Pessa'him, chapitre 6, michna 3. Les korbanot peuvent être divisés en deux catégories : le korban hova et le korban nédava.
Korban hova - Un sacrifice obligatoire qu'il faut apporter dès que la cause en est apparue : un Hataat et un Acham tels que décrits, ainsi que le korban Pessa'h, etc.
Korban nédava - Un sacrifice facultatif (don volontaire), qui existe en deux types : la Ola et le Chélamim. Une personne peut apporter une Ola ou un Chélamim dix fois par jour, autant de fois qu'elle le désire. C'est totalement facultatif.
Dans la première michna du chapitre, nous nous sommes penchés sur la question : quel est le statut d'un Acham talouy qui a été consacré, si après cette consécration la personne découvre qu'elle n'a pas besoin de l'apporter, car elle sait désormais avec certitude si elle a commis la faute ou non ? L'opinion de Rabbi Eliézer y était Yikrav - il l'apportera de toute façon, chéim eino ba al het zé, haréi hou ba al het a'her - car s'il ne vient pas pour cette faute-ci, il viendra pour une autre faute : bien qu'il ne soit plus nécessaire pour la faute spécifique dont les faits ont été clarifiés, il vient pour une autre faute.
Trois opinions sur la définition du Acham talouy :
L'opinion de Rabbi Eliézer : Le Acham talouy est un korban nédava à part entière. Par conséquent, on peut l'apporter autant qu'on le souhaite et à n'importe quelle fréquence, pour expier toute faute que l'on aurait peut-être commise.
L'opinion des Sages, et c'est la Halakha : Le Acham talouy est un korban hova comme tous les korbanot hova, comme un Acham ordinaire et comme un Hataat. On ne l'apporte pas simplement parce qu'on le désire, mais uniquement lorsqu'une obligation halakhique s'impose, et sinon on ne l'apporte pas.
L'opinion intermédiaire : Le korban est apporté en tant que nédava, mais à condition qu'il y ait un doute raisonnable quant à la nécessité de l'apporter pour expier une faute à son passif. S'il est presque certain qu'il n'a pas de faute, il ne peut pas l'apporter. Il s'avère donc qu'il est apporté en nédava, mais avec certaines limites : le lendemain de Yom Kippour, on ne l'apportera pas, car on vient tout juste d'être expié ; de même, on n'apportera pas plus d'un korban par jour, car il n'est pas raisonnable de penser avoir commis une nouvelle faute cinq minutes après avoir apporté le Acham talouy précédent.
Texte de la Michna :
Rabbi Eliézer omér, mitnadév adam acham talouy békhol yom ouvekhol chaah chéyirtsé - Un homme peut offrir de son plein gré un Acham talouy chaque jour, c'est-à-dire tout jour où l'on peut offrir des sacrifices individuels, à l'exclusion des Chabbatot et des fêtes. Ouvekhol chaah chéyirtsé - Même tout au long de la journée, et même dix fois par jour, car selon son opinion, c'est un nédava absolu, sans aucune différence avec la Ola et le Chélamim.
Vénikra acham hassidim - Ces sacrifices supplémentaires de Acham talouy, apportés en nédava, sont appelés "Acham des pieux" (hassidim). Un hassid est celui qui va au-delà de la stricte ligne de la loi (lifnim michourat hadin), et cet homme n'est pas tenu par la stricte loi d'apporter un Acham, mais par crainte d'une faute quelconque, il apporte un Acham talouy supplémentaire par mesure de sécurité.
Amérou alav al Bava ben Bouta - On a dit à propos du Tanna Bava ben Bouta, chéhayah mitnadév acham talouy békhol yom - qu'il apportait volontairement un Acham talouy chaque jour, houts méa'har Yom Hakippourim yom é'had - à l'exception du jour suivant immédiatement Yom Kippour, car ce jour-là il venait tout juste d'obtenir l'expiation par Yom Kippour, et n'avait donc pas besoin de l'apporter.
Et Bava ben Bouta disait : Hamaon hazé - Par ce Temple (une formule de serment), ilou hayou mani'hin li, hayiti mévi - si les Sages en charge de l'apport des sacrifices au Temple me laissaient faire, je l'apporterais même le jour suivant Yom Kippour, car son opinion rejoint celle de Rabbi Eliézer selon laquelle c'est une nédava absolue : on peut l'apporter quand on veut et autant qu'on veut, sans nécessiter un doute raisonnable et spécifique concernant une faute donnée, mais uniquement par simple mesure de sécurité.
Éla omrim li, hamtén ad chétikanés lèsafék - Les Sages en charge lui disaient qu'il n'avait pas le droit de l'apporter tous les jours ni à toute heure de la journée, ni le lendemain de Yom Kippour. Il pouvait l'apporter une fois par jour s'il le désirait, au cas où il aurait commis une faute - jusqu'à ce point on l'autorise, car c'est une nédava dans ces limites ; mais pas le lendemain de Yom Kippour, car il n'est pas raisonnable qu'il ait besoin d'une expiation le jour qui suit Yom Kippour.
Va'hakhamim omrim, ein méviin acham talouy éla al davar chézedono karet véchiggato hataat - On n'apporte un Acham talouy que si l'on a commis un acte pour lequel, si on l'avait commis de façon certaine, on aurait été obligé d'apporter un korban Hataat : une chose pour laquelle celui qui la fait intentionnellement (bémezid) est passible de retranchement (karet), et par inadvertance (béchogég) apporte un Hataat, alors qu'ici il ne sait même pas s'il l'a fait, comme décrit ailleurs dans le chapitre. Et la Halakha, comme mentionné, suit l'opinion des Sages.
En résumé : Dans cette michna, les Tannaïm ont débattu sur la définition du Acham talouy, à savoir s'il s'agit d'un korban nédava ou d'un korban hova. Selon Rabbi Eliézer, c'est une nédava absolue, et une personne peut l'offrir volontairement chaque jour et à toute heure, et on l'appelle Acham hassidim. Bava ben Bouta agissait ainsi tous les jours, sauf le lendemain de Yom Kippour, et il disait que si on le laissait faire, il l'aurait apporté même à ce moment-là, mais on lui répondait : "Attends d'entrer dans une situation de doute". Selon l'opinion des Sages, qui est la Halakha, on n'apporte un Acham talouy que pour une chose dont la transgression intentionnelle est passible de karet et dont l'inadvertance nécessite un Hataat.