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Keilim, chapitre 11, michna 8 : l'armure, les armes et les bijoux féminins

Keilim, chapitre 11, michna 8. Ce chapitre traite des kelim faits de métal et des conditions dans lesquelles ils peuvent recevoir la toum'a. Notre michna applique ces règles à deux mondes très différents : l'équipement du soldat sur le champ de bataille, et les bijoux que portent les femmes.

Le casque et ses couvre-joues

La michna commence par le casque de métal que l'on porte à la guerre. « Hakasda temé'a » : le casque peut devenir tamé, car c'est un keli doté d'une identité propre, un objet reconnu qui porte son propre nom.

« Vehale'hayayim tehorim » : les couvre-joues fixés au casque, ces plaques de métal qui protègent les joues du soldat, sont tahor. Ils n'ont aucune identité indépendante. On ne les porte jamais seuls, uniquement comme partie du casque, et personne ne pourrait s'en servir séparément. Étant entièrement subordonnés au casque, ils ne comptent pas comme des kelim à part entière et ne peuvent donc pas recevoir la toum'a séparément.

« Im yech bahen beit kiboul mayim, temé'im » : si ces couvre-joues sont façonnés de manière à pouvoir contenir de l'eau, ils deviennent alors susceptibles de recevoir la toum'a. Sur le champ de bataille, les soldats s'en servaient parfois pour boire. Nous apprenons ici un principe important : même un objet qui n'a pas de nom propre, qui n'est défini que comme partie d'un autre keli, devient un keli à part entière dès lors qu'il possède un réceptacle. Les 'Hakhamim enseignent que la capacité de contenir en fait un ustensile autonome, et dès lors il peut devenir tamé par lui-même.

Le reste de l'équipement du soldat

« Kol kelei hamil'hama temé'im » : tous les instruments de guerre sont susceptibles de recevoir la toum'a. La michna les énumère.

  • « Ha'hidon » : une lance du type que portent les rois et les officiers de l'armée. Elle peut devenir tamé.
  • « Hanikon » : la pointe de la lance, la tête de métal aiguisée que l'on fixe sur le manche de bois.
  • « Vehamagafayim » : des protections de métal pour les jambes.
  • « Vehachiryon » : une cuirasse faite d'anneaux de métal entrelacés les uns dans les autres, que l'on porte pour que la lame d'une épée n'atteigne pas la chair.

Tous ces objets sont temé'im. Ils sont en métal, et chacun d'eux est un objet reconnu portant un nom propre : chacun est donc un keli capable de recevoir la toum'a.

Les parures sont également des kelim

Ce ne sont pas seulement les objets qui remplissent une fonction pratique qui peuvent devenir tamé. Les objets purement décoratifs le peuvent tout autant. « Kol ta'hchitei nachim temé'im » : tous les types de bijoux féminins peuvent devenir tamé. La michna donne des exemples :

  • « Ir chel zahav » : littéralement une ville d'or, une parure façonnée à l'image de Yeroushalayim. Elle revient souvent dans les halakhot de Chabbat.
  • « Katlaot » : des colliers ajustés qui reposent contre la gorge.
  • « Nezamim » : des anneaux portés à l'oreille.
  • « Veta'baot » : des anneaux portés aux doigts.

Chacun de ces objets est soumis à la toum'a. Au sujet de la bague, la michna ajoute une précision : cela ne change rien qu'il y ait « bein cheyech la 'hotam », que la bague porte un sceau, « ouvein che'ein la 'hotam », ou qu'elle n'en porte pas. Un 'hotam, ce sont des lettres gravées sur la face de la bague, que l'on imprime dans la cire ou l'argile pour servir de signature. Avec sceau ou sans sceau, l'objet reste un anneau de métal, et un anneau de métal est un keli capable de recevoir la toum'a.

« Nizmei ha'af » : un anneau de nez peut lui aussi devenir tamé.

Un collier ras du cou qui s'est défait

La michna aborde maintenant le cas d'un collier qui s'est défait. « Katla che'houlyoteha chel matakhot » : un collier ras du cou dont les maillons sont de métal, enfilés sur un fil de lin ou de laine. « Nifsak ha'hout » : le fil s'est rompu. Dans ce cas, « ha'houlyot temé'ot », les maillons de métal restent soumis à la toum'a, « chekol a'hat vea'hat keli bifnei atzma », car chaque maillon constitue un ustensile à lui seul : on peut l'enfiler sur un autre collier et l'y utiliser. Chaque maillon est donc susceptible de recevoir la toum'a de manière indépendante.

Le cas inverse : « 'Hout chel matakhot ve'houlyot chel avanim tovot oumargaliyot ouchel zekhoukhit » : un collier dont le cordon est de métal, avec des perles de pierres précieuses, des perles fines ou des perles de verre. Ces perles, prises séparément, ne sont absolument pas soumises à la toum'a. De telles pierres ne reçoivent jamais la toum'a, et le verre ne la reçoit que s'il forme un réceptacle. Pourtant, dès qu'elles sont enfilées sur le cordon de métal, elles peuvent devenir tamé, car elles font désormais partie du collier entier, et le collier, comme objet unique, est susceptible de recevoir la toum'a.

La michna poursuit : « Nichtabrou ha'houlyot », les pierres et les perles se sont détachées, « veha'hout bifnei atzmo kayam », tandis que le fil de métal reste intact à lui seul. La règle est « tamé ». Le fil est de métal, et même dépouillé de ses pierres il compte toujours comme un keli autonome, car il peut servir de collier par lui-même.

Ce qui reste du collier

Le dernier cas est celui d'un fil de métal sur lequel étaient enfilées des pierres précieuses, des perles fines et des perles de verre, le fil s'étant rompu mais un certain nombre de maillons y demeurant, ce qui laisse un collier plus court que l'original. « Chiyarei katla » : ce qui subsiste du collier rompu reste soumis à la toum'a, « kimlo tzavar ketana », à condition qu'il soit assez long pour entourer la gorge d'une petite fille. Il n'a pas cessé d'être un collier ; il est simplement plus petit.

« Rabbi Eliézer omer, afilou ta'baat a'hat, temé'a » : selon Rabbi Eliézer, même un seul maillon restant est susceptible de recevoir la toum'a, « chekhen tolin batzavar », car il était courant de suspendre un unique maillon autour de la gorge. Cela faisait un joli effet, et une femme portait volontiers un collier ne comportant qu'une seule pierre. Pour Rabbi Eliézer, donc, dès lors qu'un seul maillon du collier porte encore sa pierre, l'objet peut être porté, il compte comme une parure, et la toum'a peut le saisir.