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Makhchirin, chapitre 4, michna 9 : des produits qui passent dans une conduite d'irrigation humide

Makhchirin, chapitre 4, michna 9. Un aliment ne devient apte à recevoir la toumah qu'une fois mouillé par de l'eau arrivée sur lui avec l'accord du propriétaire, beratzon. Notre michna pose une question pratique de doute : de l'eau a été volontairement tirée dans un canal d'irrigation, et ensuite des produits sont passés par ce canal. Pendant combien de temps supposons-nous que le canal était encore suffisamment humide pour rendre ces produits moukhchar ?

« Hamemalé bekilon, ad chelocha yamim, temein. » Une personne a tiré de l'eau au moyen d'un kilon, la conduite ou le canal d'irrigation servant à arroser, et l'eau y est assurément passée beratzon. Pendant les trois jours qui suivent, tranche la michna, les produits sont « tamé ». Comme toujours dans ce traité, « tamé » ne signifie pas ici que les produits sont réellement tamé ; cela signifie qu'ils ont subi le hekhcher et qu'ils sont désormais capables de recevoir la toumah si quelque chose de tamé entre en contact avec eux.

Le cas dont parle le Tanna est un cas de doute. Des produits sont passés dans le canal après que l'eau y a été tirée, et nous ne savons pas s'ils ont effectivement été mouillés. Durant une période de trois jours, nous devons supposer que oui : nous partons du principe que le canal était encore humide et n'avait pas encore séché. Passé trois jours, nous supposons que le canal est déjà sec, et que les produits qui y sont passés n'ont pas reçu le hekhcher.

Rabbi Akiva trace les limites

La michna poursuit avec une seconde voix : « Rabbi Akiva omer ». Il ne conteste pas la première décision, il en définit les bornes. Là où les faits sont connus, ce sont eux qui déterminent le cas. Supposons que le canal « nagvou », qu'il ait séché aussitôt après que l'eau y a été tirée, peut-être parce qu'il faisait chaud, peut-être parce qu'il n'y restait rien d'immobile. Alors les produits qui y passent ensuite sont « miyad tehorine », tahor dès cet instant, c'est-à-dire qu'aucun hekhcher n'a eu lieu. Dès lors que nous pouvons constater la réalité sous nos yeux, une présomption de trois jours n'a plus rien à accomplir. Et dans la situation inverse, où la conduite « lo nagvou », les produits demeurent temein même « ad chelochim yom » plus tard.

Et dans le cas inverse, « veïm lo nagvou » : si le canal n'a pas séché, alors même jusqu'à trente jours plus tard les produits sont « tamé », car aussi longtemps que l'humidité subsiste, elle continue d'opérer le hekhcher lekabel toumah.

La période de trois jours du premier Tanna est donc destinée au cas incertain, celui où l'on ne peut pas établir si de l'humidité se trouvait encore dans le canal au moment où les produits y sont passés. L'apport de Rabbi Akiva est que les faits établis l'emportent sur la présomption dans les deux sens : si nous savons que le canal était sec, aucun hekhcher n'a jamais eu lieu, et si nous savons qu'il était encore humide, le hekhcher continue pendant tout le temps que l'humidité demeure.