Ketoubot chapitre 13 michna 1. Ce chapitre traite de diverses controverses, dont la plupart concernent les lois des ketoubot, mais pas toutes. La michna commence en disant : "Chné dayané guézérot hayou biYérouchalayim" - deux juges qui jugeaient les affaires de gzérot, c'est à dire des décrets. La guémara explique que les décrets qu'ils rendaient étaient des amendes imposées aux voleurs. Il s'agissait de juges importants, et la michna énumère les cas dans lesquels leurs collègues se sont opposés à eux.
Les deux juges et ceux qui s'opposent à eux :
Hanan ben Avichalom - "Hanan omer chné dévarim" : il énonça deux choses, sur lesquelles s'opposèrent à lui les fils des grands prêtres.
Admon - "veAdmon omer chiv'a" : il énonça sept choses, et sur ces sept là les Sages s'opposèrent à lui.
Le premier cas - la subsistance de l'épouse de celui qui est parti outre mer :
"Mi chehalakh limdinat hayam veichto tovaat mézonot" - un mari qui est parti à l'étranger, et son épouse affirme qu'elle a besoin de subsistance et d'accès à ses biens. Le mari est absent, et elle a besoin de subvenir à ses besoins. Dans un tel cas, le tribunal descend sur ses biens et en vend une partie pour lui donner de quoi vivre.
La question qui se pose est de savoir si elle doit jurer qu'elle n'a pas perçu de subsistance et que son mari n'a pas mis de côté et ne lui a pas laissé d'argent destiné à sa subsistance. Sur cela elle doit jurer, et la question est de savoir quand elle prête ce serment.
"Hanan omer tichava bassof vélo tichava batéhila" - c'est à dire qu'elle jure à la fin, au moment où elle vient percevoir sa ketouba, et non au début, au moment où elle vient percevoir sa subsistance. Il y a pour cela deux situations :
Il s'est avéré avec certitude que le mari est mort outre mer, et elle vient maintenant percevoir sa ketouba - à ce moment là elle jure à la fin qu'elle n'a pas dissimulé d'argent.
Le mari est revenu d'outre mer et affirme : "Je t'ai bel et bien laissé de l'argent pour la subsistance" - et elle doit jurer qu'il ne lui a rien laissé.
Les fils des grands prêtres, qui formaient une sorte de tribunal de kohanim, s'opposèrent à lui : certes elle jure à la fin, quand elle vient percevoir sa ketouba, que ce soit s'il est mort ou s'il est revenu et qu'il s'est avéré qu'elle s'était trompée, mais elle doit aussi jurer au début, au moment où elle vient percevoir sa subsistance, qu'il ne lui a rien laissé. Selon eux elle jure au début et à la fin, tandis que Hanan a dit qu'elle ne jure qu'à la fin seulement.
La guémara ajoute que même lorsque le tribunal prélève sur les biens pour lui donner de la subsistance, il ne le fait qu'après trois mois à compter du moment où le mari est parti à l'étranger. La raison en est la présomption qu'une personne ne laisse pas sa maison vide, et qu'il s'y trouve au minimum une subsistance de trois mois ou de l'argent pour la subsistance. Ce n'est qu'après trois mois que l'on descend sur ses biens et que l'on commence à en vendre.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris au sujet des deux juges des décrets qui étaient à Jérusalem - Admon et Hanan ben Avichalom - et des controverses sur lesquelles on s'est opposé à eux. Dans le premier cas, nous avons traité d'une femme dont le mari est parti outre mer et qui réclame de la subsistance : selon Hanan elle jure à la fin seulement, quand elle vient percevoir sa ketouba, et selon les fils des grands prêtres elle jure au début et à la fin. Nous avons encore appris de la guémara que le tribunal ne descend sur les biens qu'après trois mois, en raison de la présomption qu'une personne ne laisse pas sa maison vide.