Keilim, chapitre 24, michna 15. Ce chapitre passe en revue un objet après l'autre, et pour chacun la michna établit une division en trois, en donnant une règle distincte à chaque variante. Une variante est susceptible de recevoir la toumat midras (la toumah transmise par un zav et ceux qui lui sont semblables lorsqu'ils appuient leur poids sur un objet conçu pour s'asseoir, s'allonger ou s'accouder). Une deuxième variante échappe au midras mais garde le statut d'ustensile et peut donc contracter les autres formes de toumah, dont la toumah du mort. Une troisième variante n'est absolument pas un ustensile et demeure tahor quoi qu'elle touche. Dans notre michna, cette même division s'applique aux protections de cuir pour les mains.
Les premiers mots sont "Cheloch perakelinin hen" : le gant de cuir appelé perakelin existe en trois formes, et ce qui détermine la halakhah de chacune, c'est le métier pour lequel il a été fabriqué.
Le gant du chasseur
"Chel tsayadei ḥayah va'of, tamé midras" : le gant que portent ceux qui capturent bêtes et oiseaux est susceptible de recevoir la toumat midras. La michna vise ici l'épais gantelet de cuir que l'on porte pour chasser avec un rapace dressé, lequel se perche sur la main ainsi protégée. Comme cette chasse se pratique dans les collines et sur un terrain accidenté, le chasseur appuie sans cesse cette main gantée contre la roche et le sol pour se caler et se hisser. Le gant est donc conçu pour supporter le poids d'un homme qui s'y appuie, et tout ce qui est fait pour soutenir une personne de cette manière relève des lois du midras.
Le gant du ramasseur de sauterelles
"Chel ḥagavin, tamé toumat met" : le gant de celui qui récolte les sauterelles est susceptible de recevoir la toumah du mort. Il a l'habitude de jeter dans son gant les sauterelles qu'il attrape, ce qui fait que le gant sert aussi de récipient, et tout ce qui contient quelque chose est un keli à part entière, capable de contracter la toumah. Le midras, en revanche, n'a pas sa place ici, puisque personne ne s'y repose ni n'y appuie son poids : il n'a jamais été conçu pour porter le poids d'un corps.
Le gant du sécheur de fruits
"Vechel kayatsin, tahor miklum" : le gant de l'ouvrier qui fait sécher les fruits reste tahor de toute toumah. Son unique rôle est d'éviter que ses mains ne se salissent pendant qu'il manipule les fruits. Protéger les mains de la saleté ne constitue pas un usage qui confère à un objet le statut de keli, et là où il n'y a pas de keli, il n'y a rien sur quoi la toumah puisse prendre prise.
Nous avons donc trois gants et trois verdicts : le gant conçu pour qu'on s'y appuie est soumis au midras, le gant qui sert aussi de récipient est soumis à la toumah du mort, et le gant qui ne fait rien de plus que garder les mains propres reste entièrement tahor.