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Keilim, chapitre 19, michna 1 : démonter un lit afin de l'immerger

Keilim, chapitre 19, michna 1. La michna aborde ici le lit avec les cordes qui y sont tressées, et demande lesquels de ses éléments sont considérés comme ne formant qu'un seul objet avec lui lorsqu'on applique les lois de la toum'a. Pour bien se représenter la discussion, il faut imaginer la façon dont on construisait les lits à l'époque : quatre pieds soutenaient un cadre rectangulaire, formé de deux planches courtes à la tête et au pied et de deux planches longues sur les côtés, et l'on faisait passer des cordes dans les deux sens, qui se croisaient en un maillage soutenant la literie.

Une seule règle sous-tend tout ce que dit ici la michna. Supposons qu'un lit soit devenu av hatoum'a, puis qu'on l'ait démonté. Ce qui reste n'est plus du tout un objet unique, et un tas de planches et de cordes séparées ne sert à rien comme lit. Ayant perdu sa fonction, il perd aussi sa toum'a. Mais si le démontage a été fait avec l'intention de remonter le lit, la toum'a d'origine revient s'y poser dès que les pièces sont réunies. C'est précisément pour cette raison qu'un propriétaire qui veut que son lit soit pur le démonte et porte chaque élément séparément au mikvé. Quand toutes les pièces ont été immergées, le lit qu'on remonte est tahor, et la toum'a qu'il avait autrefois ne revient pas.

Toucher les pièces tant qu'elles sont séparées

Notre michna s'interroge sur celui qui manipule le lit pendant cette opération : « hamefarek et hamita lehatbila », celui qui démonte un lit afin de l'immerger, puisque le lit dans son ensemble est trop grand pour être introduit tel quel dans un mikvé et doit être séparé en ses pièces ; « vehanoguéa bachavalin », et de même celui qui touche les cordes qui faisaient partie du lit tamé et qui sont maintenant détachées ; « tahor », il demeure pur.

Bien que le lit lui-même ait été tamé, les pièces détachées ne portent aucune toum'a à ce moment-là. Dans leur état actuel, elles ne peuvent pas servir de lit : il n'y a donc rien de tamé dont la personne puisse contracter la toum'a. Il en va de même pour les cordes : une fois le lit démonté, les cordes ne sont plus un élément d'un keli en état de servir, et celui qui les touche reste tahor.

À partir de quand une corde fait-elle partie du lit ?

La michna passe maintenant aux cordes dans la situation inverse : une corde en cours de tressage dans le cadre. Jusqu'où le tissage doit-il avancer pour que la corde soit tenue pour attachée, de sorte que celui qui la touche recevrait la toum'a d'un lit tamé ? La question de la michna est « Hachével mé'émataï 'hibour lamita ? », à partir de quand une corde est-elle jointe au lit, et elle répond « Michéyisrag ba chelocha batim », dès l'instant où trois rangées en ont été tressées.

Dès que la corde a été tressée à ce point, le lien est établi. À partir de là, si le lit devient tamé, ce n'est pas seulement la portion tressée de la corde qui est temé'a, mais toute la longueur de la corde, y compris la partie qui pend encore librement, car cette longueur restante est destinée à être tressée dans le lit et est traitée comme en faisant partie.