Keilim, chapitre 5, michna 2. Ce chapitre traite des installations de cuisson et de cuisson au four en terre cuite, et du moment où elles deviennent des ustensiles susceptibles de contracter la toum'a. Notre michna quitte le tannour, le four, pour deux appareils plus petits : la kira et le koupa'h.
La kira est un fourneau dont la surface supérieure peut accueillir deux marmites ; le koupa'h en est la version réduite, avec une place pour une seule. Chacun était façonné comme un corps creux en terre cuite, fermé sur le dessus à l'exception des ouvertures découpées dans cette surface, dans lesquelles on descendait les marmites afin que la flamme du dessous cuise ce qu'elles contenaient. Leurs parois montaient droit, contrairement au tannour, large à sa base et se rétrécissant vers le haut. Et alors que le tannour était construit pour la cuisson au four, ces deux appareils servaient à la cuisson en marmite, qui exige moins de chaleur.
La hauteur minimale de la kira
La michna commence : "Kira, te'hilata shalosh, ousheyareha shalosh", une kira, à son commencement trois, et ses restes trois. Une kira nouvellement fabriquée ne doit pas mesurer moins de trois etzba'ot (largeurs de doigt) de hauteur ; en dessous, ce n'est pas une kira. Et si elle vient plus tard à se briser, la partie subsistante doit encore atteindre trois etzba'ot pour conserver le nom de kira et demeurer apte à recevoir la toum'a.
Pourquoi trois etzba'ot suffisent-ils ici, alors que le tannour reçoit une mesure de quatre tefa'him ? Parce que dans un tannour, le bois comme la pâte se placent à l'intérieur, si bien que la cavité doit être spacieuse. Dans une kira, les marmites reposent au-dessus de l'appareil et non dedans. Le creux inférieur ne contient rien d'autre que le combustible, et pour cet usage une hauteur de trois etzba'ot est parfaitement suffisante.
Quand la kira est-elle considérée comme achevée ?
La hauteur à elle seule n'expose pas encore la kira à la toum'a. Le statut d'ustensile survient "misheyitgamer mela'hta", lorsque sa fabrication a été menée jusqu'à son terme. Et qu'est-ce qui marque ce terme ? La michna demande : "Eizehou guemar mela'hta ?", et répond : "misheyassikenna kedei levashel aleha", lorsqu'elle a été chauffée assez pour qu'on cuise dessus "beitsa kala shebabeitsim, teroufa ountouna be'ilpas", l'œuf qui cuit le plus vite, c'est-à-dire un œuf de poule, battu et versé dans un ilpas (une marmite à ragoût) déjà chaud.
Remarquez la faible quantité de chaleur ainsi décrite. L'œuf a déjà été sorti de sa coquille et battu, et l'ilpas dans lequel on le verse a déjà été chauffé. Un tel œuf n'a besoin que de la plus légère tiédeur pour cuire. C'est ce chauffage minimal qui sert de mesure pour déclarer achevé le travail de l'artisan sur une kira, et dès cet instant la kira peut contracter la toum'a.
Le koupa'h : tout dépend de sa destination
La michna passe maintenant au koupa'h. Il ressemble de près à la kira, mais avec une seule ouverture sur le dessus pour une seule marmite. Étant plus étroit, sa chaleur est plus concentrée et mieux retenue, et il chauffe donc davantage. Pour cette raison, on utilisait parfois un koupa'h non seulement pour la cuisson en marmite, mais aussi pour la cuisson au four.
Son classement suit donc l'intention du propriétaire. "Hakoupa'h", dit la michna, "assaho la'afiya", s'il l'a fabriqué pour cuire au four, alors "shiouro katannour", on l'évalue comme un tannour : un chauffage suffisant pour cuire ces gâteaux légers, les soufganin mentionnés dans la michna précédente. "Assaho livishoul, shiouro kakira", s'il l'a fabriqué pour la cuisson en marmite, c'est la norme de la kira qui s'applique : une chaleur suffisante pour cuire un œuf de poule battu dans un ilpas déjà chaud. En deçà, ce n'est pas encore un ustensile achevé, et la toum'a n'a pas de prise sur lui.
La poignée de pierre
Des appareils eux-mêmes, la michna passe aux pierres qui en font saillie. "Ha'even hayotsé min hatannour", une pierre dépassant du flanc d'un tannour sur la longueur d'un "tefa'h", ou dépassant du flanc d'une kira de "shalosh etzba'ot", trois largeurs de doigt, est "'hibour", attachée, c'est-à-dire partie intégrante de l'appareil sur le plan hala'hique. Si le tannour ou la kira devient tamé, cette pierre reçoit la toum'a avec lui.
Cela mérite un instant d'attention. Un ustensile de pierre, en règle générale, ne contracte pas du tout la toum'a. Mais lorsqu'une pierre est fixée à un ustensile d'une autre matière et lui sert de yad, de poignée, la Torah enseigne qu'elle reçoit la toum'a de l'ustensile qu'elle sert.
Ces chiffres, toutefois, fonctionnent comme des plafonds. Toute longueur de pierre qui dépasse un tefa'h sur un tannour, ou trois etzba'ot sur une kira, n'est plus comptée comme attachée, et ce surplus demeure tahor. Seule la portion proche de l'appareil est traitée comme lui appartenant.
Ici encore, le koupa'h est jugé selon la tâche qui lui est assignée : "Hayotsé min hakoupa'h", quant à une pierre dépassant d'un koupa'h, "assaho la'afiya, shiouro katannour", s'il a construit l'appareil pour cuire au four, c'est la mesure du tannour qui régit, et un tefa'h entier de la pierre est entraîné dans la toum'a ; "assaho livishoul, shiouro kakira", s'il l'a construit pour la cuisson en marmite, c'est la mesure de la kira qui régit, et pas plus de trois etzba'ot de pierre deviennent tamé avec lui.
La précision de Rabbi Yehouda
La michna restreint maintenant ces limites à des conditions précises. "Amar Rabbi Yehouda" : Rabbi Yehouda atteste que lorsque les 'Ha'hamim ont déclaré détaché du tannour tout ce qui dépasse un tefa'h, "lo amrou tefa'h", ils n'ont énoncé ce tefa'h "ela bein hatannour lakotel", qu'à propos d'une pierre située dans l'espace entre le tannour et le mur de la pièce.
Le raisonnement est pratique. Dans cette position, la longueur excédentaire de la pierre est précisément ce qui empêche de plaquer le tannour contre le mur. Le propriétaire finira nécessairement par la tailler, si bien que cet excédent n'est pas traité comme une véritable partie du tannour. Mais là où la pierre n'est pas coincée entre le tannour et le mur, il n'y a aucune raison de s'attendre à ce qu'elle soit raccourcie, et elle compte tout entière comme partie du tannour et devient tamé avec lui.
Deux fours partageant une seule pierre
La michna se conclut sur un cas supplémentaire : "Hayou shenei tannourim semou'hin ze laze" - si deux fours se trouvaient proches l'un de l'autre et étaient reliés par une seule longue pierre, "noten laze tefa'h velaze tefa'h, vehashe'ar tahor" - on attribue un tefa'h de la pierre à l'un et un tefa'h à l'autre, chacun mesuré depuis le four qui le borde, et la portion médiane restante demeure tahor et ne contracte la toum'a avec aucun des deux.