux kodché kodachim. Les kodché kodachim ne peuvent être abattus que dans la partie nord de la cour, tandis que les kodachim kalim peuvent l'être également dans la partie sud. Puisque le premier-né était amené au sud, il était naturel qu'on le fasse entrer par une porte du côté sud, et c'est à cela que servait cette porte.
« Chelichi lo, Cha'ar HaMayim. » En avançant encore vers l'est le long de ce même mur, on arrivait à la Porte de l'Eau. Ye'hezkel a prophétisé que, dans le Beit Hamikdach de l'avenir, l'eau jaillirait précisément de cet endroit, et la porte a été nommée d'après cette prophétie.
Cha'ar Nikanor, à l'est
« Chebamizra'h, Cha'ar Nikanor. » L'unique porte orientale portait le nom d'un homme appelé Nikanor, qui en avait offert les battants. Il les avait fait fabriquer en Mitsrayim, par les maîtres métallurgistes d'Alexandrie, puis les avait chargés sur un navire pour les acheminer à Yerouchalayim.
Une tempête violente éclata en mer. Les marins, luttant pour maintenir le navire à flot, se mirent à jeter par-dessus bord la cargaison la plus lourde, et l'un des deux battants tomba à l'eau. Quand ils s'approchèrent du second, Nikanor l'enlaça de ses bras et leur déclara que si ce battant devait aller à la mer, ils auraient à le jeter, lui, avec elle. Par ces paroles, il montra à quel point il était lié tout entier au Beit Hamikdach, et à cet instant même la tempête s'apaisa. Le second battant fut sauvé.
Quant au battant tombé à l'eau, il ne fut pas perdu non plus. Alors que le navire entrait au port, il remonta de dessous la coque. Finalement, les deux battants furent installés à l'entrée orientale de la cour, et la porte porta le nom de l'homme dont le dévouement les avait amenés.
Les deux chambres à côté de la porte
« Ouchté lechakhot hayou lo, a'hat miymino ve'a'hat missmolo » : deux chambres se tenaient auprès de Cha'ar Nikanor, l'une à sa droite et l'autre à sa gauche.
« A'hat, lichkat Pin'has Hamalbich. » L'une était la chambre de Pin'has, responsable des vêtements sacerdotaux. Il revêtait les kohanim des habits particuliers requis pour la avoda, leur retirait ces vêtements lorsque leur service était achevé, et veillait à ce que tout soit rangé comme il faut à sa place.
« Ve'a'hat, lichkat Ossé 'Havitin. » La chambre d'en face abritait ceux qui préparaient les 'havitin. Chaque jour, le Kohen Gadol est tenu d'apporter une min'ha, la Min'hat 'Havitin : douze pains, six offerts le matin et six plus tard dans la journée. Leur nom vient de la ma'havat, la poêle dans laquelle on les faisait frire à l'étape finale de leur préparation. Les kohanim affectés à cette tâche l'accomplissaient dans cette chambre, à gauche lorsqu'on entrait par Cha'ar Nikanor.