Keilim, chapitre 16, michna 8. Notre michna passe en revue une longue liste d'étuis, de fourreaux et de housses faits de bois ou de cuir, et demande pour chacun s'il s'agit d'un keli susceptible de contracter la toum'a. La distinction qui traverse toute la michna est simple, et elle est énoncée à la fin : un objet conçu pour contenir quelque chose à l'intérieur est un réceptacle et devient donc apte à la toum'a, tandis qu'un objet conçu seulement pour recouvrir quelque chose n'est pas un réceptacle du tout et reste tahor.
La liste commence par les armes et les outils de métier. « Tik hasayif vehasakin vehapigyon » : chacune de ces lames possédait son fourreau de cuir, l'épée, le couteau, et le pigyon, un poignard aiguisé sur ses deux tranchants. « Tik misporet oumisparayim vehata'ar » : voici les étuis d'instruments de métal servant à couper, la misporet, une pince ; misparayim, des ciseaux ; le ta'ar, un rasoir.
La michna passe ensuite à des objets personnels plus petits. « Tik mikhol ouvet hakekhol » : l'étui étroit qui contient le mikhol, l'applicateur utilisé pour farder les yeux, un peu comme une brosse à mascara, et le récipient du kekhol lui-même, dans lequel on conservait la poudre cosmétique. « Tik makhtev » : le petit étui de cuir d'un stylet servant à écrire. « Veterountek » : un étui divisé en de nombreux compartiments, capable de contenir en même temps tout un assortiment d'objets différents.
« Tik tavla veskourteya » : la tavla était une tablette à écrire en métal et la skourteya un panneau de bois sur lequel on traçait des tableaux et des colonnes, et chacune d'elles avait son étui de cuir fait sur mesure. « Bet ha'hitzim, bet hapagochot » : le premier portait des flèches ordinaires, tandis que le second était fait pour des flèches dont la pointe était large.
De tous ces objets la michna conclut : « harei elou teme'in », ils sont tous susceptibles de contracter la toum'a. La raison est la même partout. Chacun d'eux possède une véritable cavité dans laquelle son contenu est déposé, donc chacun d'eux est un réceptacle, et un réceptacle est un keli.
Quand l'ouverture détermine la halakha
La michna présente ensuite un objet dont le statut change selon sa conception. « Tik simponya » : la simponya était un instrument de musique, et il s'agit ici de son étui. « Bizman chehou noten milema'la, tamé » : si l'on introduit l'instrument par une ouverture située en haut, l'étui reçoit bien la toum'a, puisque la simponya descend dans un espace creux et que l'étui fonctionne alors comme un réceptacle.
« Missido, tahor » : mais si l'instrument se glisse par une ouverture pratiquée sur le côté, l'étui est tahor. Dans cette construction, l'étui ne fonctionne pas comme un ustensile qui contient, il fonctionne comme un fourreau qui enveloppe l'instrument, et une enveloppe n'est pas un réceptacle.
« Tik 'halilin » : un étui pour des 'halilin, des flûtes. À son sujet, il est dit : « Rabbi Yehouda metaher mipné chehou notno missido. » Rabbi Yehouda le déclare tahor, puisque la flûte y entre par le côté. Chargé latéralement et non par le haut, l'étui enveloppe la flûte comme un fourreau au lieu de la contenir comme un ustensile, et la toum'a ne le saisit donc pas.
Les housses d'armes
« 'Hipouy ha'ala, hakechet veharoma'h » : la housse d'une ala, une arme en forme de massue surmontée d'une boule garnie de pointes, la housse d'un arc, et la housse d'une lance. « Harei elou tehorin », toutes celles-ci sont tehorot. Chacune d'elles s'ajuste sur l'arme pour la protéger, et aucune ne sert d'étui contenant quelque chose dans une cavité.
La règle générale
La michna se conclut en formulant le principe qui sous-tend chaque décision de la liste : « Zé haklal : he'assouy letik tamé, le'hipouy tahor. » Tout ce qui est fait pour servir de tik, un étui dans lequel un objet est déposé et maintenu, est susceptible de contracter la toum'a, parce qu'il a le statut de réceptacle. Tout ce qui est fait seulement comme 'hipouy, une housse posée sur un objet pour le protéger, reste tahor, parce qu'il ne devient jamais un réceptacle.