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Keilim, chapitre 7, Mishna 2 : la tablette de la kira

Keilim, chapitre 7, Mishna 2. Ce chapitre traite de la kira, le fourneau de cuisson en terre cuite, ainsi que des différentes pièces qui y sont accolées ou placées en dessous. La question qui traverse ces mishnayot est toujours la même : lorsque la kira elle-même devient temea, quelles sont les pièces attachées qui sont entraînées avec elle, et quelles sont celles qui constituent des ustensiles indépendants, dotés d'un statut propre ?

La Mishna commence ainsi : "hadaf shel kira, tahor mishoum kira vetamei mishoum keli kiboul." Le daf est une tablette construite contre la paroi extérieure de la kira, faite de la même terre cuite que la kira elle-même. Du point de vue de la kira, cette tablette est tehora : elle n'est pas considérée comme un membre du fourneau, de sorte que si la kira contracte la toum'a, la tablette n'en est pas affectée. Elle n'a tout simplement rien à voir avec le statut de la kira.

Pour autant, la tablette n'est pas une simple masse d'argile dépourvue de toute portée halakhique. "Vetamei mishoum keli kiboul" : elle peut contracter la toum'a pour ses propres raisons, en tant qu'objet de terre cuite qui fait office de réceptacle. Un rebord entoure la tablette, elle est donc capable de retenir ce qu'on y dépose, et cela lui confère le statut de récipient. Tout ustensile de terre cuite muni d'une cavité devient tamei dès qu'une source de toum'a pénètre dans l'espace intérieur, et cette tablette ne fait pas exception.

La Mishna passe ensuite aux parois de la tablette : "hatsedadin shelo, hanogea bahen" est "eino tamei mishoum kira." Les parois latérales de la tablette, elles non plus, ne comptent pas comme des parties du fourneau. Normalement, lorsqu'un ustensile de terre cuite a déjà contracté la toum'a, même son extérieur transmet la toum'a à celui qui le touche. Ici, toutefois, la tablette n'a jamais contracté la toum'a avec la kira au départ, si bien que celui qui manipule les côtés de la tablette ne devient pas tamei par l'intermédiaire du fourneau.

Il y a cependant une partie de la tablette au sujet de laquelle les Tanaïm sont en désaccord : "harahav shelo, Rabbi Meïr metaher veRabbi Yehouda metamei." Le daf a à peu près la forme d'un triangle : large à l'arrière, là où il rejoint le fourneau, et s'amincissant vers l'avant. Cette large surface arrière est précisément la jointure entre les deux, ce qui explique qu'on puisse raisonnablement la rattacher à l'un ou à l'autre. Un seul et même pan sert à la fois de portion de la paroi extérieure de la kira et de côté le plus reculé de la tablette.

Rabbi Meïr la déclare tehora, estimant que cette surface doit être comptée comme faisant partie du daf. Par conséquent, même lorsque le fourneau est tamei, celui qui touche ce pan arrière demeure tahor. Certes, un ustensile de terre cuite tamei transmet d'ordinaire la toum'a également depuis son extérieur, mais ce segment de la paroi extérieure du fourneau est rangé du côté de la tablette et non du côté de la kira. Rabbi Yehouda adopte la position inverse et la déclare temea : à ses yeux, cette large surface arrière appartient au fourneau et non à la tablette, et elle transmet donc la toum'a de la kira à tout ce qui la touche.

La Mishna présente ensuite un second cas d'objet mis au service d'un fourneau tout en conservant son statut propre : "vekhen hakofeh et hassal veosseh al gabav kira." Quelqu'un retourne un panier et bâtit le fourneau par-dessus, en se servant du panier comme socle. Le panier a une circonférence plus grande que le fourneau et dépasse au-delà de lui, à la manière de la tablette décrite plus haut. Et ici également, le panier n'est pas absorbé dans le fourneau. La toum'a qui atteint la kira ne se reporte pas sur lui ; il reste un ustensile à part entière, susceptible de contracter la toum'a de la façon ordinaire de tout keli en bois.

Le fil qui relie les deux moitiés de la Mishna est net : l'attachement physique à une kira ne fait pas automatiquement de quelque chose une partie de la kira. Une tablette sur son flanc et un panier en dessous restent chacun eux-mêmes, chacun jugé selon sa propre matière et sa propre utilité comme récipient. La seule véritable question est de savoir où passe la ligne de séparation, et c'est précisément sur ce point que Rabbi Meïr et Rabbi Yehouda divergent.