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Keilim, chapitre 24, Mishna 4 : trois sortes de coffres en bois

Keilim, chapitre 24, Mishna 4. Ce chapitre parcourt une longue série d'objets du quotidien, et chaque mishna répartit un objet en trois catégories selon le type de toum'a qu'il peut recevoir. Notre mishna applique ce schéma au coffre en bois.

La mishna commence ainsi : « Chaloch tevot hen », il existe trois sortes de coffres, et chacun occupe une place halakhique différente.

« Teva chepit'heha mitsida, teme'a midras » : lorsque l'ouverture du coffre est pratiquée sur son côté, le coffre peut recevoir la toum'at midras. La toum'at midras est la toum'a qui atteint un objet destiné à s'asseoir ou à s'allonger lorsqu'un zav ou une zava fait peser son poids dessus. Seul ce qui convient véritablement pour s'asseoir entre dans cette catégorie, et ce coffre y répond : puisqu'on accède à l'intérieur par le côté, la surface supérieure reste libre, et une personne peut s'y installer alors que le coffre continue de remplir sa fonction sans aucune gêne. S'asseoir et ranger coexistent ici, si bien que le coffre est considéré comme un objet destiné à s'asseoir, et la toum'at midras s'applique à lui.

« Milema'alan teme'a toum'at met » : lorsqu'on accède au coffre par le haut, il peut recevoir la toum'a du mort, comme n'importe quel ustensile. C'est un récipient en bois qui contient des choses à l'intérieur, et les récipients de ce genre deviennent tamé de la manière ordinaire. La toum'at midras, en revanche, ne l'atteint pas, et pour une raison très pratique : une personne assise sur un tel coffre en recouvre le couvercle, et dès que le couvercle est recouvert, on ne peut plus accéder au coffre, ce qui est précisément ce pour quoi le coffre a été fabriqué. Un objet dont la fonction principale est annulée dès que quelqu'un s'assied dessus n'est pas classé parmi les objets destinés à s'asseoir, et le midras n'a donc pas de place ici.

« Vehaba'a bemida tehora mikeloum » : un coffre « qui vient dans une mesure », c'est-à-dire un coffre très grand, est pur de toute forme de toum'a. Les ustensiles d'une telle taille ne sont absolument pas soumis à la toum'a, car ce ne sont pas des objets qu'une personne soulève et transporte. Un récipient qui ne se déplace pas n'est pas traité comme un keli pour ces halakhot, et ce troisième coffre se situe donc entièrement en dehors du système : ni midras, ni toum'at met, tahor de tout.

Trois coffres, donc, et la différence entre eux se décide par une chose aussi banale que l'endroit où se trouve l'ouverture, et par la taille du coffre. La halakha regarde comment une personne se sert réellement de l'objet : un coffre sur lequel on peut s'asseoir confortablement sans nuire à sa fonction devient un siège aux yeux de la halakha ; un coffre qui doit rester dégagé pour pouvoir s'ouvrir demeure un simple contenant ; et un coffre trop grand pour être déplacé n'est plus du tout traité comme un ustensile.