Makot, chapitre deux, michna 5. La michna poursuit sa discussion sur la nature des six villes de refuge et sur les voies d'accès qui y mènent.
"Oumekhavanot lahem derakhim mizou lazou" :
Des chemins droits étaient aménagés et préparés, et ils conduisaient aux villes de refuge. La source de cette obligation se trouve dans le verset, "shene'emar : takhin lekha haderekh veshilashta vegomer" - "takhin lekha haderekh", que l'homme doit se préparer le chemin ; "veshilashta", qu'il doit diviser en trois parties, et nous reviendrons sur le sens de cela. Le verset poursuit : "veshilashta et gvoul artsekha asher yanhilekha Hachem Elokékha, vehaya lanous shama kol rotséa'h" - diviser les frontières du pays que Hachem donne en héritage, afin que tout meurtrier puisse fuir vers les villes de refuge.
La guemara rapporte une braïta enseignant qu'aux croisements des chemins on écrivait le mot "miklat" et on le plaçait sur un panneau, pour indiquer dans laquelle des deux directions du croisement il fallait s'engager afin de parvenir à la ville de refuge.
En terre d'Israël aujourd'hui, les espaces protégés dans les bâtiments sont appelés 'miklat', et dans les immeubles d'habitation sont posés des panneaux qui les indiquent, ce qui rappelle cette halakha, même si l'on ne saurait dire s'il s'agit là d'une simple mesure pratique ou d'une allusion et d'un lien avec cette halakha.
"Oumossrin lahen shené talmidé 'hakhamim" :
Le beth din de la ville où le meurtre avait été commis accompagnait le meurtrier sur son chemin vers la ville de refuge de deux talmidé 'hakhamim, "shema yahargénou baderekh" - de peur que le vengeur du sang, le proche de la victime, ne cherche à le tuer en chemin. "Vidabrou élav" - les deux talmidé 'hakhamim parleraient au cœur du proche et le convaincraient de ne pas se venger du meurtrier.
L'avis de Rabbi Méir :
Rabbi Méir dit : "Af hou medaber al yedé atsmo" - le meurtrier lui-même peut et doit également parler en sa propre faveur. La compréhension de ses propos dépend de deux versions :
"Af hou medaber al yedé atsmo" : selon cette version, Rabbi Méir ne diverge pas du tana kama quant à l'envoi de deux talmidé 'hakhamim, mais ajoute que le meurtrier lui-même est également autorisé à parler.
"Hou medaber al yedé atsmo" : selon cette version, il semble que Rabbi Méir diverge, et que, selon lui, au lieu de deux talmidé 'hakhamim, c'est le meurtrier lui-même qui doit parler.
Quoi qu'il en soit, Rabbi Méir apprend cette idée du langage du verset : "Vezé dvar harotséa'h" - la parole du meurtrier.
La guemara rapporte une braïta dans laquelle les 'hakhamim répondent à Rabbi Méir par une idée des plus intéressantes : "Harbé shli'hout ossa" - grande est la force de la délégation. Parfois, celui qui parle en sa propre faveur ne parvient pas à obtenir ce qu'il souhaite, tandis que celui qui parle en son nom peut obtenir davantage.