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Middot chapitre 3, michna 1 : les dimensions du mizbéah extérieur

Middot, chapitre 3, michna 1. Le chapitre deux nous a fait parcourir les parvis et les portes du Har Habayit. La michna nous amène maintenant au centre même de l'Azara et entame une description détaillée du mizbéah extérieur : ses mesures, la façon dont ces mesures ont changé entre le premier Beit Hamikdash et le second, et les marques tracées sur ses parois, sur lesquelles les kohanim s'appuyaient dans leur avoda.

Comment le mizbéah était construit

Avant d'aborder les chiffres, il est utile de se représenter la construction. En bas, on posait une base, le yessod : on disposait des pierres à l'intérieur d'un coffrage de bois creux et on y versait un mélange semblable à du béton, qui durcissait pour former un bloc massif. Sur ce premier bloc, on dressait un autre coffrage de bois, on le remplissait de pierres lisses et on y versait de nouveau le mélange. Ce second niveau est le sovev, la corniche. Le même procédé a produit le troisième niveau au-dessus, ainsi que les keranot, les cornes situées aux quatre angles du sommet.

Niveau par niveau

La michna commence par l'emprise de l'édifice : « Hamizbeach haya », le mizbéah était, et voici les chiffres, « sheloshim ushtayim » amot sur « sheloshim ushtayim » amot. Là où il reposait sur le sol de l'Azara, il formait un carré de trente-deux amot dans chaque direction.

« Ala amah », il montait d'une seule amah, puis « vechanas amah », il se retirait d'une amah sur chacun de ses quatre côtés. « Zeh hayesod » : ce niveau le plus bas porte le nom de yessod, la fondation du mizbéah.

« Nimtza sheloshim al sheloshim ». S'étant rétréci d'une amah sur tout son pourtour, le mizbéah, à cette hauteur, mesure trente amot sur trente amot.

« Ala chamesh vechanas amah, zeh hasovev ». De là, il s'élevait de cinq amot supplémentaires et se retirait encore d'une amah. Ce niveau s'appelle le sovev, la corniche, parce que son sommet en retrait formait un passage sur lequel les kohanim faisaient le tour du mizbéah lorsque leur avoda l'exigeait.

« Nimtza », le résultat est « esrim ushmoneh » sur « esrim ushmoneh ». Une seconde amah étant cédée sur chacune des quatre faces, le mizbéah, à cette hauteur, s'étend sur vingt-huit amot dans chaque direction.

Il s'élevait ensuite de trois amot encore, formant le niveau supérieur du mizbéah.

La surface supérieure

« Mekom hakeranot » : sur chacun des quatre angles de la surface supérieure se trouvait une keren, une corne en forme de cube, d'une amah de hauteur, d'une amah de longueur et d'une amah de largeur. La bande réservée à ces cornes prenait donc, selon les mots de la michna, « amah mizeh ve'amah mizeh », une amah le long d'un bord du sommet et une amah le long du bord qui lui fait face.

« Nimtza » : retirez ces deux bandes et il reste « esrim vashesh » sur « esrim vashesh », un carré de vingt-six amot de côté.

« Mekom hiluch raglei hakohanim », l'endroit où passaient les pieds des kohanim. Le long du bord intérieur des cornes, on gardait un couloir libre pour les kohanim lorsqu'ils faisaient leur tour sur le sommet du mizbéah et s'occupaient des feux. Pourquoi ne pouvaient-ils pas se servir simplement des bandes d'une amah de large qui vont d'une corne à l'autre ? Parce qu'à chaque angle une keren se dresserait sur leur chemin et les arrêterait. Il fallait donc désigner un passage libre juste à côté des keranot.

« Amah mizeh ve'amah mizeh ». Ce passage prenait encore une amah de ce côté-ci et une amah de ce côté-là.

« Nimtza » : toutes les bandes déduites, il reste « esrim ve'arba » amot dans un sens et « esrim ve'arba » dans l'autre. Ce carré de vingt-quatre sur vingt-quatre est le « mekom ma'arachah », la surface sur laquelle on disposait le bois du feu.

Le mizbéah du premier Beit Hamikdash

Rabbi Yossé ajoute une précision historique : « Amar Rabbi Yose ». Le mizbéah érigé par Shlomo Hamelekh, enseigne-t-il, avait des dimensions plus modestes. « Mitechilah lo haya ela », au départ il n'était que de « shemoneh ve'esrim » amot dans chaque direction : vingt-huit sur vingt-huit là où il posait sur le sol, et non trente-deux sur trente-deux.

« Kones ve'oleh bemidah zo » : il se rétrécissait et montait selon ce même schéma, niveau après niveau, « ad shenimtza mekom hama'arachah esrim al esrim », jusqu'à ce que l'aire du feu se trouve être de vingt amot sur vingt amot. Suivons le calcul : en partant de vingt-huit amot de côté, le retrait au niveau de la corniche laisse vingt-six ; le niveau au-dessus ramène le sommet à vingt-quatre ; une amah de chaque côté va aux cornes ; une amah encore de chaque côté va au couloir où marchaient les kohanim ; et il reste un carré de vingt sur vingt pour la ma'arakha.

