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Keilim, chapitre 13, Mishna 8 : les dents cassées d'un peigne à lin et d'un peigne à laine

Keilim, chapitre 13, Mishna 8. Il s'agit ici d'un peigne, celui dont on se sert pour démêler les fibres du lin et de la laine. Son manche est en bois, et pourtant le peigne est classé comme keli de métal, parce qu'une partie de ses dents est en métal. Cette classification est lourde de conséquences, car un keli de métal est susceptible de recevoir la tumah même lorsqu'il est entièrement plat et ne comporte aucun réceptacle. La Mishna examine maintenant ce que devient un tel peigne lorsqu'une partie de ses dents a disparu, et ce que deviennent ces dents elles-mêmes une fois détachées.

Le peigne à lin

Premier cas, le peigne à lin : « Masrek chel pichtan ». Supposons que ses dents de métal aient été arrachées, « chenitlou chinav », au point qu'il n'en reste que deux, « venichtayer bo chtayim ». La décision est « tamei » : le peigne demeure susceptible de recevoir la tumah. Deux dents suffisent pour effectuer le peignage, et un ustensile qui remplit encore sa fonction n'a rien perdu de son identité de keli.

« Ve'a'hat, tahor. » Mais s'il ne reste qu'une seule dent de métal, le peigne ne peut plus du tout servir à peigner ; il ne compte donc plus comme keli et ne peut pas recevoir la tumah.

L'attention se déplace à présent du peigne vers les dents qui s'en sont détachées. « Ve'houlan », toutes, « a'hat a'hat bifnei atzman », considérées une à une séparément, sont « temeot ». Même lorsqu'il ne reste plus une seule dent dans le manche, chacune d'elles peut recevoir la tumah, car une dent isolée de peigne à lin sert de stylet avec lequel on trace des lettres dans la cire d'une tablette à écrire. Ayant une fonction propre, la dent détachée constitue un keli indépendant.

Le peigne à laine

Passons au peigne à laine : « Vechel tzemer chenitlou chinav », un peigne à laine dont on a retiré des dents, « a'hat mibeintayim », une enlevée, la suivante laissée, en alternance sur toute la rangée. Un tel peigne est « tahor ». Ainsi espacées, les dents ne peuvent plus accomplir le peignage, et un ustensile incapable de remplir sa fonction n'est pas un keli.

La Mishna poursuit : « Nichtayer bo chaloch », il en reste trois, « bimkom e'had », toutes au même endroit, l'une à côté de l'autre. Le peigne est alors « tamei ». Un groupe de trois dents voisines suffit pour que le peignage se fasse, et puisque le peigne fonctionne encore, son statut de keli reste intact.

« Hayeta ha'hitzona a'hat mehen, tahor. » Si l'une de ces trois dents est celle qui se trouve tout au bord, la décision est qu'il est tahor. Cette dent extérieure est plus épaisse que ses voisines et ne participe pas au peignage lui-même ; elle ne peut donc pas être comptée parmi les trois nécessaires pour que l'ustensile reste en état de servir.

Réutiliser les dents détachées

« Nitlou mimenou chtayim va'assa'an lemalketet, temeot. » Si deux dents ont été retirées d'un peigne à laine et que leur propriétaire en a fait une pince à épiler, elles sont susceptibles de recevoir la tumah, car il les a transformées en outil fonctionnel. Notons la différence avec le peigne à lin : les dents d'un peigne à laine sont trop fines pour servir de stylet, mais elles ont d'autres usages, et dès qu'on les emploie ainsi, elles sont des keilim.

Enfin, le cas d'une seule dent : « A'hat vehitkina », une dent s'est détachée et son propriétaire l'a aménagée, « lener o lemitoua'h », pour l'entretien d'une lampe ou pour tendre un tissu. Le verdict est « temea ». Ayant été adaptée à une tâche, cette dent unique est désormais un instrument fonctionnel et peut recevoir la tumah.

Le fil conducteur de toute la Mishna est un seul principe : la susceptibilité à la tumah suit l'utilité. Tant qu'il reste assez de dents pour que le peigne peigne, c'est un keli ; lorsque les dents restantes ne peuvent plus faire le travail, il est tahor. Et un fragment brisé qui possède un usage propre, que ce soit naturellement, comme la dent du peigne à lin qui écrit sur la cire, ou par l'intention de son propriétaire, comme la pince à épiler, le nettoyeur de lampe et le tendeur de tissu, n'est pas un simple bout de ferraille mais un keli de plein droit.