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Kelim, chapitre 15, Mishna 5 : les pelles en bois qui contiennent et celles qui rassemblent

Kelim, chapitre 15, Mishna 5. Cette mishna passe aux pelles faites de bois, et elle pose à propos de chacune une question toute simple : cette pelle devient-elle tamé ou non ? Certaines de ces pelles servaient à vanner, c'est-à-dire à séparer les fèves concassées de leurs enveloppes. L'ouvrier déposait les fèves non traitées dans le creux de la pelle et les lançait vers le haut. La partie légère et inutile de la récolte était emportée par le vent, tandis que les grains et les fèves, plus lourds, retombaient dans le creux. Notre mishna énumère plusieurs sortes de pelles en bois et détermine le statut de toum'a de chacune.

La liste s'ouvre par « Ra'hat chel garossot temeah » : la pelle des ouvriers qui broient les fèves peut contracter la toum'a. Dans leur métier, le creux de la pelle accomplit un véritable travail de réception, puisqu'ils y chargent les fèves avant de les verser dans le moulin. Comme la cavité sert effectivement à contenir la récolte, la pelle a le statut d'un ustensile de bois pourvu d'un réceptacle, et tout ustensile de bois construit de cette façon est susceptible de devenir tamé.

« Chel otsarot tehora ». Une pelle conservée dans un grenier reste pure. Sa fonction est d'un tout autre ordre : le grain est étalé sur le sol, et l'ouvrier tire la pelle pour ramener les grains en un seul tas. Il pousse le grain, il ne le transporte pas. La cavité pourrait certainement contenir de la récolte, mais contenir n'est pas la finalité pour laquelle cette pelle existe, si bien que la toum'a n'a jamais prise sur elle.

« Chel guitot temeah ». La pelle du pressoir à vin peut recevoir la toum'a. L'ouvrier s'en sert pour évacuer les peaux et les pépins des raisins, et dans cette tâche le creux agit véritablement comme un récipient : il rassemble ces résidus pour qu'on puisse les sortir du pressoir. Puisque la cavité sert précisément à recevoir, exactement comme prévu, cette pelle est susceptible de toum'a.

« Chel guéranot tehora ». Une pelle utilisée sur l'aire de battage reste pure. Le travail est ici encore un travail de rassemblement : le grain éparpillé est poussé jusqu'à former un seul tas. Le creux n'est jamais mis à contribution comme réceptacle, et donc aucune toum'a ne s'y attache, tout comme pour la pelle du grenier. Grenier et aire de battage sont deux lieux distincts, mais pour cette halakha le mode d'utilisation est identique dans les deux cas : rien n'est jamais contenu dans la cavité, et là où il n'y a pas de réception, il n'y a pas de toum'a.

La mishna énonce à présent la règle qui tranche chacun de ces cas : « Zé haklal », voici le principe général, « hé'assouï lekabbala tamé, le'hinous tahor » : ce qui est fabriqué en vue de recevoir est susceptible de toum'a, tandis que ce qui est fabriqué en vue de rassembler demeure pur. Une pelle conçue pour contenir de la récolte peut devenir tamé ; une pelle conçue seulement pour déplacer la récolte d'un endroit à un autre reste tehora, malgré une cavité parfaitement apte à contenir des choses. Le facteur déterminant n'est pas ce que la pelle est capable de faire, mais la finalité pour laquelle elle a été faite.