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Keilim, chapitre 9, Mishna 5 : liquides absorbés et four chauffé

Keilim, chapitre 9, Mishna 5. Notre chapitre traite du four en terre cuite, le tanour, et de la toum'a qui pénètre dans son espace intérieur. Cette mishna ajoute une nouvelle série de cas : des objets qui ont absorbé en eux-mêmes des liquides tamé. Tant que le liquide reste enfermé à l'intérieur de l'objet, il n'est jamais vraiment entré dans l'espace intérieur du four ; seule la chaleur l'en fait sortir. La mishna nous enseigne donc que le statut du four dépend de la question de savoir s'il a été chauffé ou non.

Un tesson qui a absorbé un liquide tamé

La mishna commence ainsi : « Harassim chenichtamechou bahen machkin temé'in venafelou laavir hatanour, houssak hatanour, tamé. » Des tessons de terre cuite ont servi de récipients pour des liquides porteurs de toum'a, par exemple une sécrétion corporelle qui est une source de toum'a, et ce liquide a été absorbé par l'argile. On essuie la surface et rien d'impur ne se voit ; le liquide, pourtant, est logé dans la matière même. L'un de ces tessons tombe maintenant dans l'espace creux d'un tanour qui était jusqu'ici tahor. Si le four est alors chauffé, il contracte la toum'a.

Pourquoi ? La mishna en donne la raison : « chessof machké latset », le liquide finira par sortir. La chaleur fait sortir du tesson le liquide absorbé, et dès qu'il en sort, le liquide tamé se trouve dans l'espace intérieur du four et lui transmet la toum'a. Mais si le four n'a jamais été chauffé, le liquide reste scellé à l'intérieur de la terre cuite. Rien de tamé n'est entré dans l'espace intérieur, et le four demeure tahor.

Du marc d'olives frais

« Vekhen beguefet 'hadacha. » Une règle identique s'applique au guefet, la pulpe d'olives qui reste après leur passage au pressoir. Imaginons que le pressage ait été fait par quelqu'un en état de toum'a. L'huile a été extraite, si bien qu'à l'œil la pulpe paraît sèche, mais il reste sans aucun doute encore un peu d'huile retenue à l'intérieur. Si une telle pulpe fraîchement pressée tombe dans un four que l'on est en train de chauffer, la toum'a est contractée, car la chaleur fait sortir de la pulpe une trace supplémentaire d'huile, et cette trace atteint l'espace intérieur du four. Et ici aussi, un four sous lequel aucun feu n'a été allumé reste tahor.

Pulpe ancienne, et pulpe qui rend encore du liquide

« Aval bicheyachana, tahor. » Tout ce qui a été dit jusqu'ici ne concerne que la pulpe fraîchement pressée. Une pulpe ancienne, de plus d'un an, qui tombe dans un four chauffé laisse le four tahor, car nous présumons qu'une pulpe de ce genre s'est complètement desséchée ; même sous l'effet de la chaleur, aucun liquide n'en sortira, et il n'y a donc rien qui puisse transmettre la toum'a.

La mishna termine en réservant une exception : « Veim yadoua cheyotsé mehen machkin », s'il est établi qu'un liquide sort effectivement d'une telle pulpe, alors « afilou lea'har chaloch chanim, nitma ». Même une pulpe restée trois ans, ce chiffre désignant simplement une longue durée, ne bénéficie plus de la présomption de sécheresse dès lors que nous avons une preuve du contraire. Quand le feu en fait visiblement sortir du liquide réel, ce liquide entre dans l'espace intérieur du tanour et rend le four tamé.

Le fil qui traverse toute la mishna est un principe unique : un liquide absorbé n'est pas encore un liquide dans le four. La toum'a n'est transmise qu'au moment où le liquide sort effectivement, et tout dépend donc de deux questions : le four a-t-il été chauffé, et reste-t-il encore du liquide à l'intérieur susceptible d'en sortir.