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Makhchirine, chapitre 3, michna 6 : Des olives laissées sur le toit sous la pluie

Makhchirine, chapitre 3, michna 6. Notre chapitre poursuit l'examen des cas où des produits agricoles sont mouillés et où il faut déterminer si cette humidification est considérée comme voulue par le propriétaire. Seule l'eau qui arrive sur un aliment avec la volonté du propriétaire peut être makhchir, c'est-à-dire rendre l'aliment apte à recevoir la toum'a. L'expression habituelle de la michna pour désigner une eau qui remplit cette condition est "b'khi youtan", le langage du passouk qui parle d'une eau qui est mise sur l'aliment, et dès lors que l'eau est b'khi youtan, le produit est houkhchar lekabel toum'a.

Le cas ici : "hazeitim nesounine bagag, v'yardou aleihen guechamim". Une personne avait étalé ses olives sur le toit, et la pluie est tombée dessus. La pluie, ce n'est pas lui qui l'a apportée, et il ne l'a certainement pas versée. Mais des olives qui sont mouillées en tirent parfois un bénéfice. La michna tranche donc : "im samah, b'khi youtan". S'il s'est réjoui que la pluie tombe sur elles, cette eau est considérée comme une eau qu'il a voulue, et les olives sont désormais aptes à recevoir la toum'a.

Rabbi Yehouda n'est pas d'accord, exactement comme ailleurs dans ce chapitre : "i efchar chelo yismah". Il est tout simplement impossible qu'une personne ne se réjouisse pas de ce qui profite à ses olives. Or, si la joie est garantie d'avance, en faire le critère vide la condition de tout sens ; selon Rabbi Yehouda, la michna poserait alors une condition qui ne pourrait jamais ne pas être remplie. La satisfaction intérieure ne peut donc pas servir d'étalon. Ce qu'il faut, c'est un maassé, un acte de la part du propriétaire qui manifeste concrètement son contentement.

Rabbi Yehouda nous indique donc les actes qui conviendraient : "ela im pakak et hatsinor o chehilekh sokhane". Soit il a bouché la gouttière du toit afin que l'eau de pluie ne s'écoule pas mais s'accumule autour des olives, soit il a remué les olives dans l'eau qui s'était rassemblée. Chacun de ces gestes montre qu'il n'est pas resté spectateur de la pluie mais qu'il y a pris part activement, et c'est seulement alors que l'eau est b'khi youtan. Se réjouir intérieurement, sans aucun acte pour l'exprimer, ne fait pas de la pluie une eau qu'il a voulue.