Keilim, chapitre 10, michna 5. Le sujet de ce chapitre est le récipient qui sauve son contenu de la touma. Pour que ce sauvetage opère, la Torah exige que le récipient soit fermé par un couvercle solidement attaché sur lui, et une bonne partie du chapitre s'emploie à déterminer précisément où ce bouchage doit se trouver. Dans notre michna, nous rencontrons deux contenants dont la matière qui les ferme est parfaitement intacte, mais qui adhère à l'intérieur au lieu de s'étendre au-dessus de l'ouverture.
Premier cas : "'havit chenitkalfa vehazefet chelah omedet", un tonneau de terre cuite dont la paroi d'argile s'est écaillée et détachée, tandis que l'enduit de goudron qui tapissait sa paroi interne est resté ferme. Représentez-vous la scène : à l'endroit où la poterie s'est détachée, il y a maintenant ce qui ressemble à un trou, et pourtant rien ne peut fuir ni entrer par là, puisque le goudron qui ceinture le tonneau de l'intérieur est demeuré solide et maintient le tout hermétiquement clos. Le seul défaut est que ce goudron ne monte jamais jusqu'au bord de cette brèche ; il la ferme uniquement depuis l'intérieur.
Vient ensuite un second cas, semblable : "ve'hen kevoutim chel mouryas cheguifatan im hassafa", et de même les cruches de mouryas (une saumure faite de poisson) dont le bouchage de guefes a été appliqué contre la face interne de la lèvre. Ces cruches ont une ouverture élargie, évasée, et cette forme permet d'y presser facilement la matière de fermeture contre l'intérieur de l'évasement. Le guefes, un minéral utilisé pour boucher les récipients, était tassé contre la surface interne de cette lèvre, agissant à peu près comme un bouchon enfoncé dans une bouteille. Là encore le récipient est véritablement fermé, et là encore la matière se trouve en dessous du bord au lieu de l'enjamber.
"Rabbi Yehouda omer : einan matsilin." Rabbi Yehouda estime qu'aucun de ces deux contenants ne sauve son contenu de la touma. La Torah réclame un couvercle attaché sur le récipient, et il prend ces mots au sens littéral : le bouchage doit reposer sur l'ouverture du récipient, en descendant sur elle par le dessus. Dans ces deux cas, la matière de fermeture ne traverse jamais l'ouverture ; elle adhère en dessous. Pour Rabbi Yehouda, de tels récipients n'offrent donc aucune protection.
"Veha'hakhamim omrim : matsilin." Les 'Hakhamim estiment que ces récipients sauvent bien leur contenu. Selon leur lecture, la Torah demande seulement que l'ouverture soit obstruée et fermée ; que la matière qui l'obstrue soit posée par-dessus l'ouverture ou ajustée à l'intérieur ne change absolument rien. Puisque la brèche du tonneau est maintenue close par son goudron, et que l'ouverture de la cruche est bouchée par son guefes, le récipient est considéré comme muni d'un couvercle attaché, et tout ce qui s'y trouve reste tahor.