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Keilim, chapitre 5, Mishna 4 : un four chauffé de façon inhabituelle

Keilim, chapitre 5, Mishna 4. La première mishna de ce chapitre a posé qu'un four en argile n'est pas encore un ustensile achevé, et qu'il ne peut donc pas encore recevoir la toum'a, tant qu'il n'a pas été cuit jusqu'à une certaine chaleur. Cette cuisson constitue son guemar melakha, l'achèvement de sa fabrication. C'est seulement à partir de ce moment que le four compte comme un ustensile fini, susceptible de contracter la toum'a. Notre mishna s'interroge à présent sur des chauffes survenues de manière irrégulière : le feu se trouvait au mauvais endroit, ou bien personne ne l'avait voulu, ou encore le propriétaire n'avait pas encore pris possession du four. Une telle chauffe vaut-elle malgré tout comme guemar melakha ?

Trois chauffes irrégulières

La Mishna les présente l'une après l'autre. « Tanour shehousak me'a'horav » : un four qui a été chauffé par derrière, c'est-à-dire que le feu a été allumé le long du four, à l'extérieur, et non de la manière habituelle, à l'intérieur, et que de là le four a atteint la chaleur requise.

Le deuxième cas est introduit par les mots « o shehousak shelo leda'ato ». Ici, le feu a brûlé à sa place normale, à l'intérieur du four, et pourtant le propriétaire n'en savait rien. Personne n'a accompli l'acte de chauffer comme une étape voulue vers l'achèvement de l'ustensile.

Le troisième cas soulevé par la Mishna est « o shehousak beveit ha'ouman ». Le four a atteint sa chaleur alors qu'il se trouvait encore dans l'atelier du potier qui l'avait fabriqué, avant que celui-ci n'ait déclaré son travail terminé et avant qu'un quelconque propriétaire ne l'ait acquis.

Dans ces trois cas, la décision est « tamé » : le four est désormais capable de contracter la toum'a. Dès lors que le four a effectivement été porté à la température requise, c'est un ustensile achevé, et les circonstances qui ont produit cette chaleur, l'emplacement du feu, l'absence d'intention, l'identité de celui qui a chauffé, ne changent absolument rien.

L'incendie de Kfar Signa

La Mishna rapporte maintenant un cas qui s'est réellement produit : « Ma'assé shenafela deleka », un incendie éclata un jour, « betanouré Kfar Signa », parmi les fours du village de Signa. Ils se trouvaient encore dans l'atelier de l'artisan qui les avait façonnés, et les flammes les portèrent exactement à la température que leur fabrication exige.

« Ouva ma'assé leYavné » : l'affaire fut soumise pour décision aux sages siégeant à Yavné. « Vetim'am Rabban Gamliel » : Rabban Gamliel déclara que ces fours étaient désormais des ustensiles pouvant contracter la toum'a.

Remarquons que cet unique épisode réunissait les trois irrégularités énumérées par la Mishna. Le feu brûlait à l'extérieur des fours et non à l'intérieur ; cela s'est produit sans le consentement ni l'intention de personne ; et les fours étaient encore inachevés, posés dans l'atelier de l'artisan, au moment où cela est arrivé. Malgré tout, ils ont été considérés comme des ustensiles achevés, aptes à recevoir la toum'a.

Le principe

L'enseignement de la mishna est que le guemar melakha d'un four se mesure uniquement au résultat. Si le four a été chauffé à la température que sa fabrication exige, c'est un ustensile achevé, susceptible de contracter la toum'a, quelles que soient les circonstances qui ont produit cette chaleur.