Keilim, chapitre 19, Michna 2. Ce chapitre est consacré au lit et aux cordes qui y sont tressées, et à la question de savoir quelles parties comptent comme un seul keli avec le lit au regard des lois de toumah. À cette époque, un lit était construit comme un cadre de bois : deux planches aux extrémités courtes, à la tête et au pied, reliées par deux longues planches sur les côtés, l'ensemble reposant sur quatre pieds. On faisait ensuite passer des cordes d'un bord à l'autre du cadre, dans les deux sens, formant le maillage sur lequel on posait la literie. Une telle corde devient partie du lit dès que trois de ses rangées ont été passées à travers le cadre, et dès lors toute sa longueur est considérée comme appartenant au lit.
Une corde qu'il a fallu rallonger
Le cas qui nous occupe commence après que ces trois rangées ont déjà été tressées, et voici que le tisseur découvre que sa corde va manquer avant que le maillage du lit ne soit achevé. Pour gagner de la longueur, il noue une seconde corde au bout de la première. À cet instant donc, une partie de la corde d'origine est tressée dans le cadre, tandis que le reste de cette corde, ainsi que la totalité de la corde nouvellement attachée, pend encore librement. Or voici que le lit contracte la toumah. Puisque la première corde possède déjà ses trois rangées tressées, toute sa longueur est tamé avec le lit lui-même.
La question est de savoir ce qu'il advient de celui qui touche l'une ou l'autre corde : « Vehanoguéa min hakécher velifnim, tamé. » Celui qui touche depuis le nœud qui relie les deux cordes et vers l'intérieur, c'est-à-dire en n'importe quel point de la première corde, devient tamé, car cette corde est considérée comme faisant partie du lit.
La Michna ajoute ensuite la seconde moitié de la règle : « Min hakécher velahoutz, tahor. » Toucher depuis ce nœud vers l'extérieur, c'est-à-dire toucher la corde ajoutée en n'importe quel point de sa longueur, laisse la personne tahor. La seconde corde est certes attachée à la première, mais elle n'a jamais été tressée dans le lit. Un nœud qui la relie à une corde du lit n'en fait pas pour autant une pièce du keli, et ainsi la toumah du lit ne s'étend pas jusqu'à elle.