Keilim, chapitre 3, michna 7. Tout ce chapitre s'est penché sur une même question : à partir de quand un ustensile en terre cuite cesse-t-il d'être un ustensile, et à quel degré de dégradation ne peut-il plus recevoir la toum'a ? Notre michna aborde un sujet voisin : lorsqu'un keli est conçu pour être utilisé avec un revêtement, ce revêtement est-il considéré comme faisant partie du keli lui-même ? Tout dépendra de la matière du revêtement et de l'usage auquel le keli est destiné.
Une bouilloire recouverte d'un enduit
La michna commence : "meiham chetipelo behomer ouveharsit", une bouilloire que l'on a enduite d'argile épaisse et de tessons pilés. Deux matières différentes ont été appliquées sur l'extérieur de cette bouilloire. L'argile épaisse adhère solidement et tient en place. La poudre de tessons, elle, ne se lie pas de la même façon : elle reste posée sans prise et finit par s'écailler.
Voici maintenant que la bouilloire elle-même a contracté la toum'a. La michna tranche : "hanoguéa bahomer, tamé", un aliment ou un liquide qui entre en contact avec l'enduit d'argile devient tamé, car un revêtement qui tient fermement est considéré comme partie intégrante de la bouilloire. Toucher le revêtement, c'est toucher le keli. Mais "ouveharsit, tahor", ce qui touche la poudre de tessons demeure tahor, puisqu'un revêtement qui n'adhère pas et qui est voué à tomber n'est jamais devenu partie du keli.
Le principe est simple. Le homer, cette argile épaisse qui reste en place, se joint à l'ustensile et partage son statut. Le harsit, la poudre de tessons qui ne tiendra pas, reste une substance à part, et il demeure donc tahor même lorsque la bouilloire qu'il recouvre est tamé.
Réparations et ustensiles faits d'une matière inadaptée à leur usage
La michna passe à présent aux ustensiles rafistolés avec une matière impropre à leur fonction, puis aux ustensiles entièrement fabriqués dans une telle matière.
La michna traite d'abord d'une réparation effectuée avec une substance inadéquate. Elle parle d'un "koumkoum", une cruche dans laquelle on fait chauffer de l'eau, qui s'est percée : "chénikav", et le trou était assez large pour laisser l'eau s'écouler, ce qui suffit à rendre la cruche inapte au service et donc tahor. Son propriétaire a alors bouché l'ouverture avec de la poix, "vé'assa'o bazéfèt". La décision suit : "Rabbi Yossé metaher". Et la raison pour laquelle il la maintient tahor est "ché'eino yahol lekabel dehamin", elle n'a pas la capacité de contenir du liquide chaud, "ketsonin", comme elle contient du liquide froid. La poix cède et coule dès que la chaleur l'atteint : dans un récipient dont toute la raison d'être est de faire bouillir de l'eau, une telle obturation ne sert à rien. La cruche reste endommagée et incomplète, et un keli dans cet état n'est pas susceptible de recevoir la toum'a.
Rabbi Yossé prolonge le même raisonnement : "vehein haya omer", et telle était aussi sa décision au sujet des "kelei zéfèt", les récipients façonnés entièrement dans de la poix. De tels récipients sont incapables de contenir quoi que ce soit de chaud, et cette capacité appartient à la définition même de ce qu'un récipient de ce genre est censé faire. Même lorsque celui que nous avons devant nous a été fabriqué uniquement pour des liquides froids, Rabbi Yossé refuse de lui accorder le statut de keli, et il maintient cette décision pour les récipients de poix de toute espèce.
Ustensiles de cuivre doublés de poix
"Kelei nehochet chezifatan", des récipients de cuivre auxquels on a donné un revêtement intérieur protecteur de poix, et qui sont ensuite devenus tamé : "tehorin", les aliments et les liquides qui rencontrent ce revêtement restent tahor. Le service ordinaire d'un récipient de cuivre se fait au-dessus du feu, et la poix ne supporte pas le feu. Une couche qui ne vaut rien pour le travail auquel le récipient est destiné n'est pas comptée comme faisant partie de lui, et elle n'absorbe donc pas la toum'a du récipient.
La michna établit ensuite une distinction : "vé'im léyayin", si ce récipient de cuivre a été réservé à la conservation du vin et enduit de poix à l'intérieur, alors "temé'in" : le contact avec ce revêtement transmet la toum'a. Ici, la poix a été appliquée intentionnellement et répond à un besoin réel, en empêchant le vin de prendre le goût du cuivre. Un revêtement dont l'existence même sert à protéger et à améliorer le goût de ce que le récipient contient ne fait qu'un avec le keli, et il reçoit la toum'a avec lui.
Ainsi une seule et même substance, la poix, peut n'être rien du tout ou bien faire partie du keli. Placée là où la chaleur la détruira, on n'en tient aucun compte. Placée là où elle sert véritablement la fonction de l'ustensile, elle ne fait plus qu'un avec lui.