L'ajout de ceux qui sont remontés de Bavel

« Keshe'alu benei hagolah » : une fois le premier Beit Hamikdash en ruines, le peuple fut emmené à Bavel, et la michna se tourne à présent vers la génération qui en est remontée pour bâtir le second Beit Hamikdash. Ils « hosifu alav », ils firent un ajout au mizbéah : « arba amot » du côté sud, « min hadarom », et « arba amot » du côté ouest, « min hama'arav ». La forme de cet ajout est décrite comme « kemin gamma », comme la lettre grecque gamma, qui ressemble à un noun renversé, ou, dans l'alphabet que nous employons, à un L majuscule. La nouvelle construction enveloppait deux faces voisines du mizbéah exactement selon cette forme de L.

Pourquoi cet agrandissement était-il nécessaire ? La réponse tient au trajet parcouru par les libations, nissoukh hayayin et nissoukh hamayim, le vin versé et l'eau versée, pour descendre jusqu'aux shitin, l'espace creux situé sous le Beit Hamikdash. Shlomo Hamelekh tenait que les libations devaient couler le long de la paroi extérieure du mizbéah, traverser le dallage du parvis et entrer par une ouverture de ce dallage, près de l'angle sud-ouest, qui menait aux shitin. Les Hakhamim du second Beit Hamikdash en tenaient autrement : les libations devaient descendre à travers le corps même du mizbéah. On a donc prolongé la structure jusqu'à ce qu'elle se trouve au-dessus de cette ouverture, et dès lors les liquides versés descendaient par un conduit intérieur au mizbéah et passaient directement dans les shitin.

Le verset de Yehezkel

« Shene'emar » : la michna appuie ces mesures sur la prophétie de Yehezkel, qui décrit le mizbéah extérieur du second Beit Hamikdash et du troisième. « Veha'ariel », le Ariel, le nom que le passouk donne à la surface supérieure du mizbéah, mesure « sheteim esreh orech », douze amot de longueur, « bishteim esreh rochav », sur douze amot de largeur, « ravu'a », en carré.

« Yachol she'eino ela » : à ne lire que cela, on pourrait conclure que tout le sommet du mizbéah ne faisait pas plus de « sheteim esreh al sheteim esreh », douze amot dans chaque direction.

« Keshehu omer, el arba'at riv'av, melamed shemin ha'emtza hu moded shetayim ». Lorsque le passouk poursuit, « vers ses quatre quarts », il enseigne que le prophète mesure depuis le centre vers l'extérieur. La surface supérieure se divise en quatre quarts égaux, chacun de douze sur douze amot, si bien que douze et douze dans chaque direction donnent un total de vingt-quatre sur vingt-quatre amot.

La ligne rouge

« Vechut shel sikra chogro be'emtza ». Une bande de peinture écarlate était tracée autour du mizbéah, le ceinturant à mi-hauteur. Du sol jusqu'au sommet des keranot, le mizbéah avait dix amot de hauteur ; la bande l'entourait donc à hauteur de cinq amot.

« Lehavdil », pour établir une distinction, « bein hadamim ha'elyonim », entre les sangs déposés plus haut, « ladamim hatachtonim », et ceux déposés plus bas. Le sang de certains korbanot était appliqué sur la paroi du mizbéah au-dessus de cette bande, celui d'autres au-dessous. La ceinture écarlate indiquait au kohen d'un seul regard dans quelle zone il se trouvait, afin que chaque application de sang tombe exactement là où la halakha la situe.

Où la base faisait réellement saillie

La michna a dit que le yessod mesurait trente-deux sur trente-deux amot, ce qui a tout l'air d'un carré parfait. Il ne l'était pas.

« Vehayesod haya mehalech » : le yessod, c'est-à-dire le rebord de la base qui dépasse le niveau posé sur lui, s'étendait « al penei chol hatzafon », le long de toute la face nord du mizbéah, « ve'al penei chol hama'arav », et le long de toute la face ouest.

« Ve'ochel », et il mange, « badarom amah achat », une seule amah du côté sud, « uvamizrach amah achat », et une seule amah du côté est. Le long de ces deux faces, la base ne projetait aucun rebord ; elle tournait simplement l'angle et occupait une amah de longueur dans chacune de ces deux directions. Le chiffre de trente-deux amot de côté est donc exact au nord et à l'ouest, là où le yessod dépasse d'une amah le niveau qui le surmonte. Vers le sud et vers l'est, aucune saillie de ce genre n'existait, hormis cette unique amah à l'angle nord-est et à l'angle sud-est, où la base faisait le tour et comblait l'espace qui serait autrement resté vide.