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Keilim, chapitre 23, Michna 5 : filets de pêche et pièges à animaux

Keilim, chapitre 23, Michna 5. Notre Michna nous transporte dans l'univers du pêcheur et du trappeur, et demande lesquels de leurs instruments sont considérés comme de véritables keilim susceptibles de devenir tamé, et lesquels ne le sont pas.

Pour suivre la Michna, il faut d'abord se représenter la fabrication d'un filet de pêche. Il comportait deux parties. À sa base se trouvait une pièce de tissu tissé, et c'est à travers ce tissu que l'on faisait passer les cordes, nouées ensemble pour former le maillage qui capturait effectivement les poissons.

Chaque partie a un statut différent. La base en tissu est un vêtement, et un vêtement est sujet à la toum'a. Le maillage de cordes, en revanche, ne peut pas devenir tamé par lui-même. On ne le considère pas comme un tissu tissé, puisqu'il est fait surtout de vide, d'espaces entre une corde et la suivante. On ne le considère pas non plus comme un réceptacle, car les poissons qui y entrent peuvent ressortir par ces mêmes ouvertures. Ce qui retient son contenu si mal qu'il s'en échappe n'est pas un récipient.

Le grand filet

La première décision de la Michna est "hahérem tamé mipné hazoto". Le hérem, un large filet que l'on étend pour prendre les poissons, reçoit bien la toum'a, et c'est la bande de tissu tissé le long de son bord inférieur qui le rend tel. Le maillage de cordes à lui seul ne pourrait jamais devenir tamé, mais filet et tissu forment ensemble un seul objet. Ainsi, dès l'instant où la partie en tissu devient tamé, la toum'a saisit l'ustensile tout entier, maillage compris.

Les pièges qui sont témé'in

"Harechatot véhamikhmarot" : des filets et des pièges plus petits, qui enferment réellement l'animal, l'oiseau ou le poisson pris à l'intérieur.

"Hamadaf" : un piège tendu pour les oiseaux. Une planche était maintenue en équilibre sur un bâton au-dessus d'un petit panier, avec de la nourriture placée en dessous pour attirer l'oiseau. Quand l'oiseau venait saisir l'appât, il faisait céder le bâton, la planche retombait, et l'oiseau se retrouvait prisonnier dans le panier.

"Véhapaltsour" : un piège de bois dans lequel on retenait les animaux.

"Oumtsoudot hassakarin" : les pièges de ceux qui barrent les rivières. Les pêcheurs détournaient le courant de sorte que les poissons soient entraînés dans un petit bassin. Ils vidaient ensuite le bassin, et les poissons restaient au fond, prêts à être ramassés.

Au sujet de tous ceux-là, la Michna tranche témé'in : ils peuvent devenir tamé. Chacun est un véritable réceptacle : il retient ce qui se trouve à l'intérieur, et il sert à transporter la prise d'un endroit à l'autre.

Les pièges qui sont téhorin

"Véha'akoun" : un piège à poissons en forme de coffre, garni de crochets à l'intérieur. Le pêcheur l'immergeait sous la surface, et les poissons qui y entraient restaient accrochés aux crochets.

"Véharétov" : un dispositif pour attraper les oiseaux. "Véhakelouv" : une cage dans laquelle un oiseau se faisait prendre.

Ces trois-là, la Michna les déclare téhorin, car aucun n'est véritablement un récipient. L'akoun ne contient rien du tout à l'intérieur : les poissons restent suspendus aux crochets au lieu de reposer dedans. Quant au rétov et au kelouv, personne ne transporte des oiseaux à l'intérieur ; ils ne servent qu'à saisir l'oiseau là où il se pose.

Voilà le principe qui traverse toute la Michna : pour qu'un ustensile de bois soit susceptible de recevoir la toum'a, il ne suffit pas qu'il puisse retenir son contenu. Il doit aussi servir à le déplacer, à être porté d'un endroit à l'autre avec ce qui se trouve dedans. Un dispositif qui se contente de saisir et de retenir, sans transporter, demeure tahor.