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Keilim, chapitre 20, Michna 6 : quand un drap devient un rideau

Keilim, chapitre 20, michna 6. Cette michna traite du cas d'un drap de lit. Un drap est normalement destiné à ce que l'on s'y allonge, et un objet fabriqué pour s'y coucher, s'y asseoir ou s'y appuyer est sujet à la toum'at midras, la toum'a transmise par un zav ou par d'autres personnes de cette catégorie lorsqu'elles y appuient leur poids. Notre michna demande ce qu'il advient lorsque le propriétaire prend un tel drap et le réaffecte à un usage entièrement différent.

La michna énonce : « sadin chehou tamé midras va'assao vilon ». Un drap qui était apte à recevoir la toum'at midras, et dont le propriétaire a fait un rideau destiné à être suspendu quelque part, « tahor min hamidras, aval tamé toum'at met ». Il est désormais pur de la midras, puisque plus personne ne s'y allonge : sa fonction a changé. Mais il peut encore contracter la toum'a d'un cadavre, car il n'a pas cessé d'être un kéli. Ce n'est plus un drap au service d'un lit, mais c'est un rideau au service d'un usage, et un rideau est un type d'ustensile qui reçoit la toum'a. C'était un kéli fonctionnel avant le changement, et il demeure un kéli fonctionnel après.

À partir de quel moment le changement prend-il effet ?

La michna soulève alors une question supplémentaire : « Mé'éimataï hi taharato ? » À quel stade le drap perd-il effectivement son statut d'objet susceptible de recevoir la midras ?

« Beit Chammaï omrim, michéitaper. » Beit Chammaï estiment que le tournant se situe au moment où le drap est coupé à la dimension requise pour un rideau. On y fixe également des attaches afin de pouvoir le suspendre dans une entrée, comme il convient à un rideau. Dès lors que le drap a été matériellement transformé de literie en rideau, à partir de cet instant il n'est plus sujet à la toum'at midras.

« Beit Hillel omrim, michéyikacher. » Beit Hillel disent qu'il n'est pas nécessaire de le couper aux bonnes dimensions. Il suffit que les attaches y soient nouées de sorte qu'on puisse le suspendre. Même si le drap conserve exactement la taille qu'il avait, la fixation des attaches montre qu'il porte désormais une autre destination.

« Rabbi Akiva omer, michéyikava. » Selon Rabbi Akiva, le moment décisif est celui où le propriétaire installe le drap à l'endroit où il entend que son rideau serve, même s'il ne l'a ni coupé ni muni d'attaches. C'est la plus indulgente des trois positions : le suspendre à sa place suffit. L'objet lui-même n'a besoin de subir aucune modification, ni découpe ni attaches, et malgré cela sa susceptibilité à la toum'at midras disparaît.