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Keilim, chapitre 27, Michna 3 : quand deux matières sont assemblées

Keilim, chapitre 27, Michna 3. Notre michna poursuit l'étude des dimensions minimales qu'un morceau de matière doit avoir pour être susceptible de recevoir la toumah. Chaque type de matière possède son propre chiour : le beged (tissu tissé) exige trois tefahim sur trois, le sak (toile de sac) quatre sur quatre, le or (cuir) cinq sur cinq, et le mapatz (natte grossière tressée en joncs ou en matière semblable) six sur six. Une question nouvelle se pose ici : que se passe-t-il lorsqu'une personne fabrique un seul morceau en assemblant deux matières différentes, de sorte qu'aucune des deux n'atteint seule son chiour, mais qu'ensemble elles totalisent la taille requise ?

Les cas qui demeurent tahor

Trois situations ouvrent la michna. La première, « ha'ossé chenayim min habeged » : quelqu'un confectionne un carré de trois tefahim sur trois, le chiour du tissu, mais deux tefahim seulement sont du véritable beged, et il complète le tefah manquant « min hassak », avec de la toile de sac. La deuxième, « chelochah min hassak » : il veut atteindre les quatre sur quatre exigés pour le sak, il dispose de trois tefahim de toile de sac, et le dernier tefah il le prend « min ha'or », du cuir. La troisième, « arba'ah min ha'or » : le cuir requiert cinq sur cinq, il a quatre tefahim de cuir en main, et il achève le morceau avec un unique tefah « min hamapatz », de natte.

Dans ces trois cas, la loi est que l'objet est tahor. Le morceau ainsi composé ne peut absolument pas recevoir la toumah. La raison est que, chaque fois, la matière ajoutée est la plus faible, la moins susceptible de toumah, et une matière plus faible ne peut pas compléter le chiour d'une matière plus forte qu'elle. Lorsqu'on mesure du tissu, le chiour de trois sur trois doit être rempli par du tissu lui-même ; un tefah de toile de sac n'entre pas dans le compte. Il en va de même du sak complété par du cuir, et du cuir complété par de la natte. La matière inférieure est traitée comme si elle n'existait pas, et ce qui reste n'atteint pas les dimensions nécessaires.

Les cas qui peuvent devenir tamei

La michna inverse à présent les associations. « Hamichah min hamapatz » : le chiour d'un mapatz est de six sur six, et ici cinq de ces tefahim sont de la natte, tandis que le dernier tefah vient « min ha'or », du cuir. Ensuite, « arba'ah min ha'or » : le cuir demande cinq sur cinq, quatre tefahim sont du cuir, et le morceau est complété par un tefah « min hassak », de toile de sac. Enfin, « chelochah min hassak » : la toile de sac demande quatre sur quatre, trois tefahim sont du sak, et le tefah restant est « min habeged », du tissu tissé.

Dans ces trois cas, la loi est que l'objet est tamei. Le morceau peut effectivement recevoir la toumah. Ici, la matière de base est présente presque dans la totalité de son chiour, à un tefah près, et ce qui la complète est une matière plus forte et plus facilement susceptible de toumah que la base. Puisque le morceau ajouté est de rang supérieur, son rattachement est considéré comme un véritable hibour, une jonction réelle entre les deux matières, et le chiour est tenu pour rempli.

La règle générale

Après avoir exposé les six cas, la michna les ramène à une formule, qu'elle introduit par les mots « zé hakelal », voici le principe directeur. Tout ce qui est rattaché, s'il appartient à une catégorie qualifiée de « hahamour mimenou », de rang plus strict et plus facilement ouverte à la toumah que la matière à laquelle il a été joint, alors dès que les deux ensemble atteignent la mesure exigée de la matière de base, le morceau obtenu est soumis à la toumah. Si en revanche la matière rattachée est « hakal mimenou », de rang plus léger et moins ouverte à la toumah que la base, le morceau reste tahor.

L'enseignement de la michna est qu'une matière plus faible ne peut jamais être enrôlée pour compléter le chiour d'une matière qui lui est supérieure. Dans un tel cas, nous considérons l'ajout comme inexistant, et puisque la mesure est alors insuffisante, l'objet n'a aucun moyen de recevoir la toumah. Seul compte un ajout provenant d'une matière de rang plus élevé, et alors le morceau est complet et susceptible de toumah comme tout autre keli de son espèce.