Keilim, chapitre 17, michna 3. Ce chapitre traite des mesures, et tout particulièrement de la taille du trou qui met fin à l'utilité d'un ustensile. Dès lors qu'un récipient ne peut plus accomplir la tâche pour laquelle il a été fabriqué, il n'est plus du tout un kli, et un ustensile qui n'est pas un kli ne peut pas recevoir la toumah. Notre michna poursuit ce thème avec d'autres types de récipients percés, et elle ajoute une question supplémentaire : lorsqu'un panier brisé a été rafistolé, la réparation est-elle assez solide pour lui rendre son statut d'ustensile ?
Le premier cas est celui du panier à pain. La michna dit "hasalim chel pat", les paniers dans lesquels on garde les pains, et leur mesure, "chiouran", se détermine "bekikarot chel pat", par des pains entiers. Ce qu'un récipient a été conçu pour contenir est précisément ce qui fixe la largeur que doit atteindre une brèche pour compter. Tant que les pains restent à l'intérieur, le panier fait son travail et demeure un kli. Mais dès que l'ouverture s'élargit au point qu'un pain s'en échappe, le panier ne peut plus servir à l'usage pour lequel il a été fait ; il a perdu le titre d'ustensile, et il est donc tahor.
Vient ensuite l'"apifirot", une grande corbeille tressée d'un maillage de roseaux, dont le fond a cédé. Son propriétaire a tenté de la sauver : "assa la kanim", il y a inséré des roseaux, "milemata lemala", en les faisant monter du bas vers le haut, "lechizouk", afin qu'ils étayent le fond effondré. Le verdict est "tehorah". À cet instant précis, les roseaux soutiennent réellement le fond, mais le montage ne tiendra pas. Que l'on charge la corbeille de produits, et le poids appuiera sur ces roseaux jusqu'à ce qu'ils bougent et glissent hors de leur place. Un objet incapable de retenir le contenu même pour lequel il a été façonné n'est pas un kli auquel la toumah puisse s'attacher, et il est donc désormais tehorah.
La michna décrit maintenant une meilleure réparation : "assa la gapin kolchehen", il lui a fait des crochets, aussi petits soient-ils, et la décision devient "temeah". Qu'a-t-il fait exactement ? Il a recourbé les extrémités supérieures des roseaux d'étayage autour du rebord de la corbeille et les y a fixés, de sorte qu'ils ne puissent plus se déloger. Les roseaux étant ancrés au bord, le fond reste soutenu même quand la corbeille est pleine. Elle remplit exactement la fonction qu'elle a toujours remplie. Puisque la cassure a été véritablement réparée, la corbeille redevient un ustensile susceptible de contracter la toumah.
Un critère divergent clôt la michna. Rabbi Chimon soutient : "im eina yechola", si la corbeille ne peut pas "lehinatel bagapayim", être soulevée par ses crochets, alors "tehorah". Il propose un test concret. Que l'on saisisse uniquement les crochets et que l'on soulève la corbeille. Si les roseaux d'étayage s'arrachent sous la tension, c'est que ces crochets n'ont jamais constitué une réparation durable. La brisure du fond reste une brisure, l'objet demeure un panier cassé, et il ne reçoit pas la toumah.
Le fil conducteur des trois cas est un seul et même principe. La toumah s'attache à un ustensile qui fonctionne, et le fonctionnement se juge d'après l'usage ordinaire pour lequel l'ustensile a été fabriqué : le pain qui reste dans le panier, et un fond qui retient son contenu, non un rafistolage qui cède sous le poids.