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Kelim, chapitre 23, michna 1 : les récipients de cuir rembourrés et leur contenu

Kelim, chapitre 23, michna 1. Cette michna s'intéresse aux récipients de cuir à l'intérieur desquels on a tassé quelque chose, et elle pose une question simple mais tranchante : lorsque le récipient de cuir est tamé, la toumah atteint-elle également la matière qui le remplit ? Toute la réponse tient à un seul détail : la garniture est-elle seulement posée à l'intérieur du récipient, ou bien a-t-elle été cousue avec lui de manière à ne plus former qu'un seul objet ?

La michna commence par énumérer de tels ustensiles : « hakadour veha'imoum ». Le kadour est une balle de cuir remplie de chiffons ou de poils : le cuir constitue l'enveloppe extérieure, et la matière souple placée à l'intérieur lui donne sa forme et son rebond. L'imoum est une forme de cordonnier, un moule de cuir rembourré ayant l'aspect d'un pied. L'artisan montait la chaussure autour de ce moule, afin que le produit fini en prenne la forme. Dans les deux cas, nous avons un contenant de cuir qui renferme des morceaux de tissu ou des poils en guise de remplissage.

La liste se poursuit : « vehakaméa vehatefilin chénikré'ou ». Un kaméa est une amulette, une petite pochette de cuir contenant un écrit auquel on attribuait le pouvoir de guérir une personne ou de lui venir en aide. Ici encore, le cuir sert d'étui à ce qu'on place à l'intérieur. Quant aux tefilin, ce sont évidemment des batim de cuir, des boîtiers, dans lesquels sont insérés des parchemins. À propos de tous ces objets, la michna décrit un cas où le récipient est d'abord devenu tamé, puis s'est déchiré, de sorte que son contenu se trouve maintenant à découvert et exposé au contact.

La déchirure dont il est question est légère. Il ne s'agit pas d'une dégradation qui ruinerait l'objet et le rendrait totalement inutilisable ; si c'était le cas, il perdrait purement et simplement son statut de kli et ne pourrait plus porter de toumah. Puisqu'il n'est que légèrement déchiré, il reste un ustensile et conserve sa toumah.

La règle : « hanoguéa bahen tamé ». Celui qui les touche, c'est-à-dire celui qui touche l'enveloppe de cuir elle-même, devient tamé, car il a touché un récipient de cuir qui est tamé. La michna parle de récipients de cuir ayant contracté la toumah d'un cadavre, ce qui leur confère le statut sévère d'av hatoumah ; dans ce statut, ils sont capables de transmettre la toumah à la personne qui les touche.

« Ouvémah chébétokhan tahor ». Mais celui qui touche ce qui se trouve à l'intérieur reste tahor. Le remplissage, les chiffons, les poils, le parchemin, n'a jamais été rattaché à l'enveloppe extérieure. Il repose simplement dans le récipient, qui le maintient en place, et rien de plus. Comme il s'agit d'un objet distinct et non d'une partie du récipient tamé, le toucher ne transmet aucune toumah.

La clause finale de la michna établit le contraste. Elle passe à un oukaf, une selle de cuir posée sur le dos d'un animal, elle aussi bourrée de rembourrage : « ha'oukaf chénikra », une selle qui s'est ouverte après être déjà devenue tamé, de sorte que sa garniture est à découvert. Ici la règle est « hanoguéa bémah chébétokho tamé » : quiconque manipule le rembourrage intérieur devient tamé. La michna en donne aussitôt la raison, « mipné chéhatéfer méhabro », parce que la couture unit les deux en un seul. Dans une selle, le rembourrage est cousu directement dans le cuir ; nous n'avons donc pas affaire à un réceptacle plus un objet indépendant posé à l'intérieur, mais à un article unique. Devenu partie intégrante du cuir, le rembourrage porte la toumah du cuir, et quiconque entre en contact avec lui est tamé. Naturellement, celui qui touche le cuir de la selle lui-même devient également tamé.

Le principe qui se dégage est limpide. Un contenu simplement déposé à l'intérieur d'un récipient demeure un objet à part entière et reste tahor, même lorsque le récipient qui l'entoure est un av hatoumah. Un contenu cousu dans le récipient n'est plus du tout un contenu : il fait partie du récipient et partage entièrement sa toumah.