Keilim, chapitre 19, michna 3. Le sujet de ce chapitre est le lit avec ses cordes, et la question de savoir quels éléments forment une seule entité avec le lit pour ce qui concerne les halakhot de la toumah. À cette époque, un lit était construit comme un cadre : deux planches courtes, une à la tête et une au pied, reliées par deux longues poutres sur les côtés, le tout posé sur quatre pieds. On tendait ensuite des cordes sur ce cadre dans les deux sens, dans la longueur et dans la largeur, ce qui formait la surface tressée qui soutenait la literie. Il arrivait parfois qu'une corde ne soit pas assez longue pour couvrir toute la surface : on lui en attachait alors une autre pour la rallonger.
Chaque fois que l'on joint deux cordes, personne ne fait le nœud tout à fait au bord. On laisse volontairement dépasser un petit bout de corde de l'autre côté du nœud, car sans cela le nœud finirait par se défaire. Ces bouts qui pendent hors du nœud portent le nom de "nimin".
Quelle partie des brins appartient à la corde ?
Le cas de notre michna est justement celui d'une corde rallongée : deux cordes ont été attachées l'une à l'autre, et la corde ainsi obtenue a été tendue sur le cadre du lit. Le lit est ensuite devenu tamé, et voici qu'une personne pose sa main sur les bouts qui pendent de ce nœud. La michna tranche : "Nimé hakécher, hanoguéa betsorko, tamé." Concernant ces bouts qui pendent, si ce qu'il touche correspond à la mesure dont le nœud a réellement besoin, il contracte la toumah.
Pourquoi cela ? Parce que toute la longueur de corde dont le nœud a véritablement besoin pour tenir est considérée comme faisant partie de la corde ; si on retirait cette longueur, le nœud se déferait, ce n'est donc pas du tout un objet distinct. Par conséquent, dès que la toumah atteint le lit, cette mesure de corde qui pend est tamé avec lui. En revanche, tout ce qui pend au-delà de la mesure habituelle et nécessaire n'est jamais absorbé dans la corde. Cela reste tahor, et celui qui le touche reste tahor lui aussi.
"Vekhamah hou tsorko ?" Quelle est donc la mesure dont le nœud a réellement besoin ? Sur ce point, la michna rapporte un avis : "Rabbi Yehouda omer, chaloch etsbaot", trois largeurs de doigt. La corde qui pend au-delà de cette longueur ne sert à rien pour le nœud, et elle reste donc tahor même lorsque le lit lui-même est devenu tamé.