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Mach'chirin, Chapitre 6, Michna 5 : Les dérivés de l'eau et du sang

Mach'chirin, chapitre 6, michna 5. La michna qui précède immédiatement la nôtre a énuméré les sept liquides, les Chiva Machkin, qui donnent à un aliment la capacité de contracter la toum'a. Ces sept-là sont les avos, les catégories principales. La michna passe maintenant aux toldos, les ramifications : des fluides qui ne sont pas littéralement de l'eau, du sang, du lait ou de l'huile, et qui pourtant relèvent de l'une de ces rubriques et réalisent donc le hech'cher exactement comme le liquide principal.

Les dérivés de l'eau

Notre michna commence par la catégorie de l'eau et de ce qui en dérive, "toldos hamayim". Y sont inclus les fluides que le corps humain sécrète lui-même. "Hayotsé min ha'ayin" désigne tout ce qui s'écoule de l'œil ; la michna continue avec ce qui sort "min ha'ozen", de l'intérieur de l'oreille ; puis "min hachotem", l'humidité du nez ; et "min hapé", la salive de la bouche.

La liste se poursuit avec "mé raglayim", les déchets liquides, au sujet desquels la michna précise "bein guedolim bein ketanim". Le Rav comprend ces deux termes comme couvrant les deux formes d'élimination : une selle qui sort sous forme liquide, et l'urine. Par quelque voie que ce liquide quitte le corps, il appartient à la catégorie de l'eau.

Et la michna ajoute une précision essentielle : "lada'to chelo lada'to", que la personne ait émis ce fluide volontairement ou qu'il soit sorti sans son intention. Contrairement à d'autres domaines du hech'cher, où l'intention joue un rôle décisif, ici cela ne change rien. Chacun de ces fluides, intentionnel ou non, constitue un hech'cher lekabel toum'a.

Les dérivés du sang

Ensuite : "toldos hadam", les ramifications du sang. D'abord, "dam ch'chita babehéma ouvachaya ouv'ofos hatehorim", le sang qui s'écoule au moment de la ch'chita. Quiconque a assisté à une ch'chita sait quelle quantité de sang est libérée. Qu'il provienne d'une behéma, un animal domestique, d'une chaya, un animal sauvage, ou d'un oiseau cachère, ce sang est bien considéré comme du sang pour ce qui nous concerne.

Ensuite, "vedam hakaza lich'tiya", le sang tiré par une saignée lorsque le but en est la consommation. La saignée était pratiquée, et le sang prélevé était parfois donné à boire à un non-juif ou à un animal. Puisqu'il est destiné à être bu, il prend place parmi les Chiva Machkin et peut réaliser le hech'cher lekabel toum'a.

Le petit-lait et le liquide des olives

"Mé chalav kechalav", le petit-lait a le statut du lait. Le petit-lait est le liquide aqueux qui se sépare du lait lorsque le caillé se forme lors de la fabrication du fromage, et la michna tranche qu'il est traité exactement comme le lait lui-même.

"Vehamochal kechemen" : le mochal a le din de l'huile. Le mochal est le fluide aqueux que le pressoir extrait des olives en même temps que l'huile elle-même. Rabbi Chimon tranche que son statut est celui de l'huile, et il en donne la raison : "ché'ein hamochal", cette eau d'olives ne sort jamais "yotsé midé chemen", totalement dépourvue d'huile. À strictement parler, un tel écoulement aqueux ne fait pas partie des sept ; pris à part, il aurait le rang d'un simple jus de fruit, qui ne peut pas provoquer le hech'cher. Mais parce que des gouttelettes d'huile y sont inévitablement mêlées, selon les "divré Rabbi Chimon" il porte toujours le statut de l'huile et est machchir lekabel toum'a.

Vient alors l'avis divergent, "Rabbi Méir omer". Rabbi Méir écarte ce raisonnement et tranche plus largement : "af al pi", même dans un cas "ché'ein imo chemen", où il n'y a absolument aucune huile, le mochal compte par lui-même parmi les sept liquides et provoque le hech'cher. La halacha est conforme à Rabbi Méir.

Le sang d'un chérets

La michna se termine par une exception frappante : "dam hachérets metamé ve'eino machchir, ve'ein lanou kayotsé bo". Un chérets est l'une des créatures rampantes énumérées dans Vayikra. Son sang porte la même toum'a que sa chair, il transmet donc bien la toum'a. Pourtant il ne réalise pas le hech'cher : il ne rend pas l'aliment susceptible de recevoir la toum'a.

"Ve'ein lanou kayotsé bo", et nous n'avons rien d'autre de comparable. C'est le seul cas dans tout le système d'un liquide qui est lui-même une source de toum'a et qui néanmoins n'a pas le pouvoir de rendre un aliment susceptible de recevoir la toum'a.