Keilim, chapitre 24, michna 3. Ce chapitre présente une série d'ustensiles par groupes de trois, en rangeant chacun dans l'un des trois statuts possibles : un kéli capable de recevoir la toumat midras, la toumah de ce sur quoi un zav, ou une personne au statut semblable, s'assoit ou s'appuie ; un kéli qui ne peut recevoir que la toumat met, la toumah ordinaire des ustensiles ; et un kéli tahor de toute espèce de toumah. Notre michna applique cette division en trois à l'aréva, le pétrin dans lequel on travaille la pâte.
La michna commence : "Chaloch arevot hen", il y a trois sortes de pétrins, c'est-à-dire trois classifications halakhiques pour un seul et même ustensile domestique.
Le pétrin fendu : tamé midras
"Aréva michné log vé'ad tich'a kabin chenisdeka, temé'a midras" : un pétrin dont le volume va de deux log jusqu'à neuf kav, et qui s'est fendu, est susceptible de recevoir la toumat midras. Une fêlure met fin à son utilité pour la pâte, puisqu'il ne peut plus contenir ce que l'on travaille à l'intérieur. Mais un récipient de cette taille ne se jette pas : retourné, il fait un excellent tabouret. S'asseoir dessus devient alors l'usage réel qu'on en fait, si bien qu'il rejoint la catégorie des objets destinés à être assis dessus, et la toumah de midras s'y attache.
Le pétrin intact : tamé seulement par la toumat met
"Cheléma, temé'a toumat met" : tant que le pétrin est en bon état et non fendu, il est soumis à la toumat met. Il reste un instrument utilisable, et tout instrument en service est exposé à la toumah ordinaire. Le midras, en revanche, ne l'atteint pas, car personne ne fabrique un pétrin pour s'y asseoir. Pétrir est sa fonction, et si quelqu'un s'y installait pendant que la pâte attend, on le ferait descendre, parce que le récipient ne peut pas remplir son office avec une personne posée dessus. Lorsque le fait de s'asseoir empêche un ustensile d'accomplir ce pour quoi il existe, cet ustensile n'est pas classé comme meuble destiné à l'assise, et les halakhot de midras ne le concernent pas.
Le pétrin surdimensionné : entièrement tahor
"Véhaba'a bemida, tehora mikloum" : un pétrin encore plus grand que celui décrit au début de la michna est tahor de toute toumah, qu'il soit intact ou fendu. Cela découle du principe déjà établi au sujet des ustensiles surdimensionnés : un kéli de telles dimensions n'est pas un objet mobile, et seuls les objets mobiles peuvent devenir tamé. Puisqu'on ne le transporte pas et qu'il demeure sur place, aucune forme de toumah ne le saisit.
Ainsi, le seul mot aréva recouvre trois réalités halakhiques bien distinctes : intact et de taille ordinaire, il reçoit la toumat met mais non le midras ; fendu et devenu inutilisable pour la pâte, il devient un siège et reçoit le midras ; et construit à une échelle surdimensionnée, il se tient entièrement en dehors du monde de la toumah.