Middot, chapitre 4, michna 3. Ce chapitre nous fait parcourir le bâtiment du Heikhal lui-même, et notre michna se tourne maintenant vers les cellules de rangement qui l'entouraient. Adossées aux murs extérieurs du Heikhal, réparties sur trois niveaux superposés, se trouvaient de petites chambres appelées ta'im, dans lesquelles on conservait les trésors et les ustensiles précieux du Beit Hamikdash. La michna nous indique à présent leur nombre exact, leur répartition, et la manière dont on passait de l'une à l'autre.
"Ouchlochim ouchmona ta'im hayou cham" : trente-huit cellules se trouvaient là, aménagées dans les trois étages qui ceinturaient le Heikhal et servant à entreposer les biens précieux du Beit Hamikdash.
La michna les répartit ensuite sur les trois côtés du bâtiment. "Hamicha assar batzafon" : quinze cellules étaient disposées le long du mur nord. "Vahamicha assar badarom" : quinze autres, en nombre égal, s'alignaient le long du mur sud. "Ouchmona bama'arav" : et les huit restantes se tenaient derrière le Heikhal, à son extrémité occidentale.
La superposition des cellules
"Chebatzafon vechebadarom" : pour les rangées nord et sud, la michna décrit l'agencement vertical : "hamicha al gabei hamicha", une rangée de cinq chambres en bas, puis une autre rangée de cinq posée par-dessus, et enfin "vahamicha al gabeihen", une troisième rangée de cinq au-dessus de la deuxième. Chacun de ces deux côtés comptait donc quinze chambres, ce qui fait trente pour les deux ensemble.
L'extrémité ouest suivait un schéma différent. "Vechebama'arav" : là, la michna nous dit "chelocha al gabei chelocha", une rangée inférieure de trois avec une deuxième rangée de trois construite au-dessus, puis seulement "ouchnayim al gabeihen", une rangée supérieure de deux et non de trois. Cela donne huit à l'ouest, qui, ajoutées aux trente du nord et du sud, produisent le total de trente-huit annoncé au début de notre michna.
Trois ouvertures dans chaque cellule
La michna décrit maintenant la manière dont ces chambres communiquaient entre elles. "Ouchelocha petahim hayou" : trois entrées étaient percées "lekhol ehad ve'ehad", pour chacune des cellules. Où menaient-elles ? "Ehad lata min hayamin" : la première donnait accès à la chambre voisine de droite. Puis "ve'ehad lata min hasmol" : la deuxième donnait accès à la chambre de gauche. Et enfin "ve'ehad lata che'al gabav" : la troisième s'ouvrait vers le haut, dans la chambre située juste au-dessus. Le résultat était un réseau entièrement relié : de n'importe quelle cellule, on pouvait se déplacer latéralement vers ses voisines et verticalement vers l'étage supérieur.
Bien entendu, la michna décrit ici le principe général de la construction et non une règle absolue. Une cellule de l'étage le plus élevé n'avait rien au-dessus d'elle, elle ne pouvait donc pas avoir d'ouverture vers le haut. La michna veut dire que partout où une telle ouverture était possible, c'est-à-dire dans les cellules des deux niveaux inférieurs, elle existait.
La cellule de l'angle nord-est
"Oubekeren mizrahit tzefonit" : à l'angle nord-est du Heikhal se trouvait une chambre exceptionnelle, située à l'étage intermédiaire des trois, dont la michna dit "hayou hamicha petahim", qu'elle avait cinq entrées et non les trois habituelles. La raison en est que cette chambre-là se tenait au point de rencontre de plusieurs espaces distincts : elle jouait le rôle de carrefour.
"Ehad lata min hayamin" : la première s'ouvrait du côté ouest, vers la chambre voisine située à sa droite. "Ve'ehad lata che'al gabav" : la deuxième s'ouvrait vers le haut, vers la chambre de l'étage supérieur. "Ve'ehad lamesiba" : la troisième s'ouvrait au nord, en direction de la mesiba, la rampe en colimaçon. Cette rampe était bâtie à l'extérieur du mur extérieur des chambres du nord ; elle partait du niveau du sol et montait en tournant jusqu'à déboucher sur le toit, au-dessus des cellules. Comme notre chambre se trouvait à l'étage intermédiaire, on empruntait une échelle pour descendre et rejoindre la rampe.
"Ve'ehad lapichpach" : la quatrième s'ouvrait du côté est et menait au pichpach, le petit guichet aménagé dans l'Oulam. "Ve'ehad laHeikhal" : et la cinquième s'ouvrait au sud, permettant d'entrer directement dans le Heikhal.
Cette unique chambre était donc le point depuis lequel on pouvait atteindre la cellule voisine, la cellule du dessus, la rampe menant au toit, la petite entrée de l'Oulam et le Heikhal. Parce que tant de choses convergeaient là, elle seule reçut cinq ouvertures au lieu des trois habituelles.