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Keilim, Chapitre 24, Mishnah 9 : Les trois sortes de paniers à fumier

Keilim, chapitre 24, Mishnah 9. Cette mishnah appartient à la série des enseignements qui s'ouvrent par les mots "il y en a trois" : un même type d'ustensile est présenté sous trois versions différentes, et chaque version reçoit une halakhah distincte dans les lois de toumah. Il s'agit ici du récipient dont se servaient les ouvriers pour transporter le fumier et la paille.

La Mishnah commence par les mots "Shalosh mashpelot hen" : le panier de transport existe en trois variétés. Chacune des trois était fabriquée dans une matière différente et servait à un usage quelque peu différent, et ce sont précisément ces distinctions qui déterminent quelles catégories de toumah peuvent la saisir.

Le panier à fumier

"Shel zevel, temeiah midras" : le panier dans lequel on transporte le fumier pour fertiliser les champs est susceptible de recevoir la toumat midras. Cette catégorie s'attache à tout objet destiné à ce qu'une personne s'y assoie ou s'y appuie, et ce panier correspond bien à cette description : les ouvriers, lorsqu'ils interrompaient leur travail, le retournaient et s'en servaient comme tabouret. Puisqu'il remplit une fonction de siège, le midras s'y applique.

Le panier à paille

"Shel teven, temeiah toumat met" : au sujet du panier dans lequel on transporte la paille, la Mishnah enseigne que la toumah d'un cadavre peut s'y attacher. C'est un véritable récipient, il a donc le statut halakhique d'un keli, et aucun keli n'échappe à la toumat met. Le midras, en revanche, ne s'y applique pas, pour une raison simple : on ne s'y assoit jamais et on ne s'y appuie jamais. Son tressage est fait de fines lamelles de bois, et quiconque s'y installerait l'écraserait ; un objet incapable de supporter le poids d'une personne n'a manifestement jamais été destiné à servir de siège.

Le filet des chameaux

Le troisième objet est présenté par les mots "vehapouklatz shel guemalim, tehorah mikeloum". Ce pouklatz est une sorte de résille tressée avec des cordes, utilisée lorsque les marchandises voyageaient à dos de chameau : on la tendait et on l'attachait par dessus les ballots afin que rien ne se détache et ne tombe en route. À son sujet, la Mishnah enseigne qu'aucune sorte de toumah ne l'atteint. La toumah d'un keli ne s'y applique pas, car les mailles du filet sont si larges qu'un tel filet ne contient rien et ne constitue donc pas un récipient. Le midras ne s'y applique pas davantage : il n'est composé que de cordes, et des cordes font un siège inconfortable, si bien que personne ne l'a jamais destiné à s'y asseoir.

Trois paniers qui servent au même usage général, et trois halakhot différentes : l'un porte toute la rigueur du midras, l'autre est un keli pour la seule toumat met, et le troisième se situe entièrement hors des lois de toumah. Les facteurs déterminants sont la manière dont l'ustensile est fabriqué et l'usage que les gens en font réellement.