Kinnim, chapitre 3, michna 4. Ce chapitre continue de traiter du kohen qui a offert des oiseaux sans avoir demandé au préalable comment il fallait les apporter. Jusqu'ici, la confusion portait sur les paires elles-mêmes : on ne savait plus quelle paire appartenait à quelle femme. Ici, la situation est autre : on sait parfaitement quelle paire est quelle, et le seul doute est interne, c'est-à-dire qu'à l'intérieur d'une même paire on ne sait pas quel oiseau est le 'hatat et quel oiseau est le ola.
La michna s'ouvre sur un titre ramassé en quatre mots : "'Hatat ve'ola, stouma oumeforéchet", un 'hatat et un ola, une paire laissée sans précision et une paire explicitée. Trois paires, soit six oiseaux en tout, se tiennent devant le kohen. Parmi ces six, une paire porte le nom de 'hatat, une deuxième porte le nom de ola, et les deux derniers n'ont jamais reçu aucun nom.
Mise en place du cas
Deux femmes se présentent devant nous, et la dette de chacune s'élève à deux paires d'oiseaux. Pour la première, un ola a déjà été apporté, de sorte qu'il lui reste à devoir un 'hatat. Pour la seconde, un 'hatat a déjà été apporté, de sorte qu'il lui reste à devoir un ola. Pour régler ce qui subsiste, elles apportent ensemble trois paires supplémentaires, désignées de la façon suivante.
- Au sujet de la première paire, elles ont déclaré explicitement : cet oiseau est un 'hatat pour l'une d'elles, et cet autre oiseau est un ola pour sa compagne.
- Au sujet de la paire suivante, elles ont précisé quel oiseau était un 'hatat et quel oiseau était un ola, mais sans jamais dire à qui appartenait cette paire.
- Au sujet de la dernière paire, elles n'ont rien dit du tout, ni l'identité des oiseaux ni l'identité de la propriétaire.
S'il les a tous offerts en haut
Le kohen n'a consulté personne. Il a accompli le service des six oiseaux au-dessus du fil écarlate qui ceinture le milieu du mizbéa'h, la hauteur qui marque un oiseau comme ola : "Assa koulan lema'alan". La règle est "me'hetsa kachér oume'hetsa passoul" : une moitié est valide et une moitié est invalide.
Sont valides les deux oiseaux qui portaient le nom de ola, car ils ont été servis à l'endroit qui leur convient. Est valide également un oiseau de la paire sans nom, car du fait d'avoir été servi en haut il acquiert l'identité d'un ola. Sont invalides les deux oiseaux qui portaient le nom de 'hatat, puisqu'un 'hatat servi au-dessus du fil est perdu, et invalide aussi l'oiseau restant de la paire sans nom : à l'instant où son compagnon est devenu le ola de la paire, celui-ci en est devenu le 'hatat, et il a été servi précisément à l'endroit qui le rend invalide.
Si tous ont été servis en bas
Supposons maintenant que tout le service ait été accompli en dessous du fil, la hauteur qui marque un oiseau comme 'hatat : "Koulan lematan", et là aussi "me'hetsa kachér oume'hetsa passoul".
Sont valides les deux oiseaux qui portaient le nom de 'hatat, et avec eux un oiseau de la paire sans nom, qui se trouve ainsi apporté comme 'hatat. Sont invalides les deux oiseaux qui portaient le nom de ola, et avec eux l'oiseau restant de la paire sans nom, devenu le ola de la paire au moment où son compagnon a été apporté en dessous du fil comme son 'hatat.
S'il les a partagés, une partie en haut et une partie en bas
Supposons à présent que trois des oiseaux aient été servis en haut et trois en bas : "'Hetsyan lema'alan ve'hetsyan lematan". La règle est que seule la paire apportée sans désignation est valide : "ein kachér ela stouma".
Pourquoi les deux paires nommées sont-elles perdues ? Chacune comportait un oiseau appelé 'hatat et un oiseau appelé ola, et il est impossible de savoir lequel des deux a été porté en haut et lequel en bas. Puisqu'il est parfaitement possible que chaque oiseau ait abouti à la hauteur qui le rend invalide, les deux paires restent dans le doute et l'on ne peut rien en compter.
La paire sans nom, en revanche, s'est réglée à la perfection. Celui de ses oiseaux qui a été servi en haut est devenu par là même le ola de la paire, et celui qui a été servi en bas en est devenu le 'hatat. C'est exactement ainsi qu'une paire apportée sans désignation doit être offerte : c'est le lieu du service qui fixe l'identité de chaque oiseau.
Le partage de la paire qui subsiste
"Vehi mit'haléket beinehem", et elle est partagée entre elles. La seule paire qui soit valide est partagée par les deux femmes, puisque toutes deux l'avaient prise en commun : un oiseau est compté pour le 'hatat que l'une devait encore, et le second oiseau est compté pour le ola que sa compagne devait encore.
À ce stade, chacune d'elles n'a couvert que la moitié de son obligation. Elles prennent donc ensemble une paire supplémentaire. On en apporte un 'hatat pour la femme dont le crédit, dans la paire précédente, était le ola, et un ola pour la femme dont le crédit y était le 'hatat. De cette manière, chacune d'elles parvient à un korban complet.