Keilim, chapitre 20, michna 2. Notre michna poursuit son examen des kelim, en commençant par un autre objet en cuir, et demande pour chacun s'il est soumis à la toum'at midras, cette toum'a qu'un zav ou une nidda transmet à ce qui est destiné à s'asseoir, se coucher ou s'appuyer. Le principe qui gouverne tout le passage est simple : un keli ne reçoit le midras que s'il est destiné à porter le poids d'une personne. Si l'on n'a pas l'habitude de s'y asseoir ou de s'y étendre, le midras ne le concerne pas, même si d'autres formes de toum'a, comme la toum'at met, peuvent encore l'atteindre.
La cornemuse
« 'Hemet 'halilin tehora min hamidras » : une cornemuse, qui est essentiellement une outre de cuir munie de tuyaux, est tehora du midras. Bien qu'elle soit faite de cuir, et que les objets en cuir soient souvent destinés à s'asseoir, ce n'est pas le cas ici. Les gens n'ont pas coutume de s'asseoir ni de s'étendre sur une cornemuse, si bien que la catégorie du midras ne l'atteint tout simplement pas.
Le baquet des bâtisseurs : Beit Chammaï et Beit Hillel
Vient ensuite « areva pissonot », un large baquet dont les ouvriers se servent sur un chantier pour transporter terre et pierres. À propos de ce keli, les écoles sont en désaccord. « Beit Chammaï omrim : midras », l'école de Chammaï tient qu'il est susceptible de midras, alors que « ou-Beit Hillel omrim », l'école de Hillel dit : « tamé met », il ne peut contracter que la toum'a d'un cadavre.
Beit Chammaï estiment qu'un tel baquet peut bel et bien contracter la toum'at midras. Leur raisonnement : les bâtisseurs remplissaient ces baquets de pierres et les chargeaient sur un chariot pour les amener sur le chantier, et pendant le trajet les ouvriers s'installaient dessus. Puisqu'on s'y assied effectivement, le midras s'applique.
Beit Hillel estiment que le baquet ne peut devenir tamé que par la toum'a d'un cadavre, et non par le midras. Il est vrai que les ouvriers du bâtiment s'y assoient, mais le grand public ne le fait pas, et le statut de midras se détermine d'après l'usage de la majorité des gens. Puisque la plupart des gens ne traiteraient jamais un tel baquet comme un siège, il n'entre pas dans la catégorie des objets destinés à s'asseoir.
Le pétrin qui s'est fendu
La michna passe maintenant à un pétrin de bois : « Areva michené log », un baquet d'une contenance allant de deux log « ve'ad tich'a kabin », jusqu'à neuf kav. « Chenisdeka », s'il vient à se fendre, « teme'a midras », il relève désormais de la toum'a de midras. C'est surprenant, puisque personne ne s'étend sur un récipient destiné à la pâte. L'explication est qu'un pétrin fendu ne sert plus à travailler la pâte, et que son propriétaire va désormais le retourner et s'asseoir dessus. Sa fonction a changé, et le midras suit la nouvelle fonction.
« Hini'ha bagechamim venitpe'ha », si le propriétaire a laissé le pétrin fendu dehors durant la saison des pluies, que le bois a bu l'eau, a gonflé, et que la fente s'est refermée d'elle-même, alors « teme'a met » : la toum'a d'un cadavre peut le saisir, mais non le midras. La fente ayant disparu, le pétrin convient de nouveau à la pâte, et on ne l'utilisera pas comme siège ; le midras tombe donc, et seule la toum'at met subsiste.
« Bakadim venisteka, mekabelet midras » : s'il l'a ensuite laissé dehors au vent chaud et sec, que l'humidité s'est évaporée, que le bois s'est retracté et que la fissure s'est rouverte, le baquet redevient sujet au midras. Fendu de nouveau, il ne peut plus servir à pétrir, et il retrouve son emploi de siège.
Quand les restes sont plus stricts que le keli d'origine
La michna formule alors une règle : « Zé 'homer », voici une rigueur qui s'applique « bicharé kelé etz mibite'hilatan », à ce qui reste des kelim de bois par rapport à ces mêmes kelim à l'état neuf. Tant que le pétrin était intact, le midras n'avait sur lui aucune prise. Dès l'instant où il s'est fendu, sa destination s'est transformée, il est devenu un siège, et c'est précisément dans son état endommagé que le midras peut l'atteindre.
« Ve'homer bicharé kelé netzarim mibite'hilatan » : ayant soulevé ce thème des restes plus stricts que le keli d'origine, la michna apporte un second exemple, les kelim d'osier. Les récipients d'osier sont des paniers tressés en roseaux, et là aussi les restes sont plus stricts que le début.
« Chemite'hilatan enam mekablim toum'a », à l'origine, de tels kelim sont insensibles à la toum'a, « ad chéyit'hassemou », jusqu'à ce que le bord supérieur ait été bordé et arrêté, car c'est seulement à ce moment que l'objet s'appelle un keli achevé. « Nit'hassemou », une fois ce bord en place, alors « af al pi », même si, « chenachrou siftotehen », les bords viennent ensuite à tomber, et même si une partie des parois se détache aussi, « kolchéhen teme'in » : tout ce qui subsiste encore des parois laisse le panier ouvert à la toum'a.
La logique est qu'un keli déjà venu à l'existence comme keli complet reste ouvert à la toum'a aussi longtemps qu'il peut encore remplir une fonction. Tant qu'un morceau de paroi tient debout, on peut y mettre quelque chose, et il compte comme récipient. D'où la rigueur : un panier neuf ne contracte aucune toum'a avant d'être achevé et bordé, alors que ce même panier, à l'état abîmé, contracte la toum'a même s'il n'en reste qu'un lambeau de paroi.
Le fil qui traverse toute la michna, c'est que la toum'a suit l'usage. Une cornemuse reste tehora du midras parce que personne ne s'y assied ; le baquet des bâtisseurs fait débat parce que seuls les bâtisseurs s'y assoient ; un pétrin entre et sort du midras au rythme de la pluie et du vent qui referment et rouvrent sa fente ; et un panier d'osier, une fois né comme keli, conserve son statut aussi longtemps qu'il en reste quelque chose d'utile